La juge sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay a reçu le prix Nobel de la paix 2026, «pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international», a indiqué l’académie Nobel vendredi 9 octobre 2026. Âgée de 85 ans, elle a notamment présidé la commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.
«Navanethem « Navi » Pillay a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration d’un ordre juridique international», a insisté l’institution.
Une carrière au service des droits humains
« La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires », a indiqué le comité Nobel dans un communiqué, qui a salué son « courage » et « intégrité » exceptionnels. « À une époque marquée par des défis existentiels – notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n’avait pas connu depuis longtemps, le droit international n’est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C’est une nécessité absolue », a ajouté le jury.
Jeune avocate d’origine indienne dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, devenue juge et Haute-Commissaire aux droits de l’homme à l’ONU (2008-2014), Navi Pillay a l’art de traiter des dossiers difficiles.
Des tribunaux sud-africains à La Haye
Sa carrière l’a menée des cours sud-africaines, où elle a défendu les activistes anti-apartheid et obtenu des droits cruciaux pour les prisonniers politiques, au Tribunal pénal international pour le Rwanda, en passant par la CPI.
Elle a présidé la commission chargée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’enquêter sur les atteintes aux droits dans les territoires palestiniens et en Israël.
Elle déplore d’avoir été qualifiée d’« antisémite » depuis et dénonce les appels sur les réseaux sociaux de ceux qui réclament que les États-Unis la sanctionnent, comme Washington l’a fait pour une rapporteure de l’ONU, des juges de la CPI et des ONG palestiniennes.
«Peut-être que je le partagerai avec Trump»
« Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump », s’est amusée Navi Pillay, au moment où elle a appris être lauréate du prix, depuis le tribunal de Nuremberg, sous les acclamations du public.
Aujourd’hui, Navi Pillay est juge à la Cour internationale de justice dans l’affaire où la Birmanie est accusée de génocide. « C’est merveilleux de voir cette distinction décernée à Navi Pillay […] Cela témoigne, plus que jamais, de la nécessité et de la valeur des droits humains dans ce monde », a réagi dans la foulée de l’annonce Shabia Mantoo, porte-parole du Haut-Commissariat, organisation que Navi Pillay a dirigée de 2008 à 2014.
Avec AFP





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