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Jean-Louis Baroux est le fondateurd’APG, premier réseau mondial de représentations de compagnies aériennes, présent dans cent cinquante pays. On lui doit plusieurs essais sur le transport aérien, dont Transport aérien. Ces vérités que l’on vous cache (L’Archipel, 2017) et un roman, Peur sur le Vatican (L’Archipel, 2014).
Quelle mouche a piquée les Indiens ? Certes tous les observateurs ont bien noté la croissance phénoménale de l’économie ainsi que l’amélioration du revenu par tête de près de 14% en 2022. Selon les prévisionnistes les plus sérieux la population passera dans peu de temps au premier rang mondial, devant la Chine. Et de plus une bonne partie de la recherche mondiale se passe dans ce pays/continent. Bref, l’Inde dirigée depuis un septennat par Narendra Modi, a le vent en poupe. Et cela se traduit dans le transport aérien, bien évidemment. Il faut dire qu’une révolution dans ce domaine était bien…
On les disait obsolètes, trop chers à opérer, trop consommateurs de CO², trop vieux, bref, ils avaient tous les défauts. Pendant des décennies, ils étaient les seuls à pouvoir être exploités sur des destinations lointaines.
Faisons l’hypothèse que nous sommes sortis du cauchemar de la pandémie puisque la Chine vient de laisser tomber ses barrières. C’est le dernier pays après avoir été le premier à fermer ses frontières.
Pudiquement la DGAC a fait passer l’information en qualifiant cet arrêt de travail de « mouvement social ». Il faut appeler un chat, un chat. Ce « mouvement social » n’est pas autre chose qu’une grève sauvage.
Alors comment résoudre la « quadrature du cercle » ? La recherche par les compagnies aériennes de la bonne solution pour diminuer les coûts afin de ne pas trop demander aux économies internes a finalement trouvé sa solution dans le Covid.
Boeing vient de publier ses résultats et ils ne sont toujours pas brillants. Avec un chiffre d’affaires de plus de 66 milliards de dollars, soit une hausse de 7% par rapport à 2021, le constructeur affiche néanmoins une perte opérationnelle de 3,55 milliards de dollars soit tout de même 9,5 millions de dollars par jour ou 400.000 par heure.
Le transport aérien italien suscite toujours autant de convoitises mais pour autant toutes les tentatives pour le contrôler ont jusqu’à présent échoué. En fait cela concerne pour l’essentiel le trafic international car le transport domestique est passé dans les mains des compagnies « lowcosts » au premier rang desquelles Ryanair suivie par EasyJet. Tout cela parce que la compagnie nationale n’a pas été en mesure de défendre ses positions, rongée par des voltes faces successives liées aux nombreuses alternances gouvernementales. Il est cependant frappant de constater que la plupart des responsables gouvernementaux italiens ont cherché à se débarrasser d’un fardeau qu’ils n’arrivaient plus à porter sans pour autant se décider à aller au bout de leurs démarches. C’est ainsi que, du temps pas si lointain defeue Alitalia, des rapprochements ont été tentés avec KLM et Air France en 2001, Aéroflot en 2007, puis Air France encore en 2007, puis en 2011 un essai de fusion avec toujours Air France/KLM avant de laisser Etihad Airways prendre jusqu’à 49 % de la compagnie en 2014. Et je passe sur d’autres tentatives avortées dès le début des discussions, comme par exemple avec Lufthansa. Toutes les prises de participations n’ont pas permis de sauver une compagnie pourtant très prospère pendant les années 1970. Elle était à l’époque un des acteurs majeurs européens pour le transport international en opérant jusqu’à 186 appareils. Alors il a fallu se rendre à l’évidence sous la pression des autorités européennes lassées de voir l’état italien renflouer les caisses toujours vides par des prêts jamais remboursés. Et c’est ainsi que ITA (Italia TrasportoAereo Spa) a été créée en 2020 et qu’elle a repris les actifs et l’exploitation d’Alitalia en octobre 2021 en opérant une flotte d’une soixantaine d’avions. Et depuis, la danse du ventre a recommencé. Le gouvernement italien qui possède ITA n’a pas caché son intention de céder la compagnie. Et les candidats ne se sont pas fait attendre. Dès le 14 janvier 2022, Lufthansa et la compagnie de croisières suisse MSC ont fait une première offre de rachat complet, laquelle a été refusée par l’état italien qui souhaitant conserver un œil sur son transporteur national. Moins de deux mois après, le 10 mars 2022,un consortium composé d’Air France, Delta Air Lines et du fonds Certares proposait de prendre une forte participation minoritaire, seulement Air France était bloquée par les règles européennes qui obligent d’abord la compagnie à rembourser les prêts consentis par l’état pendant la traversée du Covid. Lufthansa est alors revenue le 31 août avec une proposition minoritaire qui a été refusée par le nouveau gouvernement. Et finalement le 19 janvier 2023, le transporteur allemand est revenu avec une nouvelle proposition plus minoritaire mais avec la possibilité de racheter l’intégralité d’ITA. Il semblerait que les pouvoirs publics transalpins soient enclins à accepter une telle offre, d’autant plus que Lufthansa a fait savoir que si celle-ci n’était pas retenue, elle porterait son intérêt sur TAP le transporteur portugais voire même sur SAS la compagnie scandinave en grande difficulté. Voilà où on en est. Et je me demande pourquoi faire preuve d’un tel acharnement pour prendre le contrôle d’ITA car ce n’est certainement pas dans l’intérêt de cette dernière, mais uniquement dans l’idée de capter le marché international italien pour le faire transiter par des aéroports étrangers. C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement est si réticent à boucler une opération dont le pays ne sortira certainement pas gagnant. Deux tentatives précédentes de rapprochement avec des transporteurs étrangers ont échoué. Air France qui avait pris toutes les précautions pour préserver l’amour propre italien n’a jamais pu réussir à organiser les opérations d’Alitalia en coordination avec les siennes. Il n’a jamais été possible par exemple d’unifier les systèmes de réservation et d’enregistrement. Etihad Airways de son côté s’est ruinée à injecter de l’argent pour passer les fins de mois sans rien obtenir, sauf à la marge, du marché italien vers l’Asie ou l’Afrique. Il faut tout de même reconnaître que la très forte culture italienne a beaucoup de peine à se marier avec une autre, fût-elle proche d’elle comme la française. Reconnaissions que Lufthansa a parfaitement réussi son coup en reprenant Swiss après le désastre de Swissair et Austrian Airlines. Mais ces deux transporteurs sont de culture germanique, ce qui simplifie beaucoup les échanges. Les relations sont beaucoup plus difficiles avec les belges de SN Brussels. Au fond, on se demande encore pourquoi avec une flotte de 60 appareils qui va rapidement passer à une centaine et un marché international très dynamique ITA ne pourrait pas s’en sortir toute seule. Après tout nombre de transporteurs font du profit sans pour autant disposer des mêmes atouts.
Pendant des années les compagnies aériennes traditionnelles ont fait la course au volume, ne serait-ce que pour faire face à la féroce compétition des low costs qui se taillaient une part croissante du marché. Il faut bien se rappeler que la meilleure contribution des clients provenait du marché affaires européen auquel les transporteurs appliquaient des tarifs particulièrement élevés.
Décidément on n’apprend rien des mauvaises