L’information rapportée par Reuters a fait l’effet d’une bombe. La Minerals Commission of Ghana(Commission des minéraux du Ghana) a enjoint aux firmes Newmont, AngloGold Ashanti ainsi qu’au groupe chinois Zijin, de transférer leurs activités aux entrepreneurs locaux d’ici décembre 2026 sous peine de sanctions qui peuvent aller jusqu’au retrait de la concession. En effet, depuis l’an dernier, de nombreuses firmes avaient externalisé leurs opérations minières avant que la réglementation ne les oblige à passer à l’exploitation sous contrat.
Dorénavant, l’exploitation minière à ciel ouvert est réservée aux entreprises entièrement ghanéennes tandis que l’exploitation souterraine peut être réalisée par des firmes dont au moins 50 % du capital est détenu par des nationaux. Hormis Newmont, Zijin et AngloGold Ashanti sur la petite mine d’or d’Iduapriem, presque tous les grands exploitants miniers du pays sont déjà passés à l’exploitation sous contrat, ont confirmé les autorités à Reuters. Les trois entreprises qui ont été sommées de se conformer aux nouvelles règles, ont sollicité un délai supplémentaire sans se faire trop d’illusion.
Le management de la filiale ghanéenne du Chinois Zijin assure qu’elle collabore avec la Commission des minéraux depuis novembre 2025 afin de se conformer aux règles relatives au contenu local, notamment en préparant des appels d’offres et des cadres techniques pour une transition vers l’exploitation minière sous contrat, tout en déployant de nouvelles technologies. De son côté, la direction d’AngloGold Ashanti a déclaré qu’elle exploitait déjà une mine sous contrat à Iduapriem par le biais d’une joint-venture à parts égales et qu’elle avait entamé le processus de transfert complet vers un entrepreneur local d’ici la fin de cette année.
Newmont, qui exploite les mines d’or d’Ahafo Nord et Sud, avait demandé à se conformer pleinement à la réglementation d’ici 2027, invoquant des exigences réglementaires et de gouvernance qu’elle doit satisfaire en tant que société cotée en bourse. Mais les autorités ont rejeté cette demande, notant que d’autres sociétés cotées, dont Gold Fields, s’était déjà conformée.
Selon des sources officielles, les nouvelles règles visent à renforcer les capacités de sociétés de services miniers ghanéennes et à conserver davantage de valeur dans le pays, citant l’émergence d’entreprises ghanéennes telles que Rocksure et Engineers & Planners . «Les entreprises locales ont la capacité de monter sur la chaîne de valeur dans le secteur minier et nous les accompagnerons dans ce processus», confie un responsable gouvernemental à Reuters.
Face à la hausse des cours mondiaux des minéraux et des métaux, les gouvernements africains ont durci la réglementation afin d’accroître leurs recettes. Le Mali an mis fin à un bras de fer de près de deux ans avec le groupe canadien Barrick en novembre dernier au sujet des clés de répartition des revenus.





Ghana



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