Depuis le déclenchement de la crise migratoire de Sebta, il y a environ six semaines, la scène politique espagnole s’est focalisée sur ce sujet, devenu le centre des débats, des manchettes de journaux et un enjeu électoral instrumentalisé par la droite et l’extrême droite afin de faire tomber la coalition conduite par le parti socialiste de Pedro Sánchez. Toutefois, ce qui a pris de court plusieurs observateurs, c’est la tournure qu’ont pris les événements, car l’affaire a été européanisée et la coalition de droite au Parlement européen a saisi cette aubaine pour fragiliser le gouvernement Sánchez et prendre sa revanche sur le Maroc, qui lui a essuyé plusieurs revers, notamment au sujet de l’affaire du Sahara marocain et l’inclusion des produits originaires de ces provinces dans l’accord de libre-échange et l’accord de pêche.

Les relations entre le Maroc et l’Union européenne ont évolué d’un simple accord commercial en 1969 à un partenariat stratégique multidimensionnel ; l’accord d’association de 1996 (en vigueur en 2000) a posé les bases, renforcées par l’intégration du Maroc dans la Politique européenne de voisinage en 2004 et l’obtention du statut avancé en 2008, qui a reconnu le Maroc comme un « partenaire privilégié » visant à favoriser la convergence réglementaire et à renforcer la coopération en matière de sécurité et de migration. Aujourd’hui, l’UE est le premier partenaire économique et investisseur du Maroc, avec une coopération étroite dans le commerce, l’énergie (notamment via le Partenariat vert de 2022), la santé et l’éducation. Toutefois, ce partenariat est marqué par des tensions récurrentes autour de la migration (Ceuta et Melilla), du Sahara et de la conditionnalité des financements.
Depuis l’an 2000, un nouvel acteur est entré en lice dans l’équation Maroc-UE : désormais, le Parlement européen s’invite dans la politique étrangère et de défense de l’Union européenne. Certes, il ne dispose pas de pouvoir décisionnel contraignant, puisque les choix stratégiques relèvent des États membres et du Conseil ; néanmoins, il exerce une influence politique à travers ses résolutions et recommandations non contraignantes.
Bien que dans les textes ce soient les gouvernements et le Conseil qui décident en dernier ressort (compétences régaliennes), le Parlement européen s’est imposé au fil des années comme un acteur inéluctable grâce à l’usage combiné de ses pouvoirs budgétaires, de contrôle et de consultation, mais aussi par des pratiques informelles telles que l’accès privilégié à l’information, la diplomatie parlementaire et la pression politique exercée par ses résolutions. Il n’est plus donc une simple chambre d’enregistrement, mais un acteur stratégique qui exploite les règles institutionnelles et les failles des traités pour obtenir davantage de compétences, en retardant les décisions, en liant les enjeux entre différentes arènes (linkage et marchandages) ou en nouant des alliances avec des États membres et d’autres institutions. À titre d’exemple, dans les accords commerciaux et de coopération internationale, le PE a progressivement imposé son droit de veto, transformant un rôle consultatif en pouvoir réel de codécision de fait (Héritier, Adrienne, Katharina L. Meissner et Catherine Moury, 2021). En effet, avant l’adoption du traité de Lisbonne (2009), le rôle du Parlement européen en politique étrangère était largement consultatif, mais depuis, cette institution a acquis un pouvoir de consentement sur les accords internationaux, devenu avec le temps un pouvoir de codécision de facto avec un impact significatif.
Cet article examine l’impact des changements organisationnels de l’UE, en particulier l’autonomisation du Parlement européen, sur les relations entre le Maroc et l’UE ; pour ce faire, nous allons dans un premier temps scruter ces relations entre 2000 et 2026 afin d’identifier les caractéristiques, la nature des interactions coopératives ou conflictuelles, pour expliquer dans un second temps cette évolution à partir d’hypothèses en partie déduites des théories pertinentes de la sociologie des organisations et de la politique étrangère (le modèle politique et bureaucratique dans la prise de décision) et testées empiriquement dans notre cas de figure.
Comportement du Parlement européen vis-à-vis du Royaume du Maroc
Après une décennie et demie sereine entre 2000 et 2011, où la coopération avait pris le dessus sur le conflit, la relation Maroc-UE s’est détériorée depuis 2016, et ceci a coïncidé avec la parlementarisation de la politique extérieure et de sécurité de l’UE, lorsque le Parlement commençait à jouer le rôle de donneur de leçons aux partenaires de l’Union et de défenseur des normes. Le statut du Sahara marocain restant le principal point de friction, alors que l’UE continue de dépendre du Maroc pour le contrôle de la migration et la sécurité régionale.
