En marge de la première visite officielle en France du président béninois Romuald Wadagni, Cotonou a sécurisé près de 100 millions d’euros de financements. Électricité, agriculture et expertise médico-légale concentrent les nouveaux engagements, avec en ligne de mire le renforcement des infrastructures et des capacités nationales.
Le plus gros morceau revient à l’électricité. Pas moins de 79,4 millions d’euros ont été mobilisés pour le projet PEDER+, destiné à accélérer l’électrification dans le Mono, le Couffo et le Borgou. À la clé : plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités, réparties entre 15 communes, mais aussi une amélioration de la qualité du service et une réduction des pertes du réseau de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE).
Présenté en mai 2026 lors du sommet Africa Forward, PEDER+ représente au total 173 millions d’euros. Le projet doit permettre à quelque 600 000 personnes d’accéder à l’électricité et prévoit la construction ou la réhabilitation de près de 4 500 km de lignes.
Le montage financier réunit l’AFD, l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette dernière signe d’ailleurs sa première intervention en Afrique subsaharienne.
Cap sur les filières agricoles
Autre priorité : les activités productives. Plus de 10 millions d’euros seront consacrés au développement de la pisciculture dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. L’ambition est de structurer l’ensemble de la chaîne, de la production d’alevins à la commercialisation, afin d’accroître l’offre nationale et d’en améliorer la qualité.
Un financement additionnel de 5 millions d’euros ciblera les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse dans 16 communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou.
Le pari du médico-légal
Le troisième volet est plus discret, mais potentiellement stratégique. Une lettre de mandat de 5,39 millions d’euros a été signée avec Bpifrance pour engager les négociations autour du financement de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM).
Mené avec le Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux, le projet prévoit la création d’un laboratoire national d’expertise ADN, capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an. Plus de 500 professionnels doivent également être formés, tandis qu’une filière universitaire dédiée est envisagée.
L’objectif est de permettre au Bénin de réaliser sur son territoire des analyses génétiques aujourd’hui susceptibles d’être effectuées à l’étranger, notamment pour l’identification de victimes, les recherches de filiation et les procédures judiciaires.
Paris veut consolider son ancrage
Au total, les engagements signés le 5 octobre avec l’AFD représentent 94,4 millions d’euros, auxquels s’ajoute la lettre de mandat conclue avec Bpifrance. Une séquence financière qui intervient alors que Paris et Cotonou cherchent à donner davantage de contenu économique à leur relation.
Emmanuel Macron a résumé cette ambition en évoquant une relation fondée sur « l’amitié, la confiance et l’ambition », tout en plaidant pour un renforcement des partenariats entre les entreprises des deux pays. Derrière les annonces de Paris, le message est clair : l’électricité, les filières productives et les infrastructures de souveraineté deviennent les nouveaux terrains de coopération franco-béninoise.





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