Dakar a obtenu près de 1 000 milliards de FCFA de promesses d’investissement pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici à 2029. Un montant largement supérieur aux besoins estimés pour raccorder les dernières localités, mais dont la concrétisation reste à sécuriser. En ligne de mire : réduire le fossé entre villes et campagnes.
Réunis le 6 octobre à Dakar autour du financement de l’électrification, les partenaires techniques et financiers ainsi que les entreprises privées ont annoncé environ 1,52 milliard d’euros d’engagements. Le secteur privé en concentre l’essentiel, avec 1,2 milliard d’euros, contre 276 millions pour les bailleurs. Reste à connaître l’identité des investisseurs, les instruments financiers retenus et le calendrier de mobilisation des fonds.
Plus de 6 000 localités encore dans l’obscurité
Sur les 25 725 localités recensées au Sénégal, 6 471 restent à électrifier, soit près d’1 million de personnes concernées. Si 12 683 localités sont déjà raccordées, 6 571 autres bénéficient de projets en cours. Pour les autorités, l’enjeu consiste donc à achever les chantiers engagés tout en finançant les zones encore délaissées.
La fracture territoriale demeure particulièrement marquée. En 2024, le taux national d’accès à l’électricité atteignait 86,2 %, mais plafonnait à 69,8 % en milieu rural. Pour les populations concernées, l’électrification représente autant un levier de développement économique qu’un moyen d’améliorer l’accès aux services essentiels.
Réseaux, mini-centrales et solaire domestique
Pour atteindre l’objectif fixé à 2029, Dakar mise sur plusieurs solutions complémentaires. L’extension des réseaux de moyenne et basse tension doit desservir 3 978 localités, tandis que des mini-centrales solaires photovoltaïques sont prévues dans 844 autres. Des systèmes solaires domestiques doivent compléter le dispositif dans 1 649 localités.
Cette stratégie s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, qui placent l’accès à une énergie fiable, durable et abordable parmi les priorités du pays. Elle prolonge également les programmes soutenus par les bailleurs internationaux, dont le projet de la Banque mondiale doté de 150 millions de dollars, annoncé en janvier 2025, pour développer les infrastructures électriques et améliorer l’accès des ménages, des écoles et des dispensaires.
Des promesses aux décaissements
Avec 1,52 milliard d’euros annoncés pour des besoins évalués à environ 610 millions, le Sénégal dispose, sur le papier, d’une marge financière importante. Mais ces montants ne constituent pas encore des financements effectivement mobilisés. Leur traduction en accords, puis en décaissements, sera déterminante pour lancer et achever les travaux dans les délais.
Pour le gouvernement, le défi est désormais de transformer cette mobilisation financière en raccordements effectifs. La coordination des investisseurs, le suivi des engagements et l’exécution des projets seront décisifs pour tenir l’échéance de 2029. Car, au-delà des annonces, c’est bien la capacité à apporter durablement l’électricité aux territoires ruraux qui mesurera le succès de cette ambition nationale.





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