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Brexit : L’UE et le Royaume-Uni entrent dans le tunnel des négociations

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Le Royaume-Uni est définitivement hors Union européenne. C’était la volonté du Royaume qui s’est engagé dans ce long processus de Brexit, dont la sortie, à partir du 31 janvier 2020, est pourtant loin d’être un aboutissement. Certes, le Royaume-Uni n’est plus membre de l’UE mais il doit maintenant, sur 12 mois, négocier les conditions d’un «voisinage» pas si simple comme peuvent l’imaginer certains.

En actant sa sortie de l’UE, Londres emporte 12% de la population et 16% du PIB. C’est incontestablement un coup dur pour l’Union européenne dont la population, au 1er janvier 2017, estimée à 511,8 millions d’habitants par Eurostat, se classe derrière la Chine (1 384 millions) et l’Inde (1 318 millions) mais devant les États-Unis (325 millions).

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Le Royaume – Uni exporte, pour 50%, vers l’UE. Pour la France, ce sera 20% de manque à gagner. Depuis 2016, le Brexit aura coûté 200 milliards de livres (238 milliards d’euros) au Royaume-Uni, selon une étude de Bloomberg. Presque autant que 47 ans de participation au budget de l’UE !

Au vu de ces chiffres, on mesure l’ampleur des pertes pour les uns et pour les autres. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne de 2014 à 2019, appelle cependant à ne pas céder au désespoir. Il faut seulement penser, maintenant, à atténuer les effets de ce qui est bien une crise à l’échelle européenne.

Les slogans de campagne doivent céder la place, sur toute l’année 2020, aux arguments pour établir un nouveau partenariat. Un retour aux lieux communs des échanges commerciaux, selon les lois de l’OMC. Un bilatéralisme que Londres doit renégocier, pays par pays, pour retrouver sa situation de 1973, quand le Royaume-Uni faisait son entrée dans ce qui était alors la Communauté économique européenne (CEE). Ce ne sera pas facile parce que le Royaume – Uni n’aura pas en face de lui que la France ou l’Allemagne, mais un groupement économique qui aura à cœur de préserver son unité pour que le Brexit n’ouvre pas la voie à la «tentation» pour d’autres pays qui ont toujours souffert d’une «hiérarchisation» interne, au sein de l’UE, en fonction du poids économique et du poids démographique.

Les négociations post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE ne commenceront qu’en mars prochain mais les positions affichées par chaque partie ne poussent pas à l’optimisme. Des positions quasi inconciliables sur la nature des liens que Londres veut de «privilèges». Ce que Bruxelles refuse parce que cela donnerait l’impression que l’ancien membre de l’UE est parti…sans être parti ! Un «Brino» («Brexit in Name Only» – «Brexit qui n’en a que le nom»). Avec les avantages de la «liberté» retrouvée et ceux de l’amitié conservée !

En fait, ce que l’UE n’accepte pas c’est de permettre à Boris Johnson, devenu l’artisan de la «sortie», de tirer un profit politique du Brexit sans préjudices économiques notoires. Des motivations d’ordre quasi existentiel dont le risque majeur est de voir, au bout du parcours, un no deal qui ferait du Brexit un fiasco aux conséquences économiques incalculables.

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