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UA : Un sommet pour la Zlec

Le Sommet de l’Union africaine tenu les 07 et 08 juillet 2019 à Niamey au Niger tire son caractère “extraordinaire” de sa consécration à des questions d’essence économique comme le lancement officiel de  la Zone de libre-échange économique continentale, la Zlec.

Sommet de l’Union africaine tenu les 07 et 08 juillet 2019 à Niamey au Niger

Sommet de l’Union africaine tenu les 07 et 08 juillet 2019 à Niamey au Niger

Un sommet pas comme les autres puisque, pour la première fois, l’Union africaine se réunit pour non pas prendre des mesures très anodines mais poser un fondement essentiel de l’intégration : la Zleca. Pour un tel évènement, Niamey a accueilli du monde (plus de 4 000 personnes) : chefs d’Etat et de gouvernements, ministres et experts venus célébrer cette “naissance” survenue dans la douleur.

Jusqu’à mai dernier, l’UA était toujours à la recherche d’un 22 pays (sur 54) pour ratifier l’accord sur la zone de libre-échange continentale et lui donner ainsi force de loi. Ce sera alors la Gambie. Mieux, le lancement officiel de la Zone de libre-échange continentale, entrée en vigueur le 30 mai dernier, ne se fera pas sans le Nigeria considéré comme la première économie d’Afrique. Le président nigérian Muhammadu Buhari a finalement décidé de signer l’acte de naissance de la Zleca après s’être opposé à cet accord, sans doute pour des considérations “souverainistes” et d’appréciations particulières quant à l’utilité d’une intégration qui restera longtemps à minima, les conditions n’étant pas réellement réunies.

La question de la désignation du lieu qui abritera le siège de la Zlec tranchée, avec le choix d’Accra (Ghana), il faudra maintenant penser à la mise en place effective des instruments et fonctionnalités de cette union douanière et commerciale calquée sur celle en cours depuis un demi-siècle dans l’espace européen. C’est le seul moyen pour lever les doutes et rassurer les pays qui, comme le Nigeria, craignent les effets pervers d’une zone de libre-échange lancée dans la précipitation.

Muhamed Buhari, le Président du Nigeria signant l'adhésion de son pays à la Zleca

Muhamed Buhari, le Président du Nigeria signant l’adhésion de son pays à la Zleca

Depuis des années, le pays le plus peuplé, qui est aussi la première économie du continent, se bat pour diversifier son appareil productif, ses filières agricoles, manufacturières et industrielles. Traumatisé par la ruine de son industrie textile suite aux accords de l’OMC, au début des années 2000, le Nigeria est devenu un adepte du protectionnisme. Ce géant africain veut s’assurer que la Zone de libre-échange continentale ne va pas ruiner ses entreprises par l’ouverture de son marché de près de 200 millions de consommateurs aux produits africains !

L’objectif de cette zone de libre-échange consiste à augmenter le commerce intra-africain de 60 % d’ici à 2022, précise l’UA.

En éliminant tout droit de douane entre pays membres, la Zlec devrait favoriser le commerce entre eux. Ce faisant, il serait également possible de tenter de réduire leur dépendance – risquée – à un système économique trop centré sur l’exploitation des matières premières.

Si tous les pays membres de l’UA signent, la Zlec ouvrira l’accès à un marché de 1,2 milliard de personnes, pour un PIB cumulé de plus de 2500 milliards de dollars. Reste toutefois à améliorer les infrastructures et autres voies de transport des pays africains et à amplifier la complémentarité, encore faible, entre les différentes économies africaines.

Avant le passage à la phase opérationnelle, il convient encore de finaliser divers instruments : les mécanismes d’arbitrage, la définition des règles d’origine des marchandises, la levée d’obstacles tels que la corruption ou les mauvaises infrastructures.

Car si le Nigeria a finalement a consenti à ratifier l’accord sur la Zlec, c’est que le président nigérian a reçu des assurances. Il aura la possibilité de continuer à protéger certains biens et marchandises jugés vitaux pour les intérêts nationaux. Une “ouverture choisie” donc qui, finalement, limitera les échanges intra-africains à une complémentarité économique qui exclut toute concurrence jouant sur la qualité et les prix.

Le temps d’adaptation allant de cinq à dix ans, ainsi que des garde-fous permettant d’éviter une déferlante de produits asiatiques déguisés en produits africains aideront à mieux juger les instruments que l’UA a mis en place pour faire de la zone de libre-échange sa réalisation phare en attendant, peut-être, la véritable Union des Etats d’Afrique chère au défunt guide libyen Mouammar Kadhafi et, avant lui, au panafricaniste Kwame Nkrumah.

ZLECA

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