- Qatar National Bank (QNB) est devenue depuis le lundi le 15 septembre 2014, le premier actionnaire de la grande banque panafricaine Ecobank à la faveur de deux prises de participation réalisées les 4 et 15 septembre, ce qui lui donne 23,5 % des parts
- Le groupe qatari a notamment racheté les actions d’Amcom, une structure de défaisance créée pour liquider les actifs toxiques du secteur bancaire nigérian
L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les milieux bancaires africains. En dix jours, Qatar National Bank, un des bras financiers de l’Emirat, a acquis 23,5 % d’Ecobank, présente dans 36 pays africains.
Une belle opération pour les Qataris, qui ont déboursé 500 millions de dollars US. « Nous étions une cible privilégiée car le cours de notre action est sous-valorisée en raison de la crise de leadership des derniers mois à la tête de la banque et le faible versement de dividendes », indique un cadre d’Ecobank. Depuis l’entrée de QNB au capital, le titre d’Ecobank a déjà progressé sur les trois bourses de cotation (Abidjan, Lagos et Accra). Outre les retombées financières, QNB affiche ses ambitions : devenir la première banque africaine en 2017. Ces derniers mois, elle était en discussion avec le premier groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank qu’elle proposait de racheter tout en laissant la gestion à ses cadres. A Rabat, l’épouvantail qatari fait peur et l’opération ne devrait pas aboutir. Pas de quoi enrayer l’offensive de QNB qui devrait procéder prochainement à d’autres acquisitions en Afrique et monter encore en puissance dans le capital d’Ecobank. « L’objectif est le contrôle final de la banque, indique un analyste financier.
Pour y parvenir, QNB pourrait être tentée de s’allier avec le fonds Atlas Mara (Ndlr : fondée fin 2013 par Bob Diamond, l’expatron de Barclays, Arnold Ekpe, ex-CEO du groupe Ecobank, et le milliardaire d’origine ougandaise Ashish Thakkar) ». Cela ne sera toutefois pas facile car les Sud-africains ont la même ambition.
Nedbank, troisième banque d’Afrique du Sud, a annoncé vouloir poursuivre son partenariat avec Ecobank. Elle a jusqu’au 25 novembre pour convertir un prêt accordé à la banque en actions, ce qui porterait son capital à 20 %. Le fonds de pension sud-africain Public Investment Corporation la talonnerait avec 19 % des parts. Les actionnaires nigérians pourraient aussi avoir leur mot à dire. Par le passé, ils avaient contraint Renaissance Capital, un fonds d’investissement russe, à abandonner son projet d’OPA sur Ecobank.
Pour QNB, la croissance passe dorénavant par des investissements sur les marchés émergents. Sur son marché domestique de 2 millions d’habitants, elle doit faire face à 18 concurrents. L’enjeu est d’investir dans des pays qui ont des échanges commerciaux avec les pays du Golfe, particulièrement l’Afrique de l’est, et de prendre pied chez les deux premières économies africaines, le Nigeria et l’Afrique du Sud. « Cet investissement va leur servir de rampe de lancement pour leurs activités en Afrique. Le Qatar s’intéresse de très près aux pays à fortes ressources pétrolières et gazières comme le Mozambique, le Nigeria et l’Angola », ajoute l’analyste.
Après le Moyen-Orient, QNB a pris pied au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Mauritanie, au Soudan du Sud et depuis fin 2012 en Égypte où le groupe a acquis pour 2 milliards de dollars plus de 77 % de la filiale locale de la Société Générale.
Les dirigeants qataris sont de redoutables hommes d’affaires formés dans les meilleures écoles américaines. Après la crise financière qui a rendu moins attractifs leurs investissements en Europe, ils ont diversifié leur portefeuille. QNB, filiale de Qatar Investment Authority (170 milliards de dollars d’actifs), elle-même constamment alimentée par les revenus du gaz, dispose de toutes les armes de son expansion en Afrique. Celle-ci est aussi facilitée par l’ouverture par Qatar Airways d’une vingtaine de destinations africaines. Outre les banques, le Qatar a investi dans les télécommunications, l’hôtellerie et l’immobilier en Afrique du nord et dans l’Océan indien. L’émirat a également acheté des fermes agricoles et des abattoirs au Soudan afin d’assurer sa sécurité alimentaire. Les échanges commerciaux avec l’Afrique, encore modestes à 1 milliard de dollars US, sont en constante progression.







![Éclairage | Les dirigeants sociaux de la société anonyme et la méconnaissance de l’image fidèle : un risque qui pourrait coûter 1 million de dirhams et 6 mois d’emprisonnement [Par Hassan Ouatik, expert-comptable, OEC Paris] Le Code général de normalisation comptable (CGNC) précise que « l'originalité du concept d'image fidèle tient à la fois à son absence de définition et au fait qu'il convient, dans des cas exceptionnels, de déroger aux dispositions de la Norme, pour tenter d'atteindre cette fidélité ». « La Norme est en effet conçue de telle sorte que l'application de ses règles conduise, et suffise a priori, à l'obtention d'une image fidèle. »](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Justice--450x245.webp)
![Édito | Aviation civile : Les pépites du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Cette compagnie vietnamienne, à ne pas confondre avec Vietnam Airlines, a fait son premier vol en décembre 2011 au départ d'un pays que l'on croyait voué au monopole de son transporteur national. En une quinzaine d'années, elle est arrivée à exploiter 106 appareils et surtout, preuve de sa confiance dans son avenir, elle a passé des commandes à hauteur de 391 avions, dont 40 A330neo et 20 A321XLR, ce qui est le signe d'une stratégie de développement long-courrier.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Aeroport--450x189.jpg)


