Pour faire fuir les investisseurs, on ne peut pas trouver meilleure idée. Une loi qui vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale au Mozambique impose une participation gratuite du Trésor de 15 % dans tous les projets miniers. Ce montage qui ressemble à un racket, risque d’effrayer les investisseurs et de porter un coup dur à l’attractivité du secteur, s’alarme la Chambre des Mines du pays. son vice-président, Geert Kolk, a mis en garde les autorités en marge d’une Conférence minière chez le voisin zimbabwéen.
Promulguée début juin, par le président Daniel Chapo, cette législation est présentée par ses initiateurs comme «un levier destiné à renforcer la gestion des ressources stratégiques dans l’intérêt national.» Elle s’accompagne également d’une interdiction d’exporter des produits miniers bruts ou semi-transformés, sauf dérogation exceptionnelle conditionnée à la présentation d’un plan de transformation locale.
Si la profession à travers la Chambre des Mines soutient la stratégie de la transformation locale, elle fustige la prise de participation gratuite de l’Etat dans les projets miniers car elle risque de balayer tous les efforts pour faire venir les investisseurs étrangers dans le secteur. «Une participation gratuite minimale de 15 % de l’Etat dans le capital de sociétés minières va rendre le Mozambique moins attractif pour les capitaux étrangers», tempêtent les responsables de la Chambre.
Comme beaucoup de pays du continent s’y sont engagés, la volonté de garder une partie de la valeur ajoutée localement est légitime, mais le mode opératoire choisi par Maputo risque de causer des dégâts. Les révisions de politiques minières sont en effet perçues par les compagnies comme des sources d’imprévisibilité, générant une incertitude qui peut peser sur leurs décisions d’investissement et leurs opérations.
Dans le cas mozambicain, la suite du dossier dépendra largement de la clarification du champ d’application de la nouvelle loi, dont le texte ne précise pas si elle s’applique aux mines existantes. Si ce principe de non-rétroactivité de la loi est balayé, nul ne peut imaginer les conséquences. Le Mozambique est le troisième producteur mondial de graphite derrière la Chine et Madagascar. Il produit aussi de l’or, du charbon et du rubis, auxquels il faut ajouter plusieurs projets de terres rares en cours de développement.











