Face à la saturation de ses marchés traditionnels, le Ghana diversifie ses exportations de cacao semi-transformé en signant des accords stratégiques avec les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Une percée commerciale qui propulse l’ambition d’Accra pour non seulement transformer localement la moitié de sa production d’ici la campagne 2026/2027 mais aussi trouver une alternative stratégique aux marchés européens.
La Cocoa Marketing Company (CMC) Ghana Limited, bras commercial du régulateur national de la filière (Cocobod), vient de sceller des contrats de vente majeurs au Moyen-Orient. Ce partenariat porte sur la livraison de produits dérivés tels que le beurre, la liqueur, la poudre et le tourteau de cacao.
Pour le deuxième producteur mondial de fèves, l’enjeu est double : s’émanciper de la dépendance historique vis-à-vis des acheteurs européens et rentabiliser ses usines locales en leur garantissant des débouchés stables à long terme.
Dubaï et Riyad, nouveaux hubs du chocolat ghanéen
Cette expansion commerciale fait suite à une offensive diplomatique et économique menée par le directeur général de la CMC, le Dr. Wisdom Kofi Dogbey.
– Aux Émirats arabes unis : Les discussions avec le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC) ouvrent la voie à une intégration des produits ghanéens dans les réseaux de distribution s’étendant du Moyen-Orient jusqu’à l’Asie.
– En Arabie saoudite : Les accords s’alignent sur le mégaprojet national «Vision 2030.» Riyad, en pleine structuration de son industrie agroalimentaire, affiche une demande croissante pour la confiserie, offrant un débouché durable pour l’or brun ghanéen.
Optimiser un outil industriel sous-exploité
Jusqu’ici, l’industrie de transformation ghanéenne tournait au ralenti. Selon les données du Département américain de l’Agriculture (USDA), le pays n’a broyé qu’une moyenne de 220 000 tonnes de fèves par an entre 2023 et 2025, alors que ses infrastructures peuvent en absorber 505 000 tonnes. Plutôt que d’investir dans de nouvelles usines, la stratégie de la CMC consiste à sécuriser ces nouveaux marchés pour saturer et rentabiliser les capacités industrielles déjà existantes.
Un boom des recettes et un levier macroéconomique
L’impact de ce virage industriel est déjà quantifiable. D’après la Ghana Export Promotion Authority (GEPA), les ventes à l’étranger de cacao transformé ont bondi de 90 % en 2025, générant 1,8 milliard de dollars (environ 1 002 milliards de FCFA).
Si le Ghana exporte encore 60 % de sa récolte sous forme brute, ces nouveaux contrats dans le Golfe vont accélérer la captation de valeur ajoutée. Au-delà des bénéfices agricoles, cette dynamique promet de stimuler l’emploi local, de renflouer les réserves de devises et de stabiliser la monnaie nationale, le cedi, offrant ainsi une feuille de route inspirante pour l’ensemble du secteur agricole ghanéen.





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