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Mohamed Ould Daf, Pdt de l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou

« Notre objectif est de positionner la ville de Nouadhibou comme un hub régional de rang international »

La capitale économique mauritanienne, Nouadhibou, s’est dotée d’une zone franche pour attirer l’investissement afin d’encourager le développement du secteur privé.

Mohamed Ould Daf, Président de l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou explique dans cet entretien les opportunités offertes et les défis levés.

 

Mohamed Ould DafAFRIMAG : Après plus d’une année de son lancement, quelles sont les perspectives correspondant à une orientation stratégique pour la Zone Franche de Nouadhibou (ZFN), dans son rôle d’aménageur et de gestionnaire des zones d’activités, qui vise la poursuite d’un élan de développement des projets structurants ?

Mohamed Ould Daf : Tout d’abord, la Zone Franche de Nouadhibou a été créée par la loi 2013- 001 du 02 janvier 2013 qui a eu pour objet de définir son cadre juridique et institutionnel.

Elle a pour objectif d’attirer l’investissement, d’encourager le développement du secteur privé, de développer les infrastructures sur le territoire franc de la région de Nouadhibou, d’y promouvoir le développement et de créer de nouveaux emplois. Ces différents axes stratégiques ont été fixés pour impulser ainsi le développement économique et social de la Mauritanie dans son ensemble.

Pour concrétiser cette orientation politique, le lancement officiel de la Zone Franche a été effectué par le président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, le 24 juin 2013.

L’objectif visé par le Président de la République est de positionner la ville de Nouadhibou comme un hub régional de rang international, un pôle de compétitivité et un centre d’affaires et d’excellence pour toute la région et même au-delà.

Aujourd’hui, nous avons déjà entamé notre phase d’émergence et nous ambitionnons de devenir une plateforme dynamique pour le secteur halieutique, la logistique, le transbordement maritime, les activités industrielles, minières, pétrolières et gazières ainsi que les activités de services.

Par ailleurs, l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou est aussi chargée du développement urbain de Nouadhibou et de ses infrastructures pour en faire une ville moderne et économiquement dynamique.

Pour atteindre les objectifs fixés dans notre Schéma directeur opérationnel (SDO) et au Plan de développement pluriannuel (PDP) et dans le cadre de la mise en œuvre opérationnelle de nos projets, quatre ont été déclarés prioritaires dans notre orientation stratégique. Il s’agit de la restructuration du pôle halieutique, du développement du pôle hôtelier et touristique, de l’aménagement d’un port en eaux profondes et enfin d’un nouvel aéroport en mesure d’accueillir les aéronefs de dernière génération et les services aéroportuaires. Les études dans ce sens ont été déjà lancées avec l’appui et l’assistance de la Banque mondiale. Je tiens à dire que l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou a engagé depuis le mois de septembre 2013, une coopération soutenue avec cette éminente institution internationale. D’ailleurs, cette coopération réussie avec la Banque mondiale vient confirmer l’intérêt croissant des partenaires au processus de développement de la Zone Franche de Nouadhibou, depuis sa création.

Enfin, dans l’objectif de contribuer à la mise en place d’un pôle de développement attractif au sein de la Zone Franche de Nouadhibou et de réaliser des projets structurants sur des fonds propres ou dans le cadre de partenariats publics-privés, la Société Nouadhibou pour l’investissement et le développement (SONID) a été créée en juillet 2014. Elle marque le démarrage de la période d’émergence de la Zone Franche de Nouadhibou et sera opérationnelle sous peu.

A ce jour, combien d’entreprises ont opté de s’installer dans la ZFN ? Et quelle est la part des entreprises étrangères dans cette présence ainsi que par secteur d’activité ?

A ce jour, notre guichet unique qui représente, à titre exclusif, les différents services de l’Etat pour la réalisation de l’ensemble des formalités et démarches administratives nécessaires aux activités des développeurs, des opérateurs et des entreprises agréées, a délivré 192 agréments et 20 enregistrements (changement de régime) dont 25 de nationalités étrangères.

D’autres entreprises et firmes ont manifesté de l’intérêt pour s’installer dans la Zone Franche de Nouadhibou et sont en contact permanent avec nos services compétents afin de matérialiser dans les brefs délais leur choix porté sur la place de Nouadhibou.

Tous les secteurs d’activités éligibles par la loi y sont représentés.

