L’organisation de méga-événements sportifs s’est imposée comme un instrument privilégié de pouvoir doux, permettant aux États d’exercer leur influence par l’attraction et la persuasion plutôt que par la coercition. Les États y voient désormais bien plus qu’une simple vitrine ponctuelle : un levier stratégique pour façonner les perceptions internationales, construire la légitimité et projeter une influence durable.
Les candidatures retenues ne sont plus jugées uniquement sur leur ambition ou leur capacité technique, mais aussi sur leur crédibilité, leur durabilité et leur alignement avec les stratégies de développement plus larges des pays candidats. Cette exigence a transformé la nature des dossiers de candidature, qui incluent désormais des objectifs de transformation sociale et économique.
Le Maroc en est un parfait exemple. Pour le Royaume, la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal est bien plus qu’un simple événement sportif : c’est un « levier et moteur de développement » pour accélérer la transformation stratégique du pays et réaliser la vision royale d’un Maroc dynamique, inclusif et moderne.

« Le sport et la politique n’ont rien à voir l’un avec l’autre. » La FIFA, le CIO et le BIE répètent cette expression comme un credo ; Pourtant, elle est profondément trompeuse. Du travail fondamental de Pierre Bourdieu (voir « Choses dites », 1987, et sa « théorie du champ sportif »), qui considérait le sport comme un espace pour la lutte pour la définition légitime de la pratique athlétique, aux analyses de Norbert Elias sur le sport comme un « processus de civilisation » (dans « Sport et civilisation », en collaboration avec Eric Dunning, 1994), les sociologues ont constamment démontré que le sport n’est pas un enclos protégé. Au contraire, il amplifie les relations de pouvoir, les stratégies d’influence et les luttes pour la légitimité qui façonnent le monde plus large.
Le but de cet essai est de décoder comment les pays remportent l’organisation de ces grands événements en allant au-delà de la loi écrite (loi dans les livres), les critères officiels – stades, budgets, garanties juridiques – mais les critères « effectifs » (le droit en pratique), ceux qui émergent des données, des témoignages et des archives. Pour ce faire, j’ai constitué une base de données puis j’ai passé en revue 28 pays (FIFA), 20 pays (CIO) et 22 pays (BIE), couvrant cinq décennies de candidatures (1974-2034). Nous avons construit des indicateurs originaux – le TFP (Proximité avec la FIFA), le NIC (Influence nationale) et le FBII (Influence diplomatique) – pour mesurer de l’extérieur ce qui se passe réellement en coulisses car nous ne pouvons pas mener des travaux d’enquête avec ces organisations.
Les résultats sont clairs : trois organisations, trois logiques distinctes, trois règles implicites. Et une conclusion qui s’applique à tous les événements : les fichiers techniques les plus soigneux perdent souvent. Les facteurs décisifs se trouvent ailleurs.
L’attribution des Coupes du Monde par la FIFA
Fondée en 1904, avec 211 fédérations membres, la FIFA est une association privée unique selon la législation suisse mais très active au niveau international ; l’une de ses particularités est que le président possède un pouvoir de signature exceptionnel.
En effet, tout pays espère sinon gagner la Coupe du monde de foot au moins d’en accueillir une de ses éditions en raison des impacts économiques, diplomatiques et symboliques en termes de soft power ; néanmoins, organiser ou gagner la coupe n’est pas une tâche facile. Pour organiser une Coupe du Monde, il faudrait au préalable remplir les prérequis, satisfaire les exigences d’un ensemble strict de spécifications contenues dans un cahier de charges, incluant un dossier technique évalué selon neuf critères, notamment les stades, les garanties financières, les garanties légales, sans oublier la célèbre règle de la rotation des continents entre les différentes fédérations continentales afin d’assurer l’universalité de la Coupe du Monde.
