Le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, poursuit la mise en œuvre des orientations du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et de la feuille de route de la refondation, fondée sur la souveraineté, la sécurité et le renforcement des infrastructures nationales. Sur le dossier des hydrocarbures, il a tranché, avec une fermeté qui force l’admiration, au moment où des pénuries de carburant se succèdent depuis des mois dans plusieurs localités du pays.

En effet, dans le communiqué qui a suivi le Conseil des ministres du vendredi 9 octobre 2026, le gouvernement a passé en revue les onze recommandations de la session extraordinaire du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) et confirmé qu’aucune mesure ne viendrait alourdir ou aggraver le coût de la vie. Or, parmi ces recommandations figurait une hausse modérée des prix à la pompe. Le CCR a posé le débat ; le Chef de l’État a arbitré avec responsabilité. Une instance éclaire, une autorité décide : c’est ainsi que se construit une refondation digne de ce nom.
Cette décision historique intervient dans un contexte de tensions sans précédent : coûts d’importation élevés, chaîne de distribution à assainir, pénuries récurrentes, longues files d’attente devant les stations-service. L’économie entière, et le quotidien des consommateurs, en portent le poids. Le phénomène n’épargne aucune capitale de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. À première vue, le Niger y ajoute un paradoxe saisissant : producteur de pétrole, il voit son approvisionnement à la pompe vaciller. L’explication tient en partie à la raffinerie de Zinder : conçue pour traiter 20 000 barils par jour, elle tire de chaque baril de brut 55 % de gasoil, mais seulement 26 % d’essence. En apparence, produire du brut n’est pas remplir des réservoirs.
Une file d’attente comme baromètre
Une file d’attente est un baromètre impitoyable : elle mesure la distance entre ce qu’un pays possède et ce qu’il parvient à distribuer.
Les chiffres, présentés par le ministre du Pétrole devant la plénière du CCR le lundi 5 octobre, disent l’ampleur de l’épreuve. Le déficit de supercarburant est passé de 47,25 millions de litres en 2024 à 159,74 millions en 2025, puis à 196,62 millions sur les huit premiers mois de 2026. En huit mois, il dépasse déjà celui de l’année 2025, et son rythme mensuel a presque doublé. Quant au gasoil, un léger excédent de 9,44 millions de litres en 2025 a laissé place, sur les huit premiers mois de 2026, à un déficit de 52,60 millions. Or, comme l’a souligné le ministre Hamadou Tinni, le gasoil irrigue bien plus que les routes : il touche l’agriculture, les mines et jusqu’à la production d’électricité. Dans ce cadre, il a relié l’énergie à l’alimentation : sans carburant, le camion s’arrête ; sans camion, le mil, l’oignon et le ciment n’arrivent plus, ou arrivent plus chers.
Face à cette tempête, les Nigériens sont restés solidaires et debout, gardant confiance en l’avenir. Ces dernières semaines, ils ont porté un lourd fardeau grâce à une capacité d’adaptation extraordinaire : quand la pluie diminue et que la sécheresse menace les récoltes, l’agriculteur et l’éleveur réinventent leur manière d’agir, de travailler et de s’adapter, et poursuivent leur activité. Quand l’insécurité perturbe un quotidien, les administrations fonctionnent, les écoles ouvrent leurs portes, les marchés vibrent encore : la vie, impérieuse, refuse de céder un seul pouce de terrain à la peur. Et quand le déficit de carburant s’aggrave, le gouvernement tient sa promesse : 499 FCFA le litre de super, 618 FCFA celui du gasoil, des prix fixés depuis juillet 2024 et tenus pour préserver le pouvoir d’achat.
Le coût caché du litre subventionné
Vue d’ensemble, ce choix a un coût, et l’assumer est une marque de maturité. Le ministre du Pétrole en a lui-même donné la mesure : lorsque le coût réel d’un produit dépasse son prix de vente, chaque litre cédé sur le marché intérieur creuse un écart qui pèse sur la trésorerie de la Société Nigérienne de Pétrole (SONIDEP). C’est très certainement ce que la célèbre recommandation du CCR cherchait à corriger. Le gouvernement, quant à lui, a choisi une autre voie : ne pas faire payer le peuple, mais traquer ce qui l’appauvrit. À ce sujet, il impute les perturbations à des faiblesses structurelles et de gouvernance qui touchent tous les maillons de la chaîne, de la production à la distribution, et range les circuits informels et la fraude parmi les causes qui entretiennent pénuries et renchérissement. Un comité technique sera chargé de repérer les obstacles et de proposer des correctifs, tandis que les forces de contrôle ont reçu pour consigne de poursuivre quiconque prend part à la fraude. La sagesse du Président Tiani, mise à l’épreuve une fois de plus, porte désormais un nom : la persévérance. Cette persévérance ne vaudra pourtant que par ses résultats, car la fermeté n’exclut jamais la vigilance.
À ce titre, ces réponses, authentiquement nigériennes, puisent leurs racines dans les valeurs ancestrales de dignité et de force d’âme qui cimentent notre société. Ce refus de la fatalité transforme l’épreuve en solidarité. Cependant, cette force ne saurait servir d’alibi : la résilience du peuple ne doit jamais devenir le prétexte qui normalise la précarité ou installe l’instabilité. Les Nigériens resteront debout, et aspirent légitimement à la prospérité, à la sécurité et à la paix. Leur capacité à surmonter les crises doit devenir le socle d’un développement structurel, bâti sur des fondations solides et une méthodologie rigoureuse.
L’énergie comme droit, non comme luxe
Dès lors, pour nous qui défendons le droit à l’énergie, l’enjeu dépasse le prix du litre. L’énergie, c’est l’hôpital qui soigne, l’école qui éclaire, le marché qui s’approvisionne, la récolte qui parvient jusqu’à la ville. Y accéder, de manière disponible et abordable, n’est pas un luxe des temps calmes : c’est un droit. Et tout droit s’adosse à une responsabilité partagée : celle de l’État qui organise, celle du citoyen qui refuse de nourrir les circuits frauduleux.
En conséquence, saluons les efforts de nos dirigeants, qui œuvrent inlassablement à relever les défis de notre époque : stimuler la croissance économique, renforcer la sécurité nationale, promouvoir le bien-être social. Le Conseil des ministres a d’ailleurs lui-même félicité les membres du CCR pour le travail accompli. Tout en restant conscients du chemin qui reste à parcourir, reconnaissons que, malgré les vents contraires du monde, le Niger avance avec méthode, porté par l’énergie de son peuple et la clairvoyance de ses hauts dirigeants.
La véritable grandeur de notre nation réside dans cette capacité de transformer chaque défi en leçon de survie et chaque crise en occasion de se réinventer. Un peuple qui résiste et qui ne plie pas. C’est pourquoi, quand l’écoute et la fraternité l’emportent sur les divisions, les Nigériens demeurent unis et solidaires ; ainsi, les structures de l’État s’affermissent et garantissent la sérénité ; l’économie, de manière équitable, se développe et offre des opportunités concrètes à chaque génération. Lorsque ces trois conditions sont réunies (l’unité retrouvée, un État qui protège, une économie qui profite à tous), les institutions cessent d’être de simples structures de pouvoir pour devenir de véritables garanties du bien commun.





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