Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Souleymane Berthe, Directeur général de l’Agence des Energies renouvelables au Mali (AER-Mali)

Souleymane Berthe, Directeur général de l’Agence des Energies renouvelables au Mali (AER-Mali)

En créant l’Agence des énergies renouvelables (AER), le Mali a parié depuis sur l’électrification à travers les énergies renouvelables.

Souleymane Berthé, Directeur général de l’AER-Mali, revient sur les réalisations du bras armé de l’Etat malien dans le développement des énergies propres.

 “Beaucoup de technologies ont été développées au niveau de l’AER-Mali”

 

AFRIMAG : Depuis son implication dans la recherche de solutions aux problèmes d’électrification au Mali, quel est le bilan de l’AER que vous dirigez ?

Souleymane Berthé, Directeur général de AER-Mali

Souleymane Berthé, Directeur général de AER-Mali

Souleymane Berthé : L’AER-Mali est créée sur les cendres du Centre national d’énergies solaires et des énergies renouvelables (Cnesoler) et de l’ex Centre régional d’énergies solaire (Cres). Beaucoup de technologies ont été développées au niveau de l’AER-Mali et d’autres adaptées à nos conditions d’exploitation. Nombreuses sont également les solutions dans le domaine du solaire thermique qui ont été développées. L’Agence dispose sa propre marque de chauffe solaire, Confesol. Ces acquis ont été exploités, modernisés et déployés à grande échelle. Dans le cadre du solaire photovoltaïque, des solutions d’électrification à partir de l’hybridation des plateformes multifonctionnelles avec du solaire photovoltaïque afin d’augmenter les heures de service ont été mis en place. Ce qui permettra de créer des activités génératrices de revenus surtout pour les femmes et les jeunes. Bien avant, on a eu à développer l’hybridation des anciennes centrales Diesel installées pour l’électrification rurale. Actuellement, nous sommes en train de développer des solutions purement solaires photovoltaïques avec les batteries lithium pour le stockage. Cette solution permettra non seulement d’avoir l’électricité en milieu rural 24h/24 mais aussi de réduire considérablement le coût d’exploitation des centrales d’électrification rurale. Nous avions proposé l’électrification de 70 localités en milieu rural à travers cette solution au Fonds Vert Climat, qui a approuvé le financement du projet pour un montant de 34 milliards de FCFA.

Le volet financement est au cœur de tous les projets d’électrification en Afrique. Le Mali ne fait pas exception. Com- ment l’abordez-vous avec les institutions de financement ?

Une des missions de l’AER-Mali est de représenter le Mali au niveau des institutions internationales d’énergies renouvelables. Ainsi l’AER-Mali est le point national de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), de l’Alliance solaire internationale (Isa), du Centre pour les énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Cedeao (Ecreee) et d’autres institutions.

Comme nos statuts le permettent, nous essayons d’être très dynamiques au niveau de ces organisations et ces plateformes de financement pour tirer le maximum de financement en proposant de projets bien montés. Aussi, nous avions fait financer nos projets d’électrification à travers le Fonds Abu Dhabi/Irena, le Fonds Vert Climat/Boad, l’Alliance solaire internationale, le Fonds environnement mondial (Fem) le Pnud et nous sommes en discussion avec d’autres partenaires comme la Bad, l’Afd…

L’AER-Mali a multiplié ces  dernières années les projets novateurs pouvant faciliter l’accès des populations aux services des énergies renouvelables, particulièrement l’énergie solaire. Quels sont les grands projets que l’AER-Mali a développés ces dernières années ?

Avec le Pnud, nous avions un projet : “Production durable d’électricité en milieu rural au Mali par le biais des technologies hybrides” financé par Fem pour 12 milliards de FCFA. Avec le Fonds Vert Climat/Boad, un projet d’électrification rurale avec le solaire PV et la batterie lithium, le financement obtenu est d’un montant de 34 milliards de FCFA. L’Alliance solaire internationale a financé trois projets dont une centrale solaire photovoltaïque de

50 MWc, pour un montant de 63,5 milliards de FCFA ; un projet d’irrigation solaire photovoltaïque pour l’agriculture avec une cité agricole pour 11,8 milliards de FCFA et une centrale solaire de 2 MWc pour 3 milliards de FCFA. Quant à la coopération chinoise, elle intervient à hauteur de 2 milliards de FCFA dans un projet d’électrification et pompage solaire en milieu rural.

Compte tenu de votre expérience,  comment les collectivités locales, le gouvernement du Mali et les ONG s’impliquent-ils  dans l’électrification rurale au Mali ?

Les collectivités sont fortement impliquées dans l’électrification rurale. Les communes sont responsables des infrastructures dans leur localité. Souvent, là où il n y a pas d’opérateur pour l’exploitation de l’infrastructure, l’option de la gestion communautaire est privilégiée pour que la commune puisse exploiter les centrales. Sinon, le gouvernement finance les infrastructures et la gestion est confiée à un opérateur par appel à candidature. Les ONG sont également fortement sollicitées, elles peuvent, en collaboration avec l’AER-Mali, électrifier des localités ou indépendamment. L’intervention des ONG permet souvent de rendre le coût plus accessible pour la population rurale.

 

IntervIew réalisé par Mohamed Ould Salem

AER-Mali Souleymane Berthe

Un commentaire

  1. Avatar

    Très belle initiative ! Content de voir qu’un pays africains mise gros dans les énergies renouvelables. Je l’ai davantage d’autant plus que AER Mali tente de les adapter aux réalités maliennes en développant ses propres solutions. Très bonne continuation.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*