À cette ère du numérique et de l’avènement des réseaux sociaux, les repères familiaux subissent sans restriction de profonds bouleversements. On est passé d’un modèle traditionnel où la famille se confondait avec la communauté et obéissait à des principes moraux très stricts à une famille contemporaine, souvent recomposée, où les décisions et les lois se discutent librement et s’adoptent, soit directement par les citoyens, soit par l’intermédiaire des représentants élus. Force est d’observer que l’exposition constante des jeunes enfants à des contre-modèles comportementaux et à des codes de langage déstructurés et démesurés, tend à banaliser la contestation sociale, fragilisant ainsi l’autorité éducative et distendant le lien de déférence qui unit l’enfant à ses aînés.

Ces facteurs qui marquent la considération, comme les codes de politesse, les règles de courtoisie, le respect mutuel, bref les règles du savoir-vivre qui facilitent la vie en communauté, sont facilement et lamentablement bafouées. Pourtant, l’obéissance filiale ne saurait être assimilée à une soumission aveugle ou à une contrainte subie. Toutefois, elle constitue l’expression lucide de la confiance, de l’humilité et de la gratitude envers ceux qui veillent, protègent et instruisent les enfants.
Quand la fibre parentale se distend
En fait, prêter une oreille attentive aux orientations parentales et à celles des aînés, puis les mettre en pratique relèvent d’une maturité du cœur, fondée sur l’affection mutuelle et la pleine reconnaissance des sacrifices consentis pour guider les pas de cette jeunesse en voie de perversion. C’est pourquoi, cette déférence constitue à n’en point douter la pierre angulaire d’un épanouissement personnel durable. D’ailleurs, le jeune qui apprend à honorer son père et sa mère fortifie son propre équilibre intérieur et l’estime qu’il porte à sa famille, puis façonne directement sa posture envers le monde extérieur. De même, le jeune qui cultive le respect envers ses parents inspire naturellement l’attention d’autrui et construit des relations fondées sur l’authenticité et la droiture. En conséquence, quel que soit leur statut social, les parents jouent un rôle fondamental dans le développement et l’épanouissement de leurs enfants et, aussi en garantissant leur bien-être, ils accomplissent un bienfait aussi illimité que l’étendue du ciel. L’éducation parentale se manifeste alors à travers plusieurs dimensions essentielles de la vie, allant du soutien affectif à l’accompagnement social, au développement de l’enfant et à la dynamique familiale. C’est ainsi que l’attitude des parents par rapport à l’environnement social, inspire les enfants et les responsabilise au cours de leurs trajectoires familiales, scolaires, professionnelles, relationnelles et autres. Le lien parent-enfant-environnement est donc si important tant sur le plan physique que psychologique, car il se noue dès la naissance et demeure le fondement vital qui assure la sécurité affective, l’équilibre émotionnel et le développement global de l’enfant.
Par conséquent, honorer les parents ou les aînés est plus qu’une simple convenance morale, c’est une véritable boussole d’élévation. Et, cette gratitude manifeste, enracine sainement l’individu dans son présent tout en éclairant avec certitude le parcours de vie.
Quand l’enfant conteste l’autorité parentale
Cependant, la dégradation des relations familiales et la perte des repères moraux, se remarquent quotidiennement et fortement au sein de la société de telle sorte que l’insolence se développe dans plusieurs foyers, l’agressivité physique des enfants envers leurs parents s’accentue avec des comportements tels que le fils outrage son père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, les visites des parents devenues rares, plus de conversations recentrées sur l’essentiel, les disputes parentales… En vérité, lorsque les enfants insultent leurs parents et font preuve d’indiscipline à leur égard, cela peut couper le souffle. Dès lors, le comportement des enfants surprend tout le monde. Certains crient constamment sur leurs parents et les insultent sans raison apparente. Dépassés par ces attitudes et autres comportements dangereux, les parents réagissent parfois par le silence, l’inaction ou l’évitement. Des signes annonciateurs de situations qui, si elles échappent à tout contrôle de l’Etat, risquent de s’aggraver pour devenir graves, violentes ou incontrôlables.
Quand l’argent remplace l’amour filial
Et quand le conflit parental se manifeste gravement, les deux conjoints peuvent agir sous l’effet du « syndrome d’aliénation parentale », en manipulant ou en influençant négativement l’enfant, afin qu’il rejette l’un d’eux ou les contourne tous les deux, de façon manifeste ! Certainement, à cette occasion, le jeune enfant finit par soupçonner sur l’incompétence, le manque de qualifications ou même l’incapacité de ses parents à accomplir correctement leurs devoirs d’éducation, si bien qu’il peut vouloir frapper ou dénigrer l’un ou les deux. Pire, quand les parents se trouvent dans l’incapacité d’assurer une éducation normale, les enfants peuvent manifestement attendre avec impatience leur mort pour se partager l’héritage. Comme le ridicule ne tue pas, d’autres enfants mal éduqués portent ou menacent de porter plainte contre leurs parents, afin qu’ils cessent de gaspiller les biens destinés à l’héritage. Après la disparition de leurs parents, l’héritage obtenu est un trésor, car ces enfants savent bien que celui-ci n’existe juridiquement qu’après la mort d’un ou des parents. Devant cette situation alarmante, cela nous confronte directement à nos contradictions, nos erreurs et nos zones d’ombre. Contrairement aux Africains, les jeunes occidentaux, confient généralement la garde de leurs parents vieillissants aux maisons de retraite spécialisées dans l’accueil de ces vieilles personnes ou celles en besoin d’assistance. Cette situation, jusqu’à présent inconnue dans notre pays et opposée à nos valeurs ancestrales, doit être analysée en profondeur avant qu’elle n’arrive chez nous, pour ne pas basculer dans cette dérive inhumaine.
Rompre le cercle vicieux
Puisse Dieu, combler tous les parents de sa miséricorde infinie, pardonner leurs faiblesses, leur accorder la paix du cœur pour chaque sacrifice, chaque veille et chaque bienfait dont ils gratifient leurs enfants. Enfin, qu’Il accorde à la jeunesse la force d’être des enfants pieux, bienveillants sur les paroles de leurs parents et la dévotion dans leurs actes de tous les jours, tout en les préservant, afin qu’ils soient une source de soulagement, de sérénité et d’élévation pour leurs familles et leur pays, le Niger. Amen !

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Niger



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