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«Dans un souci constant de respect de la séparation des pouvoirs et du principe de légalité, je ne tiendrai ma déclaration de politique générale devant cette assemblée qu'une fois que la majorité parlementaire sera amendée en inscrivant dans le règlement intérieur l'ensemble des dispositions relatives au premier ministre », a-t-il affirmé dans une forme de défi lancé à la première Chambre du Parlement.

Le débat d'orientation budgétaire a été annulé in extremis samedi dernier (ndlr : 29 juin) par le Bureau de l'Assemblée nationale alors que les équipes du ministère des Finances étaient déjà sur place pour accompagner le ministre qui devait faire face comme tous les ans, avant la fin du mois de juin, aux questions de députés. Mais quelques heures plus tôt, une déclaration du Premier ministre avait mis le feu aux poudres en défiant l’institution

La Déclaration de politique générale, prévue par l'article 55 de la Constitution, permet au Premier ministre de présenter son programme de gouvernement lors d'une plénière à l'Assemblée nationale. Les députés peuvent à cette occasion déposer une motion de censure contre le gouvernement.

Le bureau de l’Assemblée nationale sénégalaise (parlement) a annoncé avoir annulé le débat d’orientations budgétaire initialement prévu pour se tenir samedi 29 juin en présence du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba, manifestant ouvertement son désaccord avec le Premier ministre, Ousmane Sonko, sur la présentation de la Déclaration de politique générale (DPG) devant les députés

Le président sortant a déjà mis en branle une machine bien huilée, en choisissant son directoire de campagne au sein même du parti au pouvoir, El Insaf dont des figures de proue sont aux commandes : Sid’Ahmed Ould Mohamed, actuel ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, coopté par le président Ghazouani comme directeur national de sa campagne, et Sidi Mohamed Ould Maham, directeur général du Port autonome de Nouakchott (PANPA), ancien ministre et ancien président du parti au pouvoir, désigné directeur de campagne adjoint.

En Mauritanie, les partisans des sept candidats à la présidentielle du 29 juin 2024 n’ont pas attendu l’ouverture de la campagne électroale, prévue le 14 juin prochain, pour aller à la rencontre des électeurs qui décideront de qui présidera aux destinées des Mauritaniens à partir d’août prochain, date retenue traditionnellement pour l’investiture du président élu

«En application des conclusions du Dialogue national inclusif, l’organisation des élections sera désormais assurée par le ministère de l’Intérieur ; En tout état de cause, le processus sera entouré de toutes les garanties de transparence, de liberté et de participation», a déclaré le porte-parole du CTRI, le Colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Alors que plusieurs partis d’opposition sous le régime Bongo et des associations militaient pour la mise en place d’une instance indépendante, le «Dialogue National Inclusif» a décidé de confier l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur. Celui-ci redevient ainsi «G.O» (ndlr : Gentil Organisateur) des rendez-vous électoraux.

Le général Mahamat Idriss Déby Itno, président de la Transition, a obtenu 61,03% des suffrages, selon les résultats officiels provisoires qui restent toutefois à valider par le Conseil constitutionnel. Son Premier ministre et ancien opposant, Succès Masra, est crédité de 18,53% des voix. Peu après l'annonce de résultats, des militaires tiraient en l'air à l'arme automatique dans la capitale, de joie et manifestement pour dissuader les gens de se rassembler, rapporte l’'AFP.

C’était la grande surprise jeudi soir à N’Djamena. Alors que les résultats de l’élection présidentielle étaient attendus dans 12 jours au plus tard, le président de l'Agence nationale de gestion des élections (ANGE), Ahmed Barticheret, a surpris les observateurs en annonçant la victoire de Mahamat Idriss Déby dès le premier tour lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères.

Pour beaucoup d’observateurs, l’élection présidentielle du 29 juin prochain n’a pas d’enjeu véritable, à part,  peut-être, celui de savoir si le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani passera au premier tour, comme en 2019, (52%) ou s’il sera forcé à défendre son fauteuil après un second round où l’opposition devra s’unir pour montrer qu’elle existe malgré la débâcle de juin 2023 lors d’élections municipales, législatives et régionales gagnées haut la main par un parti au pouvoir au meilleur de sa forme et bénéficiant du déclin de l’opposition traditionnelle représentée par l’APP (Alliance populaire progressiste), du RFD (Rassemblement des forces démocratiques), de l’AJD/MR (Alliance pour la justice et la démocratie, mouvement de la rénovation) et l’UFP (Union des forces de progrès).

Les Mauritaniens repartent aux urnes, le 29 juin prochain, pour se choisir un président de la République. Face au président sortant, unique candidat de la majorité présidentielle forte d’une quinzaine de partis politiques, l’opposition, elle, part en rangs dispersés. A ce jour, ils sont six candidats déclarés pour tenter d’être président à la place du président, avec des cartes et opportunités diverses, mais ils doivent d’abord franchir l’obstacle des parrainages dont décide, en dernier recours, le parti au pouvoir, El Insaf, et ses alliés de la majorité présidentielle