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Qu’est-ce qui fait courir l’Emir du Qatar sous le chaud soleil du Sahel

Du 21 au 23 décembre 2017, l’Emir du Qatar s’est rendu dans cinq pays francophone d’Afrique de l’Ouest en plus du Ghana. Cette tournée au pas de course intervient moins de dix jours après l’annonce par Riyad d’un soutien de 100 millions de dollars à la force du G5 Sahel. La rivalité des Al Saoud et de leurs voisins est l’une des principales motivations de ce déplacement.

Emir du Qatar et le président guinéen

L’Emir du Qatar et le président guinéen

Dans la deuxième moitié de décembre, Ahmed Ben Khalifa Al Thani, l’émir du Qatar a mené une tournée à pas de charge dans six pays d’Afrique de l’Ouest. Ayant débuté sa tournée à Dakar, il s’est ensuite rendu à Bamako, Conakry et Ouagadougou, avant d’aller sur Abidjan et Accra. En trois jours, l’émir qatari a donc fait le tour de ses “amis” ouest-africains, signant avec eux plusieurs accords de coopération. Par exemple, au Sénégal, l’accent est mis sur le sport si cher au Qatar qui est l’un des principaux partenaires du football africain et mondial à travers les juteux droits de télé qui sont versés à la FIFA et à la CAF via la chaîne Bein Sport. En Guinée, sept accords ont été signés dans les domaines des investissements, de la culture, des sports et des transports. Les deux pays ont aussi signé  un  protocole d’accord de coopération dans le domaine de la jeunesse et  un mémorandum d’entente dans le domaine de la sécurité alimentaire.

Au Mali, il a également procédé à la signature d’une convention dans le domaine de l’éducation portant sur 40 millions de dollars pour le cofinancement avec la BID du projet “Remettre les enfants à l’Ecole”. Chez Alassane Ouattara, c’est surtout dans le domaine de l’énergie que le partenariat s’est intensifié. Le Qatar voulant surenchérir dans l’énergie, l’émir a profité de son étape ivoirienne, le 23 décembre, pour relancer le projet d’approvisionnement du pays en gaz naturel liquéfié (GNL), dont le Qatar est l’un des premiers producteurs au monde. Un premier MoU avait été signé à Doha, en mai 2013, par le ministre ivoirien du pétrole de l’époque, Adama Toungara, avec Qatargas et Qatar Petroleum. Ces compagnies s’étaient engagées à investir plus d’1 milliard US dans plusieurs projets dont la fourniture de GNL pour les centrales thermiques du pays. En réalité, les pays africains à la recherche de partenaires capables de les accompagner dans leur développement sont conscients de l’intérêt de la coopération avec le Qatar. Cependant, pour le petit, mais richissime Etat du Golfe, il s’agit surtout de tisser des relations solides après sa marginalisation par ses voisins, notamment l’Arabie Saoudite, Bahreïn et les Emirats arabes unis. Au moment de la crise, plusieurs pays africains ont montré un certain soutien à l’Arabie saoudite. C’est parce que le Royaume des Al Saoud s’investit davantage que tous les autres pays du Golfe dans l’accompagnement des pays africains. L’Arabie saoudite possède des ambassades presque dans tous les pays, alors que le Qatar est absent en termes de représentation diplomatique.

Mais ce qui a surtout décidé l’émir du Qatar à se rendre dans les six pays ouest-africains, c’est surtout l’enveloppe de 100 millions de dollars que l’Arabie Saoudite a promise à la force du G5 Sahel, lors du mini-sommet des donateurs à Paris. De plus, Riyad a annoncé l’organisation d’un autre sommet dès janvier 2018 destiné à collecter les 100 autres millions de dollars qui manquent dans les 430 millions d’euros nécessaires au fonctionnement de la force. Dans la foulée, l’Arabie Saoudite a promis d’être plus active avec les pays du Sahel dans la lutte contre le terrorisme. Tout ceci marginalise un peu plus le Qatar qui se voit obligé d’agir.

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