L’ancien Premier ministre espagnol de droite Mariano Rajoy a créé la polémique ce dimanche 12 juillet en écrivant, avant le match France-Espagne de mardi prochain, que l’équipe de France joue « sans Français ». Cette provocation fait bondir des personnalités politiques en France.
Une fois de plus, l’équipe de France de football se retrouve sous le feu des remarques racistes provenant du camp de ses adversaires. Après la sénatrice paraguayenne qui a comparé Kylian Mbappé à un singe, c’est au tour de l’ancien Premier ministre de l’Espagne de décembre 2011 à mai 2018, le conservateur Mariano Rajoy : il a affirmé que les Bleus jouent « sans Français ».
C’est dans une tribune publiée dans le média El Debate, dans laquelle l’ancien chef du gouvernement espagnol analyse l’équipe de France, que la remarque raciste a été diffusée. Et ce, à trois jours de la demi-finale de la Coupe du monde 2026 opposant la France à l’Espagne. Il y estime que la France « dispose, en outre, d’un effectif de très haut niveau » toutefois « sans Français ».
« N’en déplaise à la droite raciste »
Plusieurs ministres et des chefs de différents partis français ont fustigé ces propos. « L’équipe de France ne comprend que des Français. La France n’est pas une nation ethnique, elle n’a pas de couleur de peau ou de religion. C’est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N’en déplaise à la droite raciste », a vertement répliqué le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, sur son compte X.
« Hier une sénatrice du Paraguay, maintenant l’ancien Premier ministre d’Espagne : ils ne peuvent pas s’empêcher d’exprimer un racisme crasseux pour tenter d’énerver notre belle équipe de France », a abondé son homologue du Parti communiste français, Fabien Roussel. Des membres du gouvernement français, proche du président Emmanuel Macron, ont aussi réagi.
« À chaque victoire des Bleus, les mêmes obsessions et insultes racistes ressurgissent. Ce ne sont pas des ‘dérapages’. C’est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu’elle est », a tancé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, invitant la Fédération française de football à engager des « poursuites ».
Sa collègue Aurore Bergé, membre du parti du président Renaissance, a, pourtant, utilisé les termes de « dérapages racistes répétés ». Avant d’appeler à ce que « le sport redevienne du sport: un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère ». Sur la chaîne privée BFMTV, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que si cette déclaration « est exacte », elle « est absolument inacceptable ».
La sortie de l’ancien dirigeant espagnol, dont le gouvernement avait chuté en 2018 sur fond de poursuites pour financement illégal de son parti, a aussi fait réagir en Espagne. Le ministre des Transports du gouvernement socialiste espagnol, Oscar Puente, l’a qualifié d' »idiot post-franquiste », n’ayant, selon lui, jamais été « modéré ».
L’ambassade de France à Madrid a aussi réagi sur les réseaux sociaux: « Sans vouloir entrer dans une polémique, il convient de rappeler les faits : tous les joueurs de l’équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l’étranger sont également français ».
Avec AFP





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