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Parkings souterrains : Somagec fait monter Tanger en gamme

  • La pression du stationnement au centre-ville et dans quelques artères périphériques, commerciales notamment, se faisait de plus en plus sentir dans la capitale du Détroit ;
  • Avec l’augmentation de la population de Tanger intramuros, sans compter la multiplication des parkings sauvages qui ne correspondent pas à la nouvelle image de destination de tourisme d’affaires, ni de celle déjà installée de tourisme balnéaire, le besoin devenait urgent de se doter d’une  nouvelle politique de gestion des parkings ;
  • Après plusieurs appels d’offres infructueux, le Groupe Somagec, entreprise citoyenne, qui avait soumissionné à l’appel d’offres lancé en 2014 dans le cadre d’un partenariat public privé entre la Commune de Tanger, avec comme ordonnateur la Wilaya, a déjà construit 14 parkings souterrains, sur 16, de nouvelle génération dont l’exploitation est assurée par sa filiale Somagec Parkings. Les deux parkings restants en cours de construction, seront achevés au plus tard le premier trimestre 2020.

 

Un des parkings SOMAGEC des 16 réalisés

En cette période estivale, les deux millions de Marocains résidant à l’étranger (MRE) sur les trois millions attendus cette année entre juin et fin août, dont l’essentiel transite par le port Tanger Med, se sont encore passé le mot pour investir les parkings souterrains mis en place à Tanger par la société Somagec parkings. En effet, depuis l’été dernier, d’autres parkings souterrains sont venus s’ajouter à ceux qui existaient. Une aubaine pour ces MRE, vu la galère qu’ils subissaient avant de trouver une place où garer leur véhicule dans une ville complètement engorgée durant la saison estivale.    

14 parkings souterrains de nouvelle génération

Dans la capitale du Détroit, la filiale du Groupe Somagec a déjà construit 14 parkings souterrains sur 16 dont elle assure également l’exploitation. Les deux parkings restants, à savoir celui du Quartier administratif et de la place 9 avril sont en cours de construction et seront achevés au plus tard le premier trimestre 2020.

Roger Sahyoun, Président SOMAGEC Group

Roger Sahyoun, Président SOMAGEC Group

C’est en 2014 que le projet de parkings avait été initié par la Mairie de Tanger. Après plusieurs appels d’offres infructueux, le Groupe Somagec qui a soumissionné à l’appel d’offres lancé cette année-là dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP) entre la Commune de Tanger, avec comme ordonnateur la Wilaya. L’objectif était de doter la ville de Tanger de parkings en sous-sol pour faire face à la problématique du stationnement au centre-ville. Il faut dire que la pression du stationnement au centre-ville et dans quelques artères périphériques, commerciales notamment, se faisait de plus en plus sentir dans la capitale du Détroit. Or avec l’augmentation de la population de la ville, le besoin devenait urgent de se doter d’une  nouvelle politique de gestion en ce sens, permise par les nouveaux parkings souterrains.

Une vision Royale traduite par le Programme Tanger Métropole

Il faut dire que ce projet de parkings souterrains entre dans le cadre global de remise à niveau de la ville, baptisé “Tanger-Métropole”, lancé en 2013. Depuis, de nouveaux équipements, de larges avenues et des espaces verts démarquent avec l’aspect délabré que la ville de Tanger présentait en début de décennie. Tanger-Métropole se veut un programme intégré et global avec diverses composantes.

Mehdi Bouhriz, Directeur général de Somagec Parkings.

Mehdi Bouhriz, Directeur général de Somagec Parkings.

La cité avec son étiquette internationale avait vraiment besoin de cet ambitieux programme. Jusque-là, en effet, elle souffrait d’une très nette inadaptation entre sa taille et ses équipements dont certains anachronismes comme une gare routière enclavée au centre-ville, une circulation chaotique et la corniche, principal attrait d’une ville balnéaire livrée à elle-même. Tanger-Métropole a apporté une réponse novatrice. Il constitue un modèle de développement urbain inédit au Maroc, selon ses promoteurs, qui a aidé à remettre la capitale du Détroit sur la course face à ses rivales de la rive sud de la Méditerranée.