Néanmoins, le respect de ces règles techniques strictes est nécessaire mais pas suffisant. De nombreux observateurs et analystes, y compris la présente, identifient trois facteurs prépondérants : le premier, et de loin le plus important, est le pouvoir relationnel en termes de capacité et savoir-faire de lobbying et de réseautage avec la technostructure de la FIFA mesurée à travers un indicateur composite : le TFP (Proximité avec la FIFA), qui agrège les réunions et interactions entre le personnel de la FIFA et les hauts dignitaires du pays candidat, l’ancrage institutionnel (bureaux régionaux, sièges au Conseil), et capital symbolique (distinctions honorifiques, discours de louange, etc.). Le score PTF à lui seul explique 52 % des résultats des récompenses. Un pays avec un score PTF de 100 (les États-Unis) est statistiquement prévu pour accueillir des Coupes du Monde 2,0. Un pays avec un score de 0 (les Pays-Bas) pour 0,5. Ce facteur pèse 58 % dans notre modèle. La corrélation entre le TFP et le nombre de Championnats du Monde organisés est de 0,72 (p < 0,001). Aucune autre variable ne s’approche de ce niveau de prédiction.
Le second facteur est la retenue de communication, du moins pendant le processus de sélection, afin d’éviter toute ingérence de la presse qui pourrait compromettre les résultats finaux des votes et les chances de la candidature ; l’analyse suggère que les pays où la liberté de la presse est contrôlée (RSF élevé) sont plus aptes à abriter la coupe du monde. Le classement RSF 2026 parle de lui-même : le Qatar 173e, l’Arabie Saoudite 173e, la Russie 172e ont tous organisé ou organiseront des événements majeurs. Les pays disposant de médias trop libres (Norvège 1re, Pays-Bas 2e, Allemagne 10e, RU) ont accueilli peu ou pas de Coupes du monde, en proportion de leur influence nationale. La corrélation entre la RSF et le nombre de Championnats du Monde organisés est de 0,45 (p = 0,012). J. Blatter a prédit l’échec de la candidature britannique à accueillir la Coupe du monde avant le vote de 2018 : il a déclaré que les « mauvais médias britanniques » nuiraient à la candidature anglaise ; Il faut se rappeler que des journalistes britanniques ont enquêté, révélé des scandales et révélé des pots-de-vin. En retour, les électeurs sanctionnèrent l’Angleterre
Le troisième facteur est l’influence nationale (NIC), un indicateur composite qui agrège le pouvoir économique (PIB, commerce), le pouvoir diplomatique (ambassades, votes à l’ONU), le pouvoir militaire (dépenses, alliances) et le pouvoir culturel (soft power, tourisme). Il pèse 22 % dans notre modèle. La Chine (NCI = 88,5) n’a jamais accueilli de Coupe du Monde en raison d’un manque de PTF suffisant (6,8). Le Qatar (NCI = 32,0) s’est organisé avec un score de soutien élevé (46,8). L’influence nationale n’est donc pas une condition suffisante.
Il convient de mentionner que la FIFA a connu un changement de paradigme sous la direction du président Gianni Infantino et s’est rapprochée de plus en plus du modèle plus transparent du CIO, où la capacité organisationnelle, la tradition et la performance du football comptent de plus en plus, comme le montre l’attribution de la Coupe du Monde 2030 au Maroc (avec l’Espagne et le Portugal). qui a démontré sa capacité d’organisation et la compétitivité de son équipe nationale A, qui a atteint les demi-finales et les quarts de finale lors des deux dernières éditions, sans oublier les titres des autres catégories, y compris les U20 qui ont remporté la Coupe du Monde sous la direction éclairée de Sa Majesté le roi Mohammed VI.
Le CIO « Pas de transparence, pas de Jeux Olympiques »
Après avoir traversé une grave crise de légitimité suite au scandale de Salt Lake City en 2002, lorsque quatre membres ont été expulsés et dix sanctionnés, le Comité international olympique a mené une réforme majeure, notamment l’interdiction des membres du CIO de visiter les villes candidates – une pratique courante qui permettait le lobbying direct et l’échange de faveurs. L’Agenda 2020 (2014) puis la « Nouvelle Norme » (2018) ont approfondi les réformes : une réduction de 80 % des budgets des candidatures, l’imposition de l’utilisation de 93 % des lieux existants ou temporaires (Milano Cortina 2026), et l’allocation conjointe de deux éditions (Paris 2024 et Los Angeles 2028).