Qu’est-ce qui vous permet de dire aujourd’hui que la ZFN est un choix judicieux pour les entreprises qu’elle commence à accueillir ?

Je peux dire qu’avec son régime fiscal incitatif, ses avantages douaniers attractifs, son environnement de change spécifique et son offre foncière ciblée et diversifiée sans oublier la multitude de gamme d’activités éligibles, la Zone Franche de Nouadhibou demeure sans équivoque un choix judicieux pour non seulement les investisseurs mais aussi les développeurs et les opérateurs économiques.

La ZFN est dans une région où chaque pays a la même ambition que les autres pour attirer plus d’entreprises à investir. Qu’avez-vous de plus à offrir ?

Nous avons certes beaucoup de défis à surmonter pour atteindre tous nos objectifs stratégiques.

Mais, le nombre croissant des sociétés agréées à la Zone Franche de Nouadhibou depuis son lancement, le volume d’activités menées au cours des derniers mois et la qualité des investissements lancés ou en préparation illustrent l’attractivité du potentiel naturel de la ville et du régime dérogatoire de la Zone Franche de Nouadhibou. Déjà, les investisseurs installés à Nouadhibou bénéficient de ce cadre institutionnel avantageux qui devra, progressivement, régir toute la vie économique et des affaires sur toute l’étendue de la Zone Franche de Nouadhibou.

J’ajoute que la Zone Franche de Nouadhibou est une presqu’île de 72 000 ha terrestre avec une surface maritime de 60 000 ha disposant d’une façade maritime de 100 km et se trouve à proximité d’une zone économique exclusive de 230 000 km² sans oublier qu’elle est l’une des côtes les plus poissonneuses du monde (un potentiel actuel de 1 500 000 Tonnes/an). Elle a tous les atouts et avantages pour offrir aux acteurs économiques le cadre le mieux bénéfique pour leurs investissements.

Pour se positionner une zone franche a besoin de beaucoup de capitaux. Quel est aujourd’hui l’état des lieux dans votre quête de financement ?

Alors, les défis auxquels nous faisons face nous obligent à amplifier notre quête de financement.

C’est dans ce cadre qu’une convention de financement a été signée avec l’Etat en juillet 2014.

Nous avons aussi amélioré notre niveau de recettes propres (conventions spéciales, foncier et redevances).

Aussi, notre coopération avec nos partenaires au développement a permis pour l’instant l’obtention d’une promesse de financement avec la Banque mondiale à hauteur de 50 M$ US destiné essentiellement aux études de viabilité économique et de faisabilité des projets structurant et au montage des premiers PPP (Partenariat public-privé) sur le portefeuille de la Zone Franche.

Par ailleurs, notre politique budgétaire qui s’articule autour de la priorisation de nos dépenses d’investissement et la rationalisation de la programmation de nos projets nous assure une meilleure gestion de nos capitaux.

Toutefois, la loi créant la Zone Franche permet à l’Autorité l’accès à d’autres sources de financements levés essentiellement sur le foncier et les institutions support via des conventions spéciales.

Une zone franche, c’est également des infrastructures de qualité, des compétences affirmées, une législation favorable, surtout en matière de travail… Sur ces différents points que proposez-vous aux entreprises ?

Aujourd’hui, nous disposons d’infrastructures aéroportuaires de qualité qui sont à même d’assurer aux entreprises toutes les opérations d’importation et d’exportation dont elles ont besoin. Nous comptons construire dans le cadre de nos projets prioritaires un port en eaux profondes et un nouvel aéroport international qui vont donner davantage à Nouadhibou toute sa dimension attractive.

Bien sûr, pour améliorer le cadre général des affaires et de l’investissement, la loi créant la Zone Franche offre un arsenal juridique et institutionnel assurant aux investisseurs toutes les garanties nécessaires.

Pour assurer une main d’œuvre qualifiée aux investisseurs, nous avons un ensemble de projets pour la formation professionnelle et académique.

Je tiens à préciser que notre politique générale repose sur la qualité du service proposé à tout investisseur qui souhaite s’installer dans notre Zone Franche. Ainsi tous nos efforts sont déployés pour faire de la ville de Nouadhibou le cadre idéal pour l’investissement et les affaires. C’est un challenge mobilisateur d’énergies, mais nous y croyons et sûrement nous y arriverons.

Mohamed Ould Daf

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