L’objectif est simple : doter la ville des infrastructures nécessaires pour capitaliser sur la dynamique enclenchée avec le Port Tanger Med, l’écosystème industriel porté par le secteur automobile et les grands projets d’infrastructure comme le développement du Port de Tanger-ville ou la ligne de TGV inaugurée le 16 novembre 2018 par le Roi Mohammed VI et le Président français Emmanuel Macron. Autrement dit, Tanger-Métropole est un véritable programme de développement multisectoriel qui s’intéresse à différents volets tels le sport, la culture, l’environnement, l’industrie, les commerces, la voirie, la santé, l’éducation, les infrastructures de proximité avec leurs lots de nouveautés : les parkings souterrains. C’est dans ce contexte global que Somagec Parkings s’est vu ainsi attribuer le contrat de la gestion déléguée de ce service en 2015 sur une période de 30 ans. Il faut dire que Tanger pouvait compter sur la Somagec, société citoyenne, déjà présente dans la ville sur d’autres projets structurants, et qui est toujours poussée par une vision stratégique d’être le pionnier dans les nouveaux secteurs qui se présentent tant au niveau national que continental. “Au moment de l’appel d’offres lancé en 2014, Somagec a voulu faire partie de ce défi lancé par les autorités de la ville de Tanger et s’inscrivant dans une vision Royale traduite par le Programme Tanger-Métropole. Les parkings, infrastructure cruciale pour la décongestion des boulevards et artères du centre-ville et la fluidification de la circulation, représentaient pour Somagec une opportunité de contribuer au développement de la ville en particulier et au secteur d’infrastructures de stationnement en général tout en se positionnant comme entreprise citoyenne acceptant les défis les plus aventurés », explique Mehdi Bouhriz, Directeur général de Somagec Parkings.  

Les premiers fruits sont là !

C’est ainsi que le partenariat public privé signé entre Somagec Parkings et la Commune de Tanger, avec comme ordonnateur la Wilaya, a porté sur la construction et l’exploitation de ce service ainsi que l’installation de zones de parking réglementées et d’horodateurs dans les environs des nouvelles installations pour encourager leur utilisation.  L’investissement alloué en cash-flow par le Groupe Somagec est de 600 millions de dirhams (quelque 57 millions d’euros) pour la construction des 2200 places de stationnement réparties sur plusieurs parkings souterrains à la corniche et au centre-ville dont 420 millions de dirhams en fonds propres et un retour sur investissement sur 30 ans. Résultat des courses : ces équipements ont permis aujourd’hui de fluidifier la circulation sur la corniche et au centre-ville de Tanger en évitant les fastidieuses recherches de places de parking, aux Tangérois et estivants qui gardent en mémoire les infinis embouteillages des saisons passées.

Vue du plan de la Corniche de Tanger

Vue du plan de la Corniche de Tanger

Le système de parkings souterrains a tout simplement permis de maintenir et de contenir la pression du stationnement au centre-ville et dans quelques artères périphériques, surtout commerciales. Le Groupe Somagec a en effet apporté la solution au sempiternel gros problème de stationnement, de circulation et de roulage qui étouffait les artères de la cité, notamment au centre-ville et le long des artères stratégiques comme l’avenue Mohammed VI qui longe le bord de mer depuis la sortie du Port de Tanger ville jusqu’à Ghandouri en passant par le quartier huppé de Malabata avec ses centres commerciaux, sa série d’hôtels de standing et la gare TGV

La nouvelle corniche a été, par exemple, entièrement aménagée par Somagec. Hormis les 1400 places de stationnement créées en souterrain, un travail de titan a été fait en démolissant les anciens balnéaires et restaurants qui bloquaient la vue sur mer le long de la Corniche. Ces mêmes balnéaires ont été construits le long de la corniche basse donnant ainsi le droit aux Tangérois de retrouver leur vue sur mer tant caractéristique de la capitale du Détroit.  Cerise sur le gâteau : les tarifs appliqués par Somagec Parkings sont de loin les moins chers au Maroc en comparaison aux tarifs de stationnement en ouvrage oscillant entre 5 et 7 DH par heure. Outre les autres types d’abonnements pour résidents, ou autres, proposés, les parkings de la filiale de Somagec sont, en outre, dotés d’un service pratique de lavage sans compter d’autres fonctionnalités comme des places réservées aux personnes à mobilité réduite. Ces parkings qui offrent aussi des prestations supplémentaires répondant aux meilleures exigences en matière de respect de l’environnement comme des bornes de recharge pour véhicules électriques, par exemple, sont également équipés d’un système de sécurité garanti par une surveillance 24h/24 et 7j/7 par des caméras CCTV et par un personnel qualifié mobilisé jour et nuit.