Notre analyse identifie trois facteurs majeurs pour accueillir les Jeux Olympiques du CIO : le premier en importance est la transparence, mesurée par l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, qui explique 28 % des variations de notre modèle ; les pays ayant un IPC élevé (démocraties scandinaves, Canada, Allemagne) sont favorisés ; les pays ayant un faible IPC sont pénalisés. La corrélation entre l’IPC et l’obtention des Jeux est de 0,48 (p = 0,015). Ce qui est remarquable, c’est que ce facteur est beaucoup moins important dans le modèle FIFA (ce qui n’est pas significatif) et dans le modèle BIE (seulement 8 %). Le CIO est donc l’organisation où la réputation éthique compte le plus.
Le second facteur est l’influence nationale (NCI), qui représente 25 % du modèle. Les grandes puissances (les États-Unis, la Chine, la France) restent surreprésentées parmi les hôtes, mais cet effet est atténué par la demande de transparence. La différence avec la FIFA est révélatrice : pour le CIO, l’influence nationale compte presque autant que la transparence (25 % contre 28 %) ; pour la FIFA, l’influence nationale ne pèse que 22 %, bien derrière le TFP (58 %).
Le troisième facteur est le succès sportif antérieur, mesuré par le nombre de médailles d’or lors des Jeux précédents. Il pèse 22 % dans ce modèle. C’est un signe de capacité organisationnelle et de tradition sportive. Les pays qui excellent dans l’organisation de compétitions sportives sont plus crédibles pour organiser les Jeux Olympiques. Performance environnementale (score des Jeux verts) pèse 15 %, expérience de réception précédente 10 %.
Cependant, il a été observé que, contrairement à la Coupe du monde de football, les pays ne se précipitent pas pour accueillir les Jeux Olympiques, le nombre de villes candidates est passé de 11 à 2 en vingt ans, obligeant le CIO à se réformer. Les causes de ce déclin sont multiples : coûts excessifs (Montréal 1976 n’a été remboursé qu’en 2006 ; Athènes en 2004 a laissé des stades abandonnés), l’opposition populaire (Boston, Budapest, Hambourg ont retiré leur candidature après des référendums défavorables), et la méfiance envers le processus de sélection. Le CIO a dû se réformer pour survivre. Mais le mal est fait : les villes ne veulent plus en payer le prix.
La règle implicite du CIO est : « Pas de transparence, pas de Jeux Olympiques. » (Pas de transparence, pas d’Olympies.)
Le BIE « Pas d’influence, pas d’Expo universelle »
Le Bureau International des Expositions est fondamentalement différent des deux autres organisations ; C’est une organisation intergouvernementale, fondée en 1928, qui compte 179 États membres, dont les délégués sont des diplomates, des représentants d’États membres, et non des personnes physiques cooptées. Contrairement à la FIFA et au CIO, qui sont des associations de droit privé, le BIE est une organisation relevant du droit international public. Ses délégués reçoivent des instructions de leurs capitales. Le lobbying se fait par les voies diplomatiques traditionnelles : ambassades, visites d’État, accords bilatéraux.
Notre analyse identifie trois facteurs prédominants parmi les pays hôtes de l’Exposition universelle : le premier en importance est l’influence nationale (NCI), qui représente 30 % dans notre modèle (le plus élevé des trois organisations pour ce facteur). Le BIE fonctionne comme un miroir de l’équilibre des pouvoirs entre les États. Un pays avec un NCI élevé (États-Unis, Chine, Allemagne) a statistiquement plus de chances d’obtenir l’organisation. La corrélation entre la NIC et l’obtention de l’Expo est de 0,52 (p = 0,008).
