Peut-on être chercheur dans un domaine de pointe, la biotechnologie, résidant et travaillant dans un pays d’Afrique, le Maroc, et damer le pion aux grandes firmes internationales ? La réponse est manifestement oui pour le lauréat du Prix de l’Innovation pour l’Afrique, Adnane Remmal. Le 13 mai dernier, ce professeur de l’université de Fès a vu 30 années de persévérance récompensées.
Parmi 925 candidats cette année, le jury du prix de l’innovation pour l’Afrique a porté son choix sur Remmal et son équipe d’enseignants-chercheurs et d’étudiants. Son sésame : une solution alternative aux antibiotiques pour améliorer la productivité des élevages tout en respectant la santé du consommateur.
L’innovation primée s’apprécie à deux niveaux. Le premier est une bonne nouvelle pour les éleveurs. Ils peuvent mieux croire à la santé de leurs bêtes en leur administrant de la médecine douce. En effet, Remmal a mis au point une technique permettant de fixer dans l’argile les secrétions naturelles produites par les plantes pour se prémunir contre les infections. Lors de l’administration, l’argile se dissout et libère les éléments actifs. La technique a le mérite de préserver la productivité des élevages tout en mettant leurs propriétaires en conformité avec les législations interdisant ou limitant le recours aux antibiotiques.
Le deuxième avantage est une conséquence du premier mais profite à tout le monde. En fait, dans le cycle classique de l’élevage, les bêtes sont gavées d’antibiotiques et ces derniers finissent inéluctablement dans les assiettes. Le consommateur développe, alors, sans le vouloir une résistance aux médicaments qui peut se révéler dangereuse dans de nombreux cas. L’innovation primée de Remmal a donc vocation de santé publique. « Une femme enceinte ou avec son nourrisson courent d’énormes risques à développer une résistance aux antibiotiques car les bactéries, sources d’infections, participent à l’équilibre biologique du corps humain », schématise Remmal qui a encaissé un chèque de 100 000 dollars, ainsi que la garantie de faire connaître ses travaux à l’international.
Le deuxième prix de l’Innovation pour l’Afrique a été remporté par Alex Mwaura Murui du Kenya, pour son projet « Farm Capital Africa », une alternative aux prêts classiques pour financer la plantation et la récolte pour les agriculteurs.


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Maroc
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