Sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, la filière cacaoyère ivoirienne poursuit sa transformation en misant sur la traçabilité, la formation de la jeunesse et la coopération régionale.
Alors que le Conseil du Café-Cacao confirmait le 1er septembre la fixation du prix bord champ à 1 200 FCFA/kg pour la saison principale, cette rentrée a aussi été l’occasion de déployer plusieurs réformes profondes de la filière. Entre le lancement de la carte producteur, clé de voûte de la traçabilité exigée par les marchés européens, l’organisation des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat et l’élargissement de la coopération régionale, le gouvernement met en place des réformes pour garantir la prospérité de la filière sur le long-terme.
Abidjan mise sur la transparence et la modernisation
Ce 1er septembre, la Côte d’Ivoire a franchi une étape décisive dans la réorganisation de la filière. Le Conseil Café-Cacao rend désormais obligatoire la carte producteur, dernière pierre angulaire du Système National de Transparence (SNT), qui était facultative jusqu’ici. Il s’agit d’une carte d’identité professionnelle, équipée d’une puce bancaire, qui permettra aux planteurs d’être identifiés, de recevoir leurs paiements et de les sécuriser en évitant les transactions liquides.
Elle vient compléter deux autres volets clés du SNT déjà en place : des terminaux de paiement dédiés et des scellés sécurisés sur chaque sac de fèves. Les autorités entendent ainsi garantir la traçabilité complète du cacao et s’aligner sur les nouveaux standards du prochain règlement européen contre la déforestation (RDUE). L’enjeu est capital pour le pays puisque l’Union européenne absorbe à elle seule 66,2 % des exportations ivoiriennes.
De même, le gouvernement prépare l’avenir en travaillant l’attractivité de la filière auprès de sa jeunesse. “Place aux jeunes !” était le mot d’ordre de la 10ᵉ édition des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat, qui se sont tenues du 1er au 3 septembre 2026. Le renouvellement générationnel fait partie des priorités de l’Exécutif, comme en témoigne l’ouverture l’an passé d’un centre de formation aux métiers de la filière.
Approfondir l’axe Accra-Abidjan
Sur le plan régional, le Président Alassane Ouattara entend continuer de développer la coopération avec le pays voisin, le Ghana. Les deux pays ont harmonisé leur calendrier agricole et ont développé ensemble l’ARS 100 pour le cacao durable, la première norme de qualité 100 % africaine. Ils cherchent également à stabiliser la filière par le relancement de “l’OPEP du cacao” depuis juillet et son extension au Cameroun et au Nigeria, en réponse aux baisses des cours mondiaux.
La lutte contre le trafic de fèves est aussi l’un des enjeux clés de cette coopération. Entre octobre et février 2024, 100 000 à 200 000 cabosses seraient sorties illégalement du territoire ivoirien, une perte majeure pour les finances publiques. La mise en place du SNT permettra cependant d’en limiter l’ampleur, en retraçant en temps réel le parcours de chaque sac de fèves sur une plateforme numérique.
Cette dynamique de modernisation et de sécurisation de la filière rassure les bailleurs : le 3 septembre, la Banque hollandaise de développement (FMO) a ainsi accordé 20 millions d’euros de financement au transformateur local Ivory Cocoa Products (ICP). Ces financements étrangers réguliers doivent permettre d’atteindre l’objectif présidentiel des 100 % de transformation locale en 2030.

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