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Les initiatives du premier producteur mondial de cacao témoignent de la vigueur retrouvée de la demande et d'un marché qui devrait se resserrer lorsque la nouvelle saison débutera le 1er septembre. « Nous avons déjà vendu entre 950.000 et 1 million de tonnes pour la prochaine campagne, mais nous avons préféré ralentir le rythme et faire preuve de prudence », révèle une source auprès du Conseil du Café et du Cacao.

L’élan de l’excellent début de campagne cacao à l’export, 1 million de tonnes déjà écoulées dans le cadre de contrats pour la récolte 2026-27, pourrait être contrarié par le phénomène climatique El Niño attendu en juillet, s’inquiètent les professionnels de la filière et les négociants sur le marché des commodities agricoles. En effet, afin de réguler les stocks, le Conseil du Café et du Cacao (CCC), basé à Abidjan, a également relevé sa prime sur les ventes supplémentaires de zéro à 135 dollars par tonne au-dessus du prix à terme, selon des sources sectorielles citées par Reuters.

Cette entité publique qui assure le rôle de régulateur du marché, est tenue, de par la loi, d'acheter le cacao de tout producteur en tant qu'acheteur de dernier recours. Le gouvernement s'est engagé en février dernier à renflouer cet organisme, mais à date, aucun cedi n’a été débloqué pour éviter une crise qui risque d’être dévastatrice, notamment dans les campagnes.

L'acheteur public de cacao- Produce Buying Company- est incapable d'acheter du cacao aux agriculteurs après avoir accumulé des dettes de 673 millions de cedis, soit 60 millions de dollars. Une cessation de paiement qui a conduit ses créanciers à activer la procédure de saisie d'actifs, révèle une source interne au sein de l’organisme à l’agence Reuters. Un consortium de banques ghanéennes à qui l'on doit 257 millions de cedis, a obtenu en mars une ordonnance du tribunal pour vendre les actifs de la société.

Après avoir presque triplé en 2024 pour atteindre des niveaux records, les contrats à terme sur le cacao ont perdu les trois quarts de leur valeur et se négocient actuellement autour de 3.300 dollars la tonne en raison d'un excédent mondial de fèves.

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire envisage de réformer son système de commercialisation du cacao en alignant davantage les prix réglementaires de reprise aux agriculteurs sur les prix internationaux, ont indiqué des autorités gouvernementales, rapporte l’agence Reuters. Cette décision fait suite à une forte baisse des prix mondiaux du cacao, qui a déclenché une crise des ventes dans la filière et entraîné une accumulation de fèves invendues à l'intérieur du pays et dans les entrepôts portuaires

Chez le deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, le secteur a enchaîné deux mauvaises récoltes consécutives en raison de maladies et d'intempéries . Sur le marché mondial, les cours du cacao se sont effondrés face à une demande atone, entraînant une abondance de stocks invendus au Ghana et en Côte d'Ivoire voisine, deux pays qui produisent la moitié du cacao mondial. Les contrats à terme sur le cacao à Londres ont chuté mardi à un niveau proche de leur plus bas niveau en trois ans.

Les acheteurs de cacao agréés du pays doivent jusqu'à 750 millions de dollars aux banques, a déclaré l'association qui les représente, privant ainsi le secteur financier de liquidités pour les achats de fèves à un moment où les prêteurs peinent à se remettre de la plus grave crise économique que le pays ait connue depuis une génération

Cette décision n’a rien d’un «cadeau» gouvernemental, elle était attendue tant les cours du cacao ont connu une embellie sans précédent sur le marché international depuis début 2025. Selon le ministre des Finances ghanéen, Cassiel Ato Forson, cité par notre confrère Ecofin, «cette revalorisation a pour objectif d’améliorer la situation financière des producteurs.» Elle devrait inciter les producteurs locaux à augmenter les volumes, et à se détourner des traders de la contrebande du cacao qui alimentent les réseaux guinéens, au point de faire du port de Conakry l’une des plus importantes plateformes d’expédition du cacao à l’export. Accra table en effet sur une augmentation de 8,33 % de la récolte de cacao, à 650.000 tonnes pour la campagne qui démarre.

Deuxième producteur mondial de cacao, le Ghana a décidé de revaloriser le prix plancher de la tonne de cacao «bord champ» (ndlr : départ ferme ou exploitation) pour la campagne principale 2025/2026 à 58.000 cedis, soit 4.628 dollars. Par kilo, les paysans et cultivateurs toucheront ainsi 4,6 dollars à partir de ce vendredi 3 octobre. Ce nouveau tarif de reprise marque une hausse de 12,27 % par rapport au prix minimum annoncé au début de la campagne en août dernier

Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte particulier, marqué par une flambée des cours mondiaux du cacao. Depuis 2024, les prix ont franchi le seuil des 10 000 dollars la tonne sur les marchés à terme, avec des prix oscillant entre 8 000 et 10 000 dollars en mars dernier. Cette envolée s'explique par une forte demande asiatique et une offre en recul dans une Afrique de l'Ouest fragilisée par des conditions climatiques défavorables. Depuis 2011, le prix payé aux planteurs a plus que doublé.

En Côte d’Ivoire, le prix bord champ du cacao a été relevé à 2 200 FCFA/kg pour la campagne intermédiaire 2024-2025, soit une hausse de plus de 22 % en comparaison au prix de 1800 FCFA/kg fixé pour la campagne précédente. L’annonce qui a été faite le 2 avril dernier à Abidjan lors d’une cérémonie officielle, a ét é saluée par les représentants du secteur agricole.

«Comme tous les pays du monde, nous avons eu des inquiétudes, vite apaisées par le report de l’entrée en vigueur des tarifs de trois mois», a-t-il déclaré. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire est particulièrement concernée par ces mesures américaines, qui pourraient atteindre jusqu’à 21 % de taxes. Toutefois, Abidjan espère une issue concertée.

La Côte d’Ivoire choisit la voie du dialogue pour répondre à l’instauration de nouveaux tarifs douaniers par les États-Unis. C’est ce qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, lors d’un entretien avec l’agence Anadolu en marge du Forum diplomatique d’Antalya 2025, en Türkiye

Si la transformation de cacao émerge depuis 5 ans en Côte d’Ivoire, elle n’a pas encore permis de construire un écosystème industriel local de la production de chocolat, constate le Département américain de l’agriculture (USDA) dans un rapport qu’il vient de publier sur le secteur cacaoyer ivoirien.

L’«Eléphant» tient toujours son rang de premier transformateur mondial de cacao au monde, loin devant les Pays-Bas. Mais, en raison d’une faible position sur la chaîne de valeur, l’essentiel des fèves broyées dans le pays est expédié sur le marché international à destination de grands industriels de chocolat en Europe et aux Etats-Unis

« Nous avons longuement évoqué la situation sécuritaire dans notre sous-région, qui demeure très préoccupante, ainsi que la situation sociopolitique dans certains pays du Sahel. Nous avons noté la nécessité d’apporter une assistance à ces pays frères », a déclaré Alassane Ouattara. Son homologue ghanéen a confirmé cette volonté de soutien, tout en soulignant l’importance d’une approche concertée : «nous allons essayer de traiter ce problème avec la meilleure des méthodes.»

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont réaffirmé leur engagement à apporter une assistance aux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour les aider à faire face aux défis humanitaires et sécuritaires. Cette annonce a été faite mercredi à Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, en visite de travail en Côte d'Ivoire