Somagec Parkings gère également les périmètres mitoyens des parkings (périmètre de protection des parkings souterrains d’un rayon de 150 mètres) qu’il a construits, dont les ruelles, les horodateurs, le traçage des sols, l’entretien des lieux…  Aujourd’hui, les visiteurs découvrent et apprécient les nouveaux atours de la corniche, où le parking a permis de dégager la vue sur la mer, réconciliant par ricochet Tanger, ville balnéaire avec sa côte et la mer, par exemple. “La valeur ajoutée des parkings, en plus de la décongestion du centre-ville et la fluidification de la circulation, est la remise à niveau des places publiques les plus emblématiques de Tanger par la Somagec“, souligne Mehdi Bouhriz.

Ce n’est pas un hasard si des négociations sont en cours pour l’aménagement de parkings superficiels afin d’augmenter la capacité de stationnement dans la ville, mais aussi de transformer quelques parkings en équipements communaux dont les plus nécessaires sont les fourrières de proximité.

Actuellement, d’autres villes marocaines sont séduites déjà par le PPP entre Tanger et Somagec. Et tout indique que ce Groupe marocain de génie civil qui a fait ses preuves dans un secteur relativement vierge au Maroc ne peut se limiter à l’expérience tangéroise.

Absence de cadre juridique clair

Pour autant, le Groupe Somagec ne semble pas pour l’instant très emballé à dupliquer son modèle dans les autres villes marocaines à cause de l’absence d’un cadre juridique adapté. “Aucun effort ne sera déployé dans ce sens sans un nouveau cadre juridique officialisant les moyens nécessaires pour assurer le paiement du stationnement en surface (modes de verbalisation : sabots, dépannage des véhicules, contraventions ou autre)“, confie avec amertume le Directeur général de Somagec Parkings.  

Pourquoi payer le stationnement

Une grande confusion existe au Maroc et ailleurs en Afrique par rapport aux raisons ayant poussé les autorités locales et les élus à parier sur le stationnement-payant par le biais de tickets horodateurs. Cette situation rappelle celle vécue dans les grandes métropoles européennes à la fin des années 80 et début 90 quand les communes ont adopté et imposé les horodateurs dans les grandes rues et boulevards. La confusion réside dans le fait que les usagers voient dans les horodateurs une dépense supplémentaire et non nécessaire, la réalité est que le stationnement-payant demeure la seule solution pour la décongestion des zones sollicitées par le trafic de véhicules. Ce qui permet par conséquent la fluidification de la circulation dans ces mêmes endroits. En d’autres termes, le paiement du stationnement est la seule garantie aux usagers de la rotation des places de stationnement et l’unique méthode contre les places ventouses, une pratique qui a pignon sur rue dans les zones à forte densité résidentielle et commerciale.

Au Maroc, en effet, il n’y a pas de cadre juridique clair concernant le stationnement payant en surface : il existe aujourd’hui une contradiction dangereuse entre les institutions même de l’État sur la question. D’une part, les textes applicables en matière de règlementation du stationnement payant ont réalisé une grande avancée en 2015 avec l’adoption de la nouvelle loi organique des communes N°113-114. Ce texte de loi a permis de formaliser les zones de stationnement payant communément connues comme “Zones bleues” ou “Zones horodateurs”. Sur la base de cette réglementation plusieurs grandes villes du Royaume et opérateurs du secteur ont opté pour un modèle PPP pour la construction de parkings souterrains et la gestion et exploitation de zones horodateurs. Malheureusement, ce modèle tant nécessaire qu’incontournable s’est vu heurter systématiquement contre les jugements de différents tribunaux administratifs estimant que les mesures prises contre les usagers en infraction, à savoir le sabot, sont non-règlementaires vis-à-vis du droit de libre circulation garanti par la Constitution de 2011.

