Je note une grande constance dans la communication des compagnies aériennes. En général, elles se plaignent toutes du renchérissement de leurs coûts, des taxes qui leur pleuvent dessus, des misères que leur font les écologistes, ce qui ne les empêche pas de faire de la publicité pour des tarifs qui ne couvrent manifestement pas les coûts. Je remarque cependant une certaine tendance à mettre en avant les améliorations de leur produit plutôt que les derniers tarifs promotionnels, ce qui est une excellente chose. Et puis il y a, de par le monde, quelques transporteurs, plutôt discrets, mais qui, sans le crier sur les toits, poursuivent leur développement.

En voilà quelques-uns
VietJet Air, la discrète qui monte
Cette compagnie vietnamienne, à ne pas confondre avec Vietnam Airlines, a fait son premier vol en décembre 2011 au départ d’un pays que l’on croyait voué au monopole de son transporteur national. En une quinzaine d’années, elle est arrivée à exploiter 106 appareils et surtout, preuve de sa confiance dans son avenir, elle a passé des commandes à hauteur de 391 avions, dont 40 A330neo et 20 A321XLR, ce qui est le signe d’une stratégie de développement long-courrier. Elle a transporté en 2025 plus de 28 millions de passagers et réalisé un profit net de 83 millions de dollars. Je note d’ailleurs qu’au cours des dix derniers exercices, elle n’a perdu de l’argent qu’une seule année, et encore, c’était en 2022, et tout le monde se rappelle les ravages du Covid. Dernière remarque qui n’est pas anodine : la compagnie a été fondée par une femme, Mme Nguyen Thi Phuong Thao, et elle continue à la diriger.
Air Serbia, le renouveau contre toute attente
Il n’y aurait pas de raison de classer le transporteur serbe dans les pépites, mais à bien regarder son parcours, ce n’est pas démérité. A priori, Air Serbia, créée en octobre 2013, avait toutes les raisons de ne pas survivre longtemps. Certes, le passé aéronautique de la Serbie, porté par la JAT, était remarquable. Rappelons que cette dernière avait réussi à tisser un réseau long-courrier tout à fait remarquable, allant jusqu’à desservir l’Australie. Mais l’effondrement du communisme et les conflits à l’intérieur de l’ex-Yougoslavie ne plaidaient pas pour un renouveau d’un transporteur national. C’est pourtant ce qui a été fait, et petit à petit, celui-ci a non seulement survécu, mais a réussi à tisser un intéressant réseau international en allant dans 108 destinations avec seulement 33 appareils. Cette dispersion n’a, semble-t-il, pas nui à sa rentabilité, puisqu’avec un chiffre d’affaires de 720 millions d’euros, il a dégagé en 2025 un profit de 45 millions d’euros. Seules les années 2020 et 2021 ont été en perte. Pas si mal.
IndiGo, l’ambition à ciel ouvert
Il est clair que l’Inde a un fort besoin du transport aérien et que celui-ci est porté par un exceptionnel développement économique. Il n’en demeure pas moins que le développement de cette compagnie, depuis sa création en 2005, est proprement fulgurant. Les chiffres sont impressionnants : 428 appareils en exploitation sur un réseau de 128 destinations, le tout pour transporter 118 millions de passagers. Mais surtout, ce qui frappe, si l’on en croit les commandes d’avions, c’est son ambition. À ce jour, IndiGo a 981 appareils en commande, dont 60 A350 et 851 A320 et A321neo, auxquels il faut rajouter 60 A321XLR destinés au long-courrier. Son dernier CEO, Pieter Elbers, qui a porté son développement international, a dû quitter ses fonctions à la suite de gros problèmes de planification, mais il a été remplacé par le dernier directeur général de l’IATA, Willie Walsh. C’est assez dire le prestige de cette compagnie.
Turkish Airlines, le turbo d’Istanbul
Je ne peux pas terminer cette sommaire énumération sans parler de Turkish Airlines. Certes, cette compagnie n’est pas récente, c’est même l’une des plus anciennes du monde, puisqu’elle a été créée en 1931. Eh bien, elle porte fièrement ses 95 ans. Son développement et ses ambitions sont tout de même assez récents, ils datent du début des années 2000, mais depuis lors, elle a mis le turbo, si l’on peut dire. Appuyée sur le dernier et puissant hub européen, à Istanbul, soutenue par un gouvernement à poigne, elle s’est imposée comme un transporteur mondial majeur dont les objectifs ne s’arrêtent pas à garder sa place : 85 millions de passagers, 24 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un profit de 2,2 milliards de dollars, voilà pour les chiffres de 2025. Mais il y a surtout une commande de 476 nouveaux appareils destinée à porter la flotte de la compagnie à 800 avions pour son centenaire, en 2031.
Finalement, le transport aérien n’est pas si à plaindre qu’il voudrait le faire croire.

![Édito | Aviation civile : Les pépites du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Cette compagnie vietnamienne, à ne pas confondre avec Vietnam Airlines, a fait son premier vol en décembre 2011 au départ d'un pays que l'on croyait voué au monopole de son transporteur national. En une quinzaine d'années, elle est arrivée à exploiter 106 appareils et surtout, preuve de sa confiance dans son avenir, elle a passé des commandes à hauteur de 391 avions, dont 40 A330neo et 20 A321XLR, ce qui est le signe d'une stratégie de développement long-courrier.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Aeroport--320x134.jpg)


![Édito | Aviation civile : Les pépites du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Cette compagnie vietnamienne, à ne pas confondre avec Vietnam Airlines, a fait son premier vol en décembre 2011 au départ d'un pays que l'on croyait voué au monopole de son transporteur national. En une quinzaine d'années, elle est arrivée à exploiter 106 appareils et surtout, preuve de sa confiance dans son avenir, elle a passé des commandes à hauteur de 391 avions, dont 40 A330neo et 20 A321XLR, ce qui est le signe d'une stratégie de développement long-courrier.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Aeroport--scaled.jpg)
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