Tous les articles qui parlent de CIO

« Le sport et la politique n'ont rien à voir l'un avec l'autre. » La FIFA, le CIO et le BIE répètent cette expression comme un credo ; Pourtant, elle est profondément trompeuse. Du travail fondamental de Pierre Bourdieu (voir « Choses dites », 1987, et sa « théorie du champ sportif »), qui considérait le sport comme un espace pour la lutte pour la définition légitime de la pratique athlétique, aux analyses de Norbert Elias sur le sport comme un « processus de civilisation » (dans « Sport et civilisation », en collaboration avec Eric Dunning, 1994), les sociologues ont constamment démontré que le sport n'est pas un enclos protégé. Au contraire, il amplifie les relations de pouvoir, les stratégies d'influence et les luttes pour la légitimité qui façonnent le monde plus large.

L'organisation de méga-événements sportifs s'est imposée comme un instrument privilégié de pouvoir doux, permettant aux États d'exercer leur influence par l'attraction et la persuasion plutôt que par la coercition. Les États y voient désormais bien plus qu'une simple vitrine ponctuelle : un levier stratégique pour façonner les perceptions internationales, construire la légitimité et projeter une influence durable. Les candidatures retenues ne sont plus jugées uniquement sur leur ambition ou leur capacité technique, mais aussi sur leur crédibilité, leur durabilité et leur alignement avec les stratégies de développement plus larges des pays candidats. Cette exigence a transformé la nature des dossiers de candidature, qui incluent désormais des objectifs de transformation sociale et économique. Le Maroc en est un parfait exemple. Pour le Royaume, la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal est bien plus qu'un simple événement sportif : c'est un « levier et moteur de développement » pour accélérer la transformation stratégique du pays et réaliser la vision royale d'un Maroc dynamique, inclusif et moderne.

L’incident s’est produit ce vendredi 6 février au soir, lors de la parade des athlètes américains lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Milan. Lorsque le vice-président JD Vance et son épouse Usha sont apparus à l’écran, drapeaux américains à la main, des sifflets sont montés des tribunes du stade San Siro, qui peut accueillir jusqu’à 75.000 spectateurs. Les huées ont toutefois été en grande partie couvertes par la musique diffusée à plein volume par les haut-parleurs.

Scène rare pour ne pas dire inédite. Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Milan, le vice-président américain JD Vance, qui représentait Donald Trump, a été hué par une partie du public lorsqu’il est apparu sur l’écran géant du stade San Siro. Un épisode révélateur des tensions autour de la présence américaine