Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, principal rival du président, a été largement réélu dimanche soir. Son parti, le Parti républicain du peuple (CHP), est en tête à l’échelle nationale, une première en 35 ans. Cette victoire pourrait signer une nouvelle donne politique, après deux décennies d’ascension et de mainmise par le parti du président
Une victoire historique. L’opposition turque est parvenue dimanche à remporter un large succès à travers le pays, revendiquant Istanbul et Ankara, ses deux plus grandes villes, au soir d’élections municipales qui s’annoncent comme la pire débâcle du président Recep Tayyip Erdogan depuis son arrivée au pouvoir. Depuis le siège de son parti à Ankara et devant des partisans inhabituellement silencieux, le président turc a promis de « respecter la décision de la Nation ».
L’AKP du chef de l’État défait
Les résultats définitifs seront annoncés dans la journée de la lundi par la Haute commission électorale mais le dépouillement de près de 99 % des urnes à l’échelle nationale confirme que l’opposition turque a infligé au parti AKP (islamo-conservateur) du chef de l’État sa pire débâcle électorale en deux décennies.
Le maire sortant d’Ankara, l’opposant Mansur Yavas, a revendiqué dimanche soir sa victoire aux élections municipales dans la capitale turque devant une foule en liesse. « Les élections sont terminées, nous continuerons de servir Ankara et (ses) six millions d’habitants sans discrimination », a promis l’élu du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate).
Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul, semble confortablement réélu à la tête de la plus grande ville de Turquie, la capitale économique et culturelle du pays, qu’il avait conquise en 2019. Sur 92,92 % des urnes dépouillées, il a obtenu 50,92 % de soutien, contre 40,05 % pour le challenger de l’AKP, Murat Kurum, ancien ministre du gouvernement national d’Erdogan, soit dix points d’écart. Les sondages prévoyaient au contraire une lutte serrée.
Ses partisans ont convergé vers le siège de la municipalité, assailli par une foule hilare noyée sous une déferlante de drapeaux rouges turcs. L’édile est présenté comme le principal opposant du président Recep Tayyip Erdogan en Turquie, et sa réélection à la tête de la mégapole le lance d’ores et déjà dans la course à l’élection présidentielle de 2028.
L’implication d’Erdogan dans la bataille n’a pas suffi
Face à la crise économique qui frappe les ménages, l’opposition était donnée favorite par les instituts de sondage dans ces deux villes. Mais le CHP remporte également 17 municipalités clés, dont les grandes villes de Bursa et Balikesir, dans le nord-ouest industrialisé et réalise une percée spectaculaire en Anatolie.
Le président Recep Tayyip Erdogan, réélu l’an dernier pour un troisième mandat de cinq ans, avait pourtant jeté tout son poids dans la campagne, en particulier à Istanbul, sa ville natale, dont il a été le maire dans les années 1990 et qui avait basculé dans l’opposition en 2019. Il a concédé un « tournant » pour son camp. « Malheureusement nous n’avons pas obtenu les résultats que nous souhaitions », a déclaré le chef de l’État, qui s’exprimait au siège de son parti, l’AKP, à Ankara. « Nous ne manquerons pas de respect à la décision de notre Nation, nous éviterons de nous entêter, d’agir contre la volonté nationale et de remettre en question le pouvoir de la Nation », a-t-il aussi indiqué, reconnaissant que son alliance avait « perdu de l’altitude ». « Si nous avons commis une erreur, nous la réparerons » dans les années à venir, a-t-il déclaré. « S’il nous manque quelque chose, nous le terminerons. »
« Les électeurs ont choisi de changer le visage de la Turquie » après 22 ans de domination du parti islamo-conservateur AKP, a estimé dimanche le chef du CHP, Ozgur Ozel. « Ils ont voulu ouvrir la porte à un nouveau climat politique dans notre pays », a ajouté.
Les candidats de l’AKP faisaient en revanche la course en tête dans plusieurs grandes villes d’Anatolie (Konya, Kayseri, Erzurum) et de la mer Noire (Rize, Trabzon), bastions du président Erdogan, tandis que le parti pro-kurde DEM possède une confortable avance dans plusieurs grandes villes du sud-est à majorité kurde, dont Diyarbakir, la capitale informelle des Kurdes de Turquie où se sont déroulés des affrontements dimanche, entre groupes armés de fusils, de bâtons et de pierres. Lors des précédentes élections municipales, l’État avait remplacé tous les maires pro-kurdes par des « administrateurs » nommés, en raison de liens présumés des édiles avec des militants du PKK, parti honni en Turquie.
Le soutien populaire croissant au parti islamiste Nouveau Bien-être, qui a adopté une position encore plus dure qu’Erdogan contre Israël sur le conflit de Gaza, s’est aussi confirmé avec leur victoire à Sanliurfa, dans le sud-est.
Av





Turquie (Türkiye)




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