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Mali /Ramassage d’ordures : Clap de fin pour Ozone

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Après six années de présence à Bamako, Ozone, l’opérateur spécialisé dans la gestion des déchets est à la croisée des chemins.  Les pouvoirs publics maliens envisagent de mettre fin à leur partenariat avec l’opérateur marocain. Les détails.

Depuis plus de deux ans, le divorce semble consommé entre l’Etat malien et Ozone. Dans la capitale malienne, tout le monde – employeur comme habitants –  est unanime sur le peu de visibilité de Ozone. Et pour cause ? La multiplicité et la hauteur atteinte des immondices domestiques dans la ville. Ce pis-aller a atteint un tel niveau de désagrément que les Bamakois n’arrivent plus à distinguer les dépôts provisoires des sites finaux. Il s’est avéré que les Groupements d’intérêt économique (GIE) ont été sevrés des dépotoirs où ils stockaient les déchets alors qu’au même moment, leur rival Ozone avait le monopole. 

Selon les milieux proches du dossier, Ozone avait tenté une nouvelle approche taxée d’impopulaire : offrir ses services contre la modique somme de 3000 FCFA. Or, selon les clauses du contrat, le groupe devrait intervenir sur toute la filière de l’évacuation des déchets, c’est-à-dire des concessions, aux dépôts de transit jusqu’à la décharge finale. Ce fut un fiasco et les populations n’ont pas adhéré. 

Ras-le-bol

Un divorce qui expliquerait en partie l’absence de matériel roulant, notamment des camions de Ozone dans toute la ville de Bamako afin de vider les poubelles jonchées ici et là. Du côté de la Commune 1, par exemple, il y a également une situation complexe à laquelle il faut apporter des solutions. Depuis des mois, les populations mécontentes ont versé leurs ordures sur certaines artères de la capitale malienne, précisément au milieu de la route de Koulikoro, chose visible du côté de Bulkassumbugu sur plus de 100 mètres. 

Lorsque les GIE étaient à l’œuvre

Avant l’arrivée de Ozone, la gestion des ordures était assurée par quelque 180 groupements d’intérêts économiques (GIE) répartis entre les 6 Communes du District de Bamako. “Malgré sa présence de plus de 6 ans, on ne voit que des tas d’ordures et des brumes de poussière toxiques”, peste un riverain d’une immondice à ciel ouvert. Il convient de retenir, que les mairies ne gèrent pas les dépotoirs qui relèvent du District qui n’a de compte à rendre qu’au département de l’Environnement. Sauf que la gestion maintes fois décriée du maire Adama Sangaré n’a jamais été rendue publique. Quant aux arriérés du groupe Ozone, ils ont fait débat et s’élèveraient à plus de 20 milliards FCFA (environ 30,53 millions d’euros). Le contrat signé depuis 2015 coûte 9 milliards FCFA par an, soit environ 13,74 millions d’euros. Après maintes approches des services techniques du District de Bamako, le refus a été total, dit-on, de situer notre équipe sur le dossier Ozone. Le contexte est marqué  par les ennuis judiciaires du maire central, sorti récemment de prison, sembleraient être la cause. Au final, le dernier mot pourrait revenir au ministère de l’Assainissement et de l’environnement. Des sources proches du cabinet renseignent que toutes les options sont sur la table. Même le remplacement du groupe Ozone reste d’actualité pour la Transition qui ne compte pas trimbaler les casseroles du régime d’IBK. 

Bamako croule sous les ordures

D’autres opérateurs ont émergé ces derniers temps dont le groupe Macro Waste qui sort du lot. Sans fanfare, ce concurrent à Ozone tisse sa toile discrètement et jouit d’un important portefeuille client. Les révélations recueillies auprès du département de tutelle indiquent qu’un projet d’appel d’offres est en gestation. Autrement dit, une fin de l’idylle entre le gouvernement du Mali et Ozone !

 

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