Le deuxième facteur est l’expérience d’intégration précédente, qui pèse 25 % dans le modèle. Les pays qui ont déjà organisé une Exposition universelle sont privilégiés, car ils disposent d’infrastructures et de savoir-faire éprouvés. Le Japon (Osaka 1970 et 2025), le Canada (Montréal 1967, Vancouver 1986) et l’Espagne (Séville 1992) bénéficient de cet avantage cumulé.
Le troisième facteur est la diplomatie lors du sommet, en particulier lors des visites du chef de l’État, qui pèse 22 % dans le modèle. La présence personnelle du chef de l’État lors des sessions de vote du BIE est un signe de crédibilité et d’engagement politique. Le prince héritier Mohammed ben Salmane s’est rendu à Paris en juin 2023 pour défendre la candidature de Riyad. Il a obtenu 119 voix au premier tour (72 %). Le président Yoon (Corée du Sud) et le président Meloni (Italie) ont également fait le déplacement, mais leur lobbying a été moins efficace. Il convient de rappeler en passant que Nelson Mandela aurait eu un poids relativement important lors des votes de la FIFA à Zurich, une sorte de récompense pour sa gestion de la cohabitation entre les Boers et les autochtones d’Afrique du Sud après l’apartheid.
Synthèse comparative : trois organisations, trois logiques, trois règles
Les résultats suggèrent que les grandes organisations responsables de la récompense des méga-événements internationaux ne semblent pas toutes suivre la même logique. Dans le cas de la FIFA, les candidatures gagnantes semblent davantage liées à des variables relationnelles, ce qui pourrait refléter l’importance des réseaux et des dynamiques politiques entourant les processus décisionnels, en gardant à l’esprit que le candidat doit répondre aux critères officiels de la FIFA, qui portent sur l’infrastructure, la gouvernance et la capacité organisationnelle.
Le CIO a un profil différent. Les candidatures retenues semblent davantage corrélées aux indicateurs de gouvernance, de transparence, de performance sportive et de durabilité. Cette configuration est globalement cohérente avec l’image d’une institution cherchant à renforcer sa crédibilité et à réduire les risques réputationnels liés à l’organisation des Jeux Olympiques.
Enfin, le BIE semble accorder une place plus importante aux attributs du pouvoir de l’État. Les hôtes vainqueurs sont plus souvent associés à l’influence internationale, à l’expérience organisationnelle et à l’activité diplomatique des pays. Pris ensemble, ces résultats suggèrent que, derrière des critères officiels globalement similaires, les candidatures réussies mobilisent différentes formes d’influence : plus relationnelle dans le monde de la FIFA, plus institutionnelles au CIO et plus diplomatiques au BIE.
Stratégies nationales pour gagner l’organisation de méga-événements
Au-delà des règles implicites propres à chaque institution, les pays qui parviennent à organiser des méga-événements déploient des stratégies nationales cohérentes et multidimensionnelles. L’analyse des offres gagnantes révèle plusieurs piliers communs qui, combinés aux logiques spécifiques de chaque organisation, forment une base pour un succès durable.
La course pour organiser des méga-événements ne concerne pas seulement la puissance économique ou le prestige d’un pays. L’analyse suggère que les États semblent suivre des stratégies différentes, combinant influence internationale avec la qualité des relations entretenues avec les décideurs des grandes organisations de méga-événements. Les États-Unis, la Chine et l’Allemagne semblent être les mieux placés, bénéficiant à la fois d’un poids géopolitique important et d’une forte proximité avec les instances dirigeantes.
Les autres pays occupent des postes plus intermédiaires. La France, le Japon et le Royaume-Uni semblent avant tout compter sur leur crédibilité institutionnelle, leur expérience et leur réputation pour rester compétitifs. Inversement, les pays du Sud global comme le Maroc, le Mexique et l’Argentine ont une stratégie hybride combinant actifs durs et soft. Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent qu’il n’existe pas de recette unique pour organiser un méga-événement : selon le pays, le succès semble résulter d’un mélange différent d’influence nationale, de réseaux relationnels et de la capacité à convaincre les instances internationales.
