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11 ème rapport de la Fondation Mo Ibrahim : La gouvernance en Afrique scrutée

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L’Ibrahim Index of African Governance (IIAG) mesure chaque année depuis dix ans les hauts et les bas de la gouvernance en Afrique sur la base de plusieurs indicateurs dont le développement humain, la participation, droit et inclusion, ainsi que la sécurité et l’état de droit. Cette année, ces trois catégories ont été enrichies par trois nouvelles sous-catégories. Ce sont respectivement, la lutte contre la corruption, l’inclusion et l’égalité et enfin, le développement durable. Que nous apprend cette nouvelle édition ?

 

Une première baisse en 10 ans

Sur l’ensemble du continent, l’IIAG connait en 2019 une baisse de 0,2 par rapport à 2018, une première en dix ans. Cette baisse s’explique notamment par une dégradation des scores enregistrés par les pays du continent dans les catégories citées plus haut. Elle confirme la tendance observée depuis l’année 2015 et une dégradation notée en particulier dans la catégorie participation, droit et inclusion. En effet, même si l’on retrouve les taux de croissance les plus élevés du monde sur le continent, il faut reconnaitre que celle-ci n’est pas toujours inclusive et que les disparités restent fortes entre les différentes classes sociales. Par ailleurs, cette dégradation peut s’expliquer également par une palette plus étendue des sources de collectes en 2019 (+5) ainsi que des variables utilisées (+45).

Cependant, l’on note plusieurs motifs de satisfaction sur le continent au cours de l’année écoulée. En effet, «61,2% des Africains vivent dans un pays ayant enregistré des progrès notables», note Mo Ibrahim.


 

Les «bons élèves» du rapport

Le continent dans son ensemble obtient une note de 48.8 en 2019 gagnant ainsi 1.2 point sur la décennie. La catégorie développement humain obtient la plus forte note de l’année (51.9). Mais la plus forte progression sur la décennie est enregistrée par la catégorie fondations et opportunités économiques (4.1).

Sur le plan sous-régional, l’Afrique du Nord (52) et l’Afrique de l’Ouest (53.1) réalisent les meilleures progressions avec une mention spéciale à l’Afrique du Nord qui réalise la plus forte progression de l’année écoulée. Quant aux pays, le rapport décerne un satisfécit à la Gambie (16è) qui réalise la plus forte hausse depuis la première édition (+9.2). Viennent ensuite, la Côte d’ivoire (+9), le Zimbabwe (+7.4) ou encore les Seychelles (+7.8). Il est également important de souligner la performance de la Somalie qui bien qu’étant la lanterne rouge du classement enregistre une belle performance (+5.4). En tout, 12 pays sur les 54 que compte le continent auraient connu une forte progression en 10 ans.

 

Les «mauvais élèves» du rapport

Treize pays du continent ont connu de fortes baisses en 2019. Quant à la catégorie Participation, droit et inclusion, elle enregistre la plus forte baisse sur la décennie (-1.4).

Sur le plan sous régional, l’Afrique centrale (38.8) et l’Afrique australe (53.3) connaissent les plus fortes baisses. La Libye pourtant un pays de l’Afrique du Nord connait la plus forte baisse (5.5) sur dix ans. D’autres pays tels que la RDC (-2.8) et les Comores (-2.6) s’inscrivent dans le même registre. Enfin, le rapport met tout de même l’accent sur Maurice (-0.5), l’Afrique du Sud(-0.9) et le Botswana (+0.8) qui, quoique bien lotis dans le classement sont sur une «pente descendante depuis 2015».

Ce classement ne tient évidemment pas compte du Covid-19. Cependant, il se veut alarmant sur les conséquences néfastes de la pandémie : « (…)les opportunités économiques étaient sur une trajectoire positive de progrès constant et l’impact du Covid-19 menace à présent ce qui a été mené de haute lutte dans ce domaine».

 

Télécharger le rapport complet : 11ème rapport de la fontation Mo Ibrahim

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