Guerre au Moyen-Orient : l’Afrique sous onde de choc
L’Iran étend son influence sur le continent africain à travers un mélange de diplomatie religieuse, d’initiatives économiques et de partenariats militaires. Du Nigeria au Sahel, cette stratégie multidimensionnelle combine le soutien à certaines communautés chiites, la coopération éducative et sanitaire, ainsi que le développement d’un réseau d’acteurs politiques et paramilitaires. Selon le think tank International Crisis Group, près de 14 pays africains enregistrent aujourd’hui une présence iranienne significative, soit par des ambassades actives et des ONG, soit par des missions religieuses et culturelles.
Au Nigeria, l’Iran entretient des liens étroits avec le mouvement chiite islamique du « Islamic Movement in Nigeria,» influençant non seulement les pratiques religieuses mais aussi le discours politique local. En Afrique de l’Ouest, au Mali et au Niger, des rapports des Nations unies soulignent des transferts de technologie militaire et de drones civils et paramilitaires à des acteurs locaux, renforçant la présence iranienne dans une région stratégique pour la sécurité transfrontalière et les flux migratoires.
Les alliances stratégiques et économiques
Au-delà de l’idéologique et militaire, Téhéran consolide sa position à travers des accords économiques et commerciaux. En Éthiopie, des entreprises iraniennes sont impliquées dans des projets de construction d’infrastructures et d’énergie renouvelable. En Angola et en Guinée-Bissau, l’Iran investit dans le secteur agricole et halieutique, renforçant son influence dans les filières alimentaires clés pour le continent. Même au Maroc et au Sénégal, des programmes éducatifs et culturels financés par des fondations iraniennes visent à renforcer des liens de long terme avec les jeunes générations.
Cette approche multidimensionnelle permet à l’Iran de jouer un rôle discret mais efficace dans les équilibres régionaux africains, souvent en marge de la diplomatie occidentale traditionnelle. Les analystes notent que l’impact réel dépasse la simple présence militaire : il s’agit de créer un réseau durable de partenaires et d’alliances locales.
Jeux d’alliances et contrepoids internationaux
La présence iranienne déclenche également des réactions régionales et internationales. En Afrique du Nord, l’Algérie et la Tunisie surveillent les activités religieuses et commerciales de Téhéran, tandis qu’en Afrique de l’Est, le Kenya et l’Ouganda coopèrent avec les États-Unis et les pays du Golfe pour limiter l’influence iranienne dans le commerce maritime et la sécurité des corridors énergétiques. Les alliances se recomposent ainsi autour de la question de la présence iranienne, chaque État africain pesant ses intérêts économiques, sécuritaires et géopolitiques.
Au Sahel, cette dynamique alimente une course aux alliances : le Niger, le Burkina Faso et le Mali doivent jongler entre la coopération avec les puissances régionales comme le Nigeria et le Maroc, et la surveillance de l’influence iranienne sur certains groupes armés. L’Afrique australe n’est pas épargnée : en Afrique du Sud et au Zimbabwe, Téhéran participe à des forums économiques et culturels, consolidant des liens bilatéraux qui pourraient à terme peser sur les choix politiques et sécuritaires.





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