Le Royaume du Maroc : un parcours audacieux pour accueillir la Coupe du Monde
L’histoire du Maroc avec la Coupe du Monde illustre parfaitement comment un pays peut, en montant en puissance dans tous les domaines, cinq déceptions entre 1994 et 2026 (1994, 1998, 2006, 2010, 2026) puis un succès en 2030.
Entre 1994 et 2024, le Maroc a connu une transformation profonde, mesurable par trois indicateurs. Le NCI est passé de 18,5 à 25,5 (+7 points). Le Royaume a gravi 13 places dans le classement mondial de l’influence, passant de la 65e à la 52e place. Cette augmentation s’explique par un regain de croissance économique (PIB multiplié par 3,5), l’ouverture de 32 nouvelles ambassades et le retour à l’Union africaine en 2017 après 33 ans d’absence.
Le FBII (FormalBilateral Influence Index) est passé de 34,2 à 48,6 (+14,4 points). Cette augmentation, l’une des plus rapides parmi les pays émergents, reflète la signature de 78 nouveaux accords bilatéraux et un alignement croissant des voix à l’ONU avec ceux des grandes puissances.
Le PTF (Proximité avec la FIFA) est passé de 2,1 à 18,4 (+16,3 points). La progression la plus spectaculaire a eu lieu après la demi-finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, où le score est passé de 3,5 à 8,4 en quelques mois. La raison ? Le Maroc a gagné parce qu’il a changé de paradigme sur le terrain sous la direction éclairée de Sa Majesté le roi Mohammed VI ; avec un meilleur bilan techniquement, économiquement et diplomatiquement.
Outre Gianni Infantino a été témoin, au stade Al Beit et au complexe Prince Moulay Abdallah et au stade de Tanger, non seulement de la ferveur populaire pour le football au Maroc, mais aussi de la capacité organisationnelle, de la force collective, de la gestion du football et des infrastructures de classe mondiale, couronnées par l’élection de Mr Faouzi Lekjaa, ministre du Budget et chef du FRMF, au Conseil de la FIFA et au comité des finances de la CAF.
En conclusion, tout pays candidat bénéficierait d’adapter sa stratégie à ces logiques distinctes. Pour postuler à la Coupe du Monde, il faut investir dans des relations personnelles avec la FIFA. Pour postuler aux Jeux Olympiques, il faut améliorer son score de transparence, remporter des médailles et démontrer sa capacité environnementale. Pour postuler à une Exposition universelle, il faut développer son influence nationale, ouvrir des ambassades, signer des accords bilatéraux, faire du lobbying et faire de la diplomatie au Sommet.
Les règles officielles – les dossiers techniques, les évaluations, les garanties juridiques – sont en grande partie indépendantes des règles réelles. C’est cette différence qui explique pourquoi les meilleurs fichiers techniques perdent si souvent. « Désirer ne suffit pas. Nous devons comprendre les véritables règles implicites du jeu politique au sein de ces organisations. »


![Tribune | Les ressorts de la gouvernance des méga-événements : Coupes du monde de la FIFA, Jeux Olympiques et Expositions universelles [Par Pr. Hzaine El Hassane] « Le sport et la politique n'ont rien à voir l'un avec l'autre. » La FIFA, le CIO et le BIE répètent cette expression comme un credo ; Pourtant, elle est profondément trompeuse. Du travail fondamental de Pierre Bourdieu (voir « Choses dites », 1987, et sa « théorie du champ sportif »), qui considérait le sport comme un espace pour la lutte pour la définition légitime de la pratique athlétique, aux analyses de Norbert Elias sur le sport comme un « processus de civilisation » (dans « Sport et civilisation », en collaboration avec Eric Dunning, 1994), les sociologues ont constamment démontré que le sport n'est pas un enclos protégé. Au contraire, il amplifie les relations de pouvoir, les stratégies d'influence et les luttes pour la légitimité qui façonnent le monde plus large.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/07/Coupe-du-monde-2026-320x163.png)

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