Une situation qui n’est pas sans mener les autorités compétentes et les opérateurs de stationnement à se trouver devant une problématique juridique (pose de sabot) qui éclipse tous les efforts ayant été réalisés en terme de constructions de parkings souterrains ultramodernes, volonté d’organisation de la circulation et de garantir le droit de rotation des places, et les mesures prises pour l’éradication de la rente que connait le secteur de gardiennage illicite dans les grandes villes marocaines. Aujourd’hui, la plupart des opérateurs dont le tout nouveau Somagec Parkings, se trouvent dans un contexte financier d’extrême difficulté et une baisse de recettes de stationnement menaçant sérieusement leur équilibre financier. Idem pour Rabat parking, opérateur de stationnement dans la capitale du Royaume qui s’est vu interdire par les tribunaux compétents la pose du sabot contre les usagers en infraction.

C’est à se demander si en l’absence d’une alternative au sabot, comment compter sur l’investissement privé pour résoudre les problèmes de stationnement dans les grandes villes marocaines, un casse tête pour les mairies ? Certains observateurs sont déjà très sceptiques sur le sort qui sera réservé à l’appel d’offres qui aura bientôt lieu à Casablanca, la plus grande métropole marocaine, qui souffre énormément des problèmes de stationnement.

Tanger Vs Casablanca

Aujourd’hui, la saturation de la capacité à Casablanca, qui est en moyenne à hauteur de 85%, peut même atteindre le seuil de 125% au centre-ville. Ce  qui a pour conséquence d’allonger excessivement le temps de recherche d’une place libre, qui était déjà en 2015 en moyenne de 15 minutes. Résultat : les Casablancais n’en peuvent plus des gardiens de voitures et le font savoir.

Récemment, sur la page “Save Casablanca”, les habitants de la capitale économique du Royaume ont exprimé leur colère suite au nombre croissant de ces individus, dont la plupart se font passer pour des gardiens en portant des gilets jaunes, et appelé les autorités à intervenir pour mettre fin à ces abus. Plusieurs Casablancais ont indiqué, sur ladite page, qu’ils sont obligés de payer ces gardiens pour éviter de violents accrochages, précisant que ces derniers exigent d’être payés directement après le stationnement. Les habitants de la métropole ont ainsi lancé une campagne sur les réseaux sociaux, appelant à boycotter ces gardiens qui ne disposent même pas d’autorisation d’exploitation. Si ces gardiens exigent un minimum de 5 DH dans les quartiers populaires, ceux qui envahissent les lieux touristiques, le centre-ville et les grandes artères, exigent pas moins de 10 DH. L’inertie des autorités locales a été pointée du doigt. Commerçants, industriels, particuliers…réclament des solutions. En tout cas, la face lift de la Corniche de Tanger ne sera appréciée comme il se doit que quand la nouvelle Corniche de Casablanca montrera ses limites. En effet, un budget important a été alloué au réaménagement de ce haut lieu tant prisé des Casablancais sans pour autant avoir pensé aux parkings souterrains. Vu l’explosion démographique continue de la ville de la grande métropole économique, la circulation le long de la Corniche ne tardera pas à se montrer insupportable tandis qu’à Tanger deux saisons d’été ont été gérées avec un grand succès au niveau de la fluidification de la circulation grâce aux parkings réalisés. Pourquoi ne pas déployer alors le modèle tangérois à Casablanca ?

Ce qui différencie les programmes de parkings construits à Tanger à ceux réalisés ailleurs au Maroc est de loin le montage financier. A Casablanca, Rabat, Marrakech, entre autres, les éventuels investisseurs sont démoralisés, les fonds de l’Etat ont été sollicités à travers différentes institutions publiques tandis qu’à Tanger, le financement est à 100% privé comme l’a assuré Somagec. Toutefois, ce modèle qui s’avère être une aubaine pour la Commune urbaine de Tanger, est un risque pour le délégataire, et a montré ses limites vis-à-vis des institutions bancaires vu l’absence de garantie à émettre en contrepartie de crédits bancaires.

 

Somagec

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