Le changement organisationnel de l’UE et l’autonomisation du Parlement européen, qui mute d’un observateur marginal à un protagoniste central, a eu un impact sur les relations UE-Maroc, devenues tumultueuses depuis 2011, lorsqu’il a bloqué les accords bilatéraux sous prétexte de préoccupations relatives aux droits de l’homme. Il fut un temps, pas si lointain, où le Maroc était le bon élève de l’Europe ; en 2008, le Parlement européen (PE) lui déroulait le tapis rouge du « statut avancé » avec un score de coopération flamboyant. Quinze ans plus tard, le climat diplomatique a viré à la tempête : en septembre 2026, face à l’arrivée de 70 000 migrants à Ceuta, l’hémicycle de Strasbourg a pris une résolution qualifiant la situation d’« attaque hybride », exigeant le gel immédiat des fonds européens avec un score Goldstein de -9,8, un abîme abyssal, transformant l’assemblée des députés européens en tribunal implacable inquisitoire qui persiste dans sa conduite alors que les gouvernements nationaux ont tourné la page, comme l’illustre le spectaculaire rapprochement hispano-marocain de 2022, porté par la reconnaissance de l’autonomie du Sahara.
Le veto de 2011 sur l’accord de pêche (-8,0), les condamnations du démantèlement de Gdim Izik en 2010 (-7,5), ou le tollé sur l’affaire « Pegasus », fomentée de toutes pièces en 2021 (-7,0), ont créé un plancher de méfiance structurelle. Chaque nouveau dossier est désormais instruit à la lumière des condamnations précédentes, comme le ferait un juge avec un récalcitrant.
Le moment charnière est bien le 14 décembre 2011, lorsque le Parlement européen a rejeté la prolongation de l’accord UE-Maroc sur la pêche. Ce rejet, motivé par des inquiétudes concernant les bénéfices pour la population des provinces sahariennes et la légalité de la pêche dans les eaux « contestées », a démontré la capacité du Parlement européen à s’opposer à la fois à la Commission et au gouvernement marocain. Cette pression parlementaire a forcé la renégociation de l’accord, conduisant à un nouveau protocole en 2013 qui incluait des déclarations sur les bénéfices pour les populations locales.
Néanmoins, le Parlement européen a fini par approuver l’accord agricole UE-Maroc malgré son inclusion des territoires du Sahara ; il a également approuvé en janvier et juillet 2019 trois accords incluant le Sahara (l’amendement de l’accord d’association, celui de l’accord agricole et l’accord de pêche), mais la Cour de justice de l’UE les a tous trois annulés le 4 octobre 2024, estimant qu’ils avaient été conclus sans le consentement de la population du Sahara : trois votes obtenus de justesse, effacés cinq ans plus tard par la Cour (jeu de rôles ou simple coïncidence).
Ce que montre le graphique, c’est moins une simple dégradation qu’un changement de nature : d’une coopération technocratique relativement stable, la relation évolue vers une interaction politisée, tendue et de plus en plus structurée par des logiques de confrontation.
S’agit-il d’une évolution conjoncturelle liée au changement de coalitions au PE ou bien d’une tendance lourde ?
Pour répondre à cette question, il faudrait comparer le comportement du PE avec celui de la Commission et du Conseil européen, car les déclarations flatteuses et diplomatiques des forums et conférences de presse ne reflètent pas nécessairement le comportement réel et cachent bien des réalités parfois rudes. L’observation des données factuelles laisse apparaître deux phases distinctes : 2000-2011, une période transitoire 2011-2015, mais après 2022, la divergence devient la norme ; on passe donc d’une convergence coopérative à une divergence structurée et persistante, révélant une fragmentation interne de l’UE, le Parlement européen jouant ici un rôle d’amplificateur du durcissement, ce qui traduit une politisation accrue de la relation UE-Maroc, en contraste avec l’approche plus gestionnaire des autres institutions.
L’observation des données suggère également que le durcissement comportemental de l’UE est une tendance lourde ; ce n’est pas un acte isolé du Parlement, à en juger par les interactions de toutes les institutions européennes qui fléchissent d’une manière synchronisée avec une accentuation nette du Parlement européen, qui s’avère le plus virulent et mène le bal autour des questions d’intégrité territoriale du Maroc, de la migration et des droits de l’homme pour faire éthique.
Force est de relever également une polarisation marquée entre sphères de coopération et sphères de conflit. D’un côté, les domaines économiques et institutionnels tirent clairement la relation vers le haut : le commerce (+3,40) apparaît comme le principal moteur coopératif, suivi par la démocratie et les interactions institutionnelles, qui restent solidement ancrées dans la zone positive de coopération fonctionnelle, où les intérêts sont alignés et relativement dépolitisés. À l’inverse, les domaines régaliens et sociopolitiques concentrent les tensions. La migration (-2,86), l’intégrité territoriale (-2,44) et la sécurité (-2,25) affichent les scores les plus négatifs, révélant une conflictualité structurelle. Les droits de l’homme et le judiciaire confirment cette tendance, bien que de manière légèrement moins intense. Autrement dit, plus on se rapproche des enjeux de souveraineté et de normes politiques, plus la relation devient conflictuelle.
