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Pour l'ancienne haute fonctionnaire sénégalaise, ce retour dans l'écosystème sportif intervient alors que l'économie du sport africain devrait peser 20 milliards de dollars d'ici 2035, selon le communiqué d'ACG.

L'ancienne Secrétaire générale de la Fédération internationale de football association (FIFA), Fatma Samoura, entre au conseil consultatif d'African Collaborations Group (ACG). La plateforme, dédiée à l'industrialisation du sport en Afrique, a annoncé sa nomination le mercredi 3 septembre depuis Londres.

Selon le rapport Africa in Figures 2025 de l'Afreximbank, le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) devrait encore accélérer la cadence.

L'Afrique commerce encore trop peu avec elle-même. Pourtant, le potentiel est colossal. Transformer nos matières premières sur place, industrialiser nos économies, libérer les investissements : tout passe par le renforcement des flux commerciaux entre pays africains. Et les chiffres commencent à parler.

Intitulé Real Estate Investment in Africa, le rapport évalue le marché immobilier africain à quelque 17 600 milliards de dollars, soit environ 2,7 % de la valeur immobilière mondiale. Le résidentiel en concentre l'essentiel, avec près de 14 900 milliards de dollars. Mais les lignes bougent : immobilier commercial, bureaux, entrepôts logistiques et infrastructures liées au numérique gagnent progressivement du terrain.

Dakar, 19 août 2026 — L'immobilier africain s'apprête-t-il à changer de dimension ? Selon un rapport publié le 19 août par le cabinet de recherche et d'études de marché LEAF Africa, le secteur devrait progresser de 5,6 % par an jusqu'en 2029, contre une moyenne mondiale de 2,69 %. Une dynamique alimentée par trois forces structurelles : l'urbanisation accélérée, la croissance démographique et l'émergence d'une classe moyenne.

À quelques encablures de ces discours, la réalité est moins flatteuse. L'Afrique vue de Washington, en cet été 2026, tient du paradoxe : courtisée pour ses minerais critiques et citée comme un eldorado démographique, elle est frappée sans ménagement dès qu'elle exporte ses textiles ou ses avocats. Voilà où en est la diplomatie économique américaine sur le continent : l'America First appliqué avec constance, parfois avec brutalité.

De la terrasse du Kennedy Center, on aperçoit le dôme du Capitole. À quelques rues de là, au Département d'État, on répète que l'Afrique est « la prochaine grande opportunité commerciale du monde. » Neuf des vingt économies les plus dynamiques de la planète sont africaines ; d'ici 2050, un humain sur quatre le sera aussi. Puissance d'achat projetée : plus de 16 000 milliards de dollars. Des chiffres que les planificateurs de l'administration Trump récitent comme une antienne.

« L'efficacité énergétique est l'un des moyens les plus concrets de réduire les émissions tout en diminuant les coûts », souligne Gunilla Nilsson, directrice des investissements et responsable Énergie et Climat chez Swedfund, qui cite parmi les solutions visées une cuisson plus propre, des logements et des transports plus économes en énergie.

L'institution suédoise de financement du développement, Swedfund, accorde un prêt de 20 millions de dollars au fonds Africa Go Green afin de soutenir les entreprises africaines qui réduisent leurs émissions et améliorent leur efficacité énergétique. Cet investissement doit faciliter l'accès au financement par emprunt pour les sociétés actives dans les bâtiments écologiques, la cuisson propre, les transports verts et l'efficacité énergétique industrielle.

Le chiffre résume le problème. En une génération, la part de la France dans le commerce africain est tombée de 15 % à 7,5 %, rappelle l'auteur. Une érosion qu'il refuse d'attribuer à la concurrence chinoise, turque ou indienne : pour lui, elle procède d'abord d'erreurs françaises accumulées. Paternalisme persistant, héritage mémoriel mal traité, engagements militaires dans l'impasse, politique d'aide épuisée et, au bout du compte, absence de récit positif capable de fonder une relation nouvelle.

Trente ans de terrain sur le continent n'ont laissé à Pascal Lorot aucun doute : le fossé entre l'Afrique réelle et l'image qu'en gardent les élites françaises s'est creusé au point de devenir béant. Dans Adieu Afrique. Histoire d'une rupture fatale (éditions Fayard), l'essayiste livre un diagnostic sévère de l'éloignement franco-africain, tout en refusant de considérer cette rupture comme définitive. Sa conviction : il reste possible de renouer, à condition de passer d'une relation de tutelle à un partenariat entre égaux.

Le projet doit être porté par AfriTrade CMP, filiale de Bergmans, et vise à numériser les procédures douanières, harmoniser les formalités aux frontières et assurer le suivi en temps réel des marchandises à travers le continent. L'accord intervient après la signature, début août à Lagos, d'un protocole d'entente en marge du Digital Trade Forum.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) veut passer à la vitesse supérieure. Son secrétariat a conclu avec l'entreprise nigériane Bergmans Security Consultants and Supplies une concession de vingt ans, évaluée à 3,1 milliards de dollars, pour déployer un système douanier commun dans 50 pays. Derrière cette opération d'envergure, un enjeu central : transformer l'ambition du marché unique africain en échanges commerciaux bien réels.

Un paradoxe africain se dessine. Dans une grande partie du continent, les infrastructures les plus élémentaires restent encore à consolider. Près d’un tiers des écoles rurales d’Afrique subsaharienne ne disposent pas d’un approvisionnement électrique stable et plus des deux tiers n’ont pas accès à une connexion internet fiable.

Électricité défaillante, internet encore trop rare, déficit de compétences : le continent africain part avec de sérieux handicaps dans la course à l’intelligence artificielle. Pourtant, la Banque mondiale estime que cette technologie pourrait permettre aux pays en développement de rattraper en dix ans une partie du retard accumulé pendant un siècle. À condition de ne pas brûler les étapes.