À l’occasion de la Journée de l’enfant africain 2026, consacrée cette année à l’accès universel à l’eau, l’organisation humanitaire Mary’s Meals met en lumière le lien vital entre eau potable, alimentation scolaire et réussite éducative. Un message fort, porté en mémoire des élèves de Soweto en Afrique du Sud et tourné vers les millions d’enfants africains encore privés d’école.
Le 16 juin 1976, des milliers d’élèves sont tombés à Soweto, en Afrique du Sud, en réclamant une éducation équitable et de qualité. Cinquante ans plus tard, cette tragédie reste un symbole puissant des luttes pour les droits fondamentaux des enfants africains.

Zhakata Primary School, Murewa District, Mashonaland East Province, Zimbabwe.
Volunteers drawing water @Marysmeals
Instituée en 1991 par l’Union africaine, la Journée de l’enfant africain est devenue un moment de commémoration, mais aussi d’alerte sur les inégalités persistantes. L’édition 2026 met l’accent sur un enjeu crucial : «garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique.»
Mary’s Meals : nourrir pour mieux apprendre
Présente dans 16 pays, Mary’s Meals fournit chaque jour des repas scolaires à plus de 3 millions d’enfants dans le monde, dont la grande majorité en Afrique subsaharienne.
L’organisation, fondée par Magnus MacFarlane-Barrow, défend une conviction simple : un enfant qui mange à l’école est un enfant qui apprend. En 2025, plus de 638 000 enfants supplémentaires ont pu accéder à une cantine scolaire grâce à ses programmes, répartis dans plus de 1 280 écoles en Afrique.
L’eau, condition invisible mais essentielle de la scolarisation
Au-delà de la nourriture, l’accès à l’eau potable reste un facteur déterminant de la réussite scolaire. Sans eau, pas d’hygiène, pas de concentration, et parfois même pas d’école.
Selon les dernières données de l’UNESCO, environ 118 millions d’enfants, adolescents et jeunes en Afrique sont toujours hors du système scolaire.
Dans ce contexte, les programmes de cantines scolaires apparaissent comme un levier puissant, mais insuffisant sans infrastructures d’eau adaptées.
Le quotidien de Nyawa, entre survie et ambition
En Zambie, l’histoire de Nyawa, élève à l’école primaire de Nkhuzyeni, illustre ces défis.
Chaque matin, avant de rejoindre sa classe, elle doit parcourir des kilomètres pour aller chercher de l’eau et aider aux tâches domestiques. Un trajet risqué, qu’elle n’entreprend jamais seule.
«Le chemin est bordé de buissons denses, et il y a des dangers, aussi bien humains qu’animaux», raconte-t-elle. Malgré ces contraintes, son objectif reste clair : terminer ses études et devenir infirmière.
À l’école, elle trouve un soutien essentiel : le porridge distribué par Mary’s Meals, qui lui permet de tenir la journée et de se concentrer en classe.
Madagascar : quand l’hygiène change les habitudes familiales
À Madagascar, les effets du programme dépassent les murs de l’école. Les familles constatent une amélioration des pratiques d’hygiène, notamment le lavage des mains, influencée par les habitudes acquises à l’école.
Même si Mary’s Meals ne gère pas directement les infrastructures hydrauliques, certains partenaires locaux développent des projets complémentaires, comme des forages et des pompes manuelles.
«Nos agents vivent au sein des communautés et comprennent leurs réalités quotidiennes», explique Samantha Cameron, coordinatrice d’un partenaire de Mary’s Meals à Madagascar. Une proximité qui permet d’orienter les interventions vers les écoles les plus en besoin.
La réalité reste préoccupante : des millions d’enfants africains ne vont toujours pas à l’école, faute de ressources, de sécurité ou d’infrastructures de base.
Dans ce contexte, les programmes de cantines scolaires deviennent un point d’entrée essentiel pour lutter contre l’exclusion éducative.
Un appel à l’action pour 2026
À l’occasion de cette Journée de l’enfant africain, Mary’s Meals appelle à une mobilisation élargie afin d’étendre ses programmes à travers le continent.
L’organisation insiste sur une idée centrale : garantir l’accès à l’eau et à l’alimentation, c’est ouvrir la porte de l’école à des millions d’enfants et leur offrir une chance réelle d’avenir.





Afrique du Sud


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