Les résultats provisoires officialisés le 24 septembre dessinent une nouvelle configuration de la Chambre des représentants, dominée par le PAM devant le RNI et l’Istiqlal. Mais derrière le verdict des urnes, un autre chiffre retient l’attention : avec 38 % de participation, la mobilisation électorale recule nettement par rapport à 2021 et 2016.
Au lendemain des élections législatives, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présenté le bilan d’un scrutin qu’il qualifie de nouvelle étape majeure dans le processus d’édification démocratique et institutionnelle du Royaume.
Selon les résultats provisoires issus du dépouillement des circonscriptions locales et régionales, le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui en obtient 66, et le Parti de l’Istiqlal, avec 65 sièges.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) s’installe en quatrième position avec 54 sièges, suivi du Mouvement populaire (29), de l’Union socialiste des forces populaires (26) et du Parti du progrès et du socialisme (19). L’Union constitutionnelle décroche 17 sièges, tandis que le Mouvement démocratique et social et l’Alliance de la gauche en obtiennent chacun 8.
Le Front des forces démocratiques et le Parti de l’équité disposent chacun de 2 sièges. Le Parti des néo-démocrates et le Parti de l’unité et de la démocratie ferment la marche avec un siège chacun.
15,8 millions d’inscrits, mais une participation en baisse
Après l’apurement des listes électorales par les commissions administratives, le nombre d’électeurs inscrits s’est établi à 15,8 millions. Près de 6 millions d’électeurs et d’électrices se sont déplacés aux urnes, portant le taux de participation national à 38 %.
Ce niveau marque un recul par rapport aux précédentes législatives : la participation avait atteint 50,88 % en 2021 et 42,27 % en 2016.
La tendance nationale masque toutefois d’importantes disparités territoriales. Certaines régions ont enregistré une mobilisation nettement supérieure à la moyenne, à l’image de Laâyoune-Sakia El Hamra, avec 77 %, et de Dakhla-Oued Ed-Dahab, avec 65,42 %.
Pour assurer l’accès au vote, 40 694 bureaux de vote ont été ouverts à travers le pays, encadrés par 3 931 bureaux centraux, soit une moyenne d’environ onze bureaux de vote par bureau central.
7 277 candidats pour 395 sièges
La compétition électorale a mobilisé 28 partis politiques, dont une alliance réunissant deux formations. Au total, 1 847 listes locales et régionales ont été déposées, regroupant 7 277 candidats. Soit environ 18 candidatures pour chaque siège à pourvoir.
La présence des femmes constitue également l’un des marqueurs de cette échéance. Elles représentent 2 659 candidatures, soit 37 % de l’ensemble. Parmi elles, 1 783 se sont présentées dans les circonscriptions régionales et 876 dans les circonscriptions locales. Dans ces dernières, 120 femmes figuraient en tête de liste.
Une campagne électorale à grande échelle
La campagne a été marquée par une activité politique et communicationnelle soutenue. Les formations en lice ont organisé près de 21 000 initiatives de communication, réunissant environ 1,5 million de participants, soit une moyenne quotidienne de 115 000 personnes.
Les tournées de terrain ont constitué le principal format de mobilisation, avec quelque 730 000 participants, devant les meetings, qui en ont rassemblé environ 407 000.
Les partis ont également disposé des canaux audiovisuels publics afin de présenter leurs programmes, dans le respect, selon le ministère, des principes d’équité, de pluralisme et d’égalité des chances.
Transparence et surveillance renforcées
Le ministère de l’Intérieur souligne par ailleurs les réformes engagées pour renforcer la transparence du processus électoral, moraliser la vie politique et favoriser la participation des jeunes et des femmes.
Des comités centraux, régionaux et provinciaux ont été activés, conformément aux hautes directives royales adressées au ministre de l’Intérieur et au président du ministère public. Leur mission : veiller à la sécurité du scrutin et assurer le traitement immédiat des éventuelles infractions, sous supervision judiciaire.
Selon le bilan présenté par le département de l’Intérieur, les signalements reçus ont été traités conformément à la loi, sans incident notable susceptible d’affecter le déroulement global du scrutin.
Plus de 3 000 observateurs
Le processus électoral a également fait l’objet d’un dispositif d’observation important. Au total, 3 006 observateurs accrédités ont suivi le scrutin, dont 2 023 issus d’associations de la société civile et 783 représentants du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).
À ce dispositif national se sont ajoutés 200 observateurs internationaux, représentant des ONG et des instances originaires d’Afrique, d’Europe, des Amériques et du Moyen-Orient.
Pour le ministère de l’Intérieur, cette présence illustre l’ouverture du processus électoral marocain à son environnement international.
Le scrutin est clos, la séquence politique commence
En clôturant son bilan, le département de l’Intérieur a salué la mobilisation des électeurs ainsi que le travail des autorités judiciaires, sécuritaires et territoriales et l’implication des médias.
Avec la proclamation des résultats, la compétition électorale s’achève. Mais une nouvelle séquence s’ouvre désormais : celle de la traduction politique du verdict des urnes et de la formation de la prochaine majorité.
Pour le ministère, au-delà des résultats et des rapports de force partisans, la poursuite du service aux citoyens demeure l’enjeu central. La démocratie marocaine, le renouvellement des institutions et leur fonctionnement dans un cadre marqué par la stabilité et le pluralisme sont ainsi présentés comme le véritable « grand vainqueur » de cette échéance.





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