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Guinée : Tentative de coup d’Etat, les putschistes promettent un gouvernement «d’union»

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Le Parisien 

Au lendemain de l’arrestation du président Alpha Condé par l’unité d’élite de l’armée, le pays reste dans l’attente de précisions sur les volontés des putschistes. Des opposants politiques emprisonnés pourraient être libérés.

On n’y voit toujours pas clair. Les putschistes guinéens qui ont capturé le président Alpha Condé dimanche matin devaient préciser leurs intentions ce lundi. Emmenés par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, le commandant du Groupement des forces spéciales (GPS), ils avaient convoqué les ministres sortants et les présidents des institutions à une réunion à 11 heures (13 heures, heure française) au Palais du peuple, siège du Parlement. «Tout refus de se présenter sera considéré comme une rébellion contre le CNRD», le Comité national de rassemblement et de développement, avaient-ils prévenu.

Selon RFI, à son arrivée au Palais du peuple, Mamady Doumbouya a été acclamé par la foule. La cérémonie, retransmise à l’extérieur par des haut-parleurs, a commencé par une minute de silence à la mémoire des victimes du régime d’Alpha Condé.

Au cours de cette réunion, le chef des putschistes a promis la mise en place d’un «gouvernement d’union nationale» chargé de conduire une période de «transition» politique, et assuré qu’il n’y aurait pas de «chasse aux sorcières» contre l’ancien pouvoir. «Une concertation sera ouverte pour décrire les grandes lignes de la transition, ensuite un gouvernement d’union nationale sera mis en place pour conduire la transition», a dit le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya dans un discours, sans toutefois préciser la durée de la concertation ni de la transition.

Dimanche, les forces spéciales ont annoncé avoir capturé le chef de l’État pour mettre fin à «la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique» ou encore «l’instrumentalisation de la justice (et) le piétinement des droits des citoyens». Après des mois de contestations contre le président Condé, violemment réprimées, les militaires affirment vouloir rendre «la politique au peuple».

Entouré de huit militaires de son unité d’élite, Mamady Doumbouya, un ancien de la légion étrangère française rappelé au pays par Alpha Condé lui-même, a promis une période de transition, à la manière du voisin malien, théâtre d’un putsch en mai dernier, quelques mois après un premier coup d’État. Ils ont annoncé un couvre-feu et la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Dans la soirée les militaires ont annoncé au journal télévisé remplacer les ministres par les secrétaires généraux de chaque ministère, et les préfets, sous-préfets et gouverneurs de région par des militaires. La Constitution est suspendue. Ils ont aussi appelé les fonctionnaires à «reprendre le travail dès ce lundi».

À 11h30, heure locale, selon MediaGuinée, une dizaine d’opposants politiques à Alpha Condé, qui étaient détenus depuis la réélection contestée du président en octobre 2020, devaient être libérés, dont Étienne Soropogui et Abdoulaye Bah, deux figures guinéennes.

Selon une annonce ce lundi du porte-parole de l’armée à la télévision nationale, les frontières terrestres et aériennes ont été rouvertes pour les échanges commerciaux et humanitaires.

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