Rôle du Parlement européen dans l’amplification des crises migratoires de Sebta 2021 et 2026
La comparaison entre les résolutions du Parlement européen de 2021 et du 17 septembre 2026 met en lumière un durcissement sans précédent de la doctrine de l’Union européenne face aux crises migratoires, marquant le passage d’une gestion humanitaire à une logique de sécurité nationale et de défense territoriale. En 2021, l’institution se concentrait essentiellement sur la protection de l’enfance et dénonçait la violation de la convention des Nations unies ; cinq ans plus tard, le Parlement qualifie explicitement ces événements d’« attaques hybrides » et de « guerre hybride » visant à « déstabiliser l’intégrité territoriale de l’Union » et d’« instrumentalisation de la migration », imposant ainsi un prisme sécuritaire intransigeant. Le Parlement a utilisé une sémantique de coercition en exigeant le gel immédiat des fonds européens destinés au Maroc et en menaçant l’accès du Maroc au marché unique (paragraphes 21 à 23 de la résolution 2870/2026 RSP). Le texte n’a pas épargné non plus le gouvernement Sánchez, désormais dans le collimateur de la droite européenne, dont la politique de régularisation massive a été pointée du doigt.
Ce basculement doctrinal est rendu possible par une refonte complète de l’architecture juridique européenne survenue au cours de l’année 2026 ; le Parlement européen s’appuie désormais sur le Pacte sur la migration et l’asile, entré en vigueur le 12 juin 2026, pour contraindre l’Espagne à déployer des procédures strictes de filtrage et d’asile directement à la frontière. Le renvoi des migrants irréguliers vers le Maroc se trouve considérablement facilité par le règlement du 24 février 2026, qui a inscrit ce pays sur la liste officielle des pays d’origine sûrs au niveau de l’Union. Cette séquence nous rappelle une vérité fondamentale de l’Union européenne : sa diplomatie est devenue multicéphale et vire à la coercition de l’interdépendance, et à l’avenir, les partenaires de l’Union doivent adapter leurs stratégies vis-à-vis de l’UE, devenue de plus en plus imprévisible, comme l’attestent les changements successifs de la réglementation et l’usage de « l’effet de Bruxelles » dans la compétition.
Rappelons au passage que la pression réglementaire de l’Union européenne sur le Maroc est allée crescendo depuis 2000, comme l’atteste la progression constante et ininterrompue de l’indice de pression (calculé par nos soins) sur un quart de siècle. L’indice passe ainsi de 32,4 en l’an 2000 à 55,4 en 2025, marquant une hausse globale de plus de 70 %. Cette tendance haussière apparaît particulièrement soutenue sur la période récente (notamment entre 2020 et 2025), témoignant d’un durcissement graduel, voire accéléré, des exigences normatives européennes à l’égard du Royaume, touchant plusieurs secteurs stratégiques dont le secteur financier (la directive CRD VI sur les transferts des MRE), l’industrie automobile et d’autres avec la certification carbone CBAM, et le secteur des engrais phosphatés visés par les seuils autorisés de cadmium.
Le changement idéologique de l’hémicycle et revirement du comportement du PE
Pour comprendre la virulence des résolutions du Parlement relatives au Maroc, il faut scruter la composition de l’hémicycle ; l’analyse des votes révèle un phénomène politique inédit : la formation de ce que les politologues appellent une « coalition en fer à cheval » (union contre nature entre extrême gauche et extrême droite) sur les dossiers marocains. L’extrême gauche (Verts, GUE/NGL) et la droite souverainiste (CRE, Identité et Démocratie) trouvent un terrain d’entente paradoxal. Les premiers brandissent le drapeau des droits humains, du Sahara et des journalistes emprisonnés, tandis que les seconds crient à la « invasion migratoire » et à l’intégrité territoriale. Le résultat n’est qu’une majorité de circonstance qui isole le centre pragmatique (Renew, S&D modérés). Cette alliance de circonstance pousse le centre pragmatique à durcir ses propres positions pour éviter d’être accusé de naïveté ou de laxisme.
En effet, longtemps structuré par la stabilité de la « grande coalition » entre le centre-droit (PPE) et le centre-gauche (S&D), le Parlement européen a connu une recomposition politique profonde qui a radicalement altéré son équilibre des forces et, par ricochet, sa diplomatie. Au tournant des années 2000, cette majorité absolue favorisait une politique étrangère pragmatique, consensuelle et favorable à l’intégration, comme en témoigne le soutien massif de l’hémicycle au « statut avancé » du Maroc en 2008 (score Goldstein de +6,5). Cependant, l’érosion continue de ce bloc central modéré depuis 2014 a fragmenté l’assemblée, transformant l’hémicycle en tribunal d’inquisition par procuration, car ce sont les États membres in fine qui peuvent tempérer l’ardeur des députés en leur envoyant un signal fort et audible.
Le rôle stratégique des États membres dans la pérennité de la coopération
L’analyse du cheminement causal des facteurs qui conditionnent les variations de la diplomatie européenne révèle que le meilleur prédicteur des relations UE-Maroc est la coloration idéologique de l’hémicycle à Strasbourg : quand le PE est composé d’une coalition majoritaire modérée, la coopération prospère ; quand les coalitions se fracturent et que la coalition est trop fragmentée entre les extrêmes (droite et gauche), les crises se multiplient. L’analyse suggère une propension plus marquée des coalitions de gauche à privilégier la coopération, tandis que certaines coalitions de droite se situent davantage du côté conflictuel. Cette relation demeure toutefois nuancée : l’appartenance à la droite ne conduit pas mécaniquement à une position conflictuelle, certaines coalitions conservant une orientation coopérative (figure ci-dessous).
Toutefois, l’interprétation fine de l’analyse révèle que la position européenne ne résulte pas d’un facteur unique, mais de l’articulation de plusieurs niveaux de décision : l’orientation politique, le comportement des coalitions, la configuration des gouvernements nationaux et l’état des relations bilatérales entre le Maroc et les pays membres les plus influents, notamment le trio France-Allemagne-Espagne. L’analyse met surtout en évidence le poids du binôme franco-allemand qui confirme sa présence d’une manière très claire dans le façonnement de la politique marocaine de l’Europe, dont l’influence sur la position de l’UE est positive et statistiquement significative (β = 0,33 ; 0,29). Mais c’est la configuration de la coalition parlementaire qui présente le lien statistique négatif le plus marqué (β = –0,45 ; p < 0,001).
Ces résultats font apparaître un mécanisme politique multi-niveaux : les rapports de force nationaux contribuent à façonner la composition des gouvernements ; ceux-ci projettent ensuite leurs préférences dans l’arène européenne ; enfin, la structure des coalitions peut amplifier ou contenir cette influence. Avec un R² de 0,62, le modèle explique une part substantielle des variations observées dans la position de l’UE ; la coalition dominante à l’hémicycle apparaît comme une courroie de transmission entre politique intérieure et politique européenne. Mais l’image reflétée au PE n’est pas tout à fait fidèle, car le Parlement européen devient de plus en plus autonome et échappe parfois à la mainmise des États membres et devient incontrôlable.
Quels enseignements tirer ?
L’interdépendance devrait être équilibrée et non coercitive. Les pays tiers du voisinage européen comme le Maroc et la Türkiye supportent un lourd fardeau de contrôle des frontières européennes et méritent un meilleur traitement et un statut encore plus préférentiel, car ces pays doivent seuls gérer les retours de migrants, surveiller les départs, accueillir des camps parfois saturés et absorber les tensions sociales et économiques, tout cela avec des moyens limités et sans réel pouvoir de décision, ce qui transforme le discours de partenariat en une charge disproportionnée pour eux. La situation est intenable à moyen et long terme et on assistera à une amplification des crises si l’Espagne et surtout le binôme franco-allemand ne tire pas les leçons qui s’imposent.
Cet essai a pour simple objectif d’apporter, autant que faire se peut, un éclairage sur une période et un volet de la diplomatie marocaine pour tirer les leçons qui s’imposent. Depuis 2000, les prouesses de la diplomatie marocaine ne sont plus à démontrer ; la diplomatie de « smart power » a permis bien des réalisations combien salutaires, car le Maroc est sorti d’une ère de réactivité à une ère de proactivité, d’une ère de gestion à une ère de solution et d’influence tous azimuts, qui a permis le retour du Royaume à l’UA et surtout la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la communauté internationale.
La diplomatie exclusivement intergouvernementale est nécessaire mais pas suffisante ; l’heure est de mettre davantage l’accent, d’une part, sur le mini-latéralisme et le régionalisme (notamment avec le CCG, les BRICS voire l’Organisation de Shanghai) (ex. : mobilisation d’une coalition des partenaires insatisfaits des politiques de l’UE) et, d’autre part, sur la diplomatie informelle, sur les réseaux et l’influence multiforme qui s’adapte aux changements rapides et permet de réagir aux « troubles de comportement » de certains acteurs internationaux.
L’autre atout majeur, qui a toujours fait la force du Royaume du Maroc lors des épreuves difficiles, c’est le renforcement du front intérieur et la mobilisation autour du Trône, comme en 1954 et en 1975 lors de l’organisation de la Marche verte, en envoyant un signal fort à la communauté internationale après les élections législatives du 23 septembre 2026.


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