Stanbic Ghana expérimente l’accès au réseau chinois CIPS, qui permettra aux entreprises de régler leurs partenaires chinois en yuans depuis un compte en cedis, sans transiter par des banques américaines. Une évolution qui répond à l’essor des échanges sino-ghanéens, sans pour autant détrôner le dollar, l’euro ou la livre.
Stanbic Ghana a lancé la phase pilote d’un dispositif donnant accès au système de paiement interbancaire transfrontalier de la Chine (CIPS). Concrètement, une entreprise ghanéenne pourra régler en yuans certaines transactions éligibles tout en débitant son compte libellé en cedis. L’information a été communiquée lors de la 132e conférence de presse du Comité de politique monétaire. Le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Pandit Asiama, a par ailleurs indiqué que la Ghana Commercial Bank (GCB) réfléchissait à un mécanisme comparable.
Moins d’intermédiaires, moins de conversions
Pour Kwamina Asomaning, directeur général de Stanbic Bank Ghana, le CIPS offre aux entreprises la possibilité de se passer des banques correspondantes américaines. L’objectif n’est toutefois pas de supplanter Swift : les opérations en dollars, euros et livres continueront d’emprunter les circuits actuels. Il s’agit surtout de limiter les conversions de devises successives dans les échanges avec la Chine.
Un partenariat commercial en forte croissance
Les échanges entre les deux pays ont progressé de 19,3 % en 2025. Côté ghanéen, les exportations reposent surtout sur les matières premières : environ 933 millions de dollars pour les combustibles minéraux et le pétrole, et quelque 356 millions pour les minerais, le manganèse en tête. La Chine, elle, livre des machines, de l’électronique, des véhicules et des textiles.
Vers un prolongement monétaire des « Nouvelles routes de la soie » ?
Certains observateurs y voient le passage de la stratégie « Ceinture et Route » des infrastructures à la sphère monétaire, d’autant que Pékin a supprimé les droits de douane pour 53 pays africains en mai. Business Insider Africa cite d’autres cas : la Zambie accepte le yuan pour les taxes minières, le Kenya a converti une dette en dollars en yuans (une économie estimée à 250 millions de dollars par an), et l’Éthiopie a étudié une opération similaire pour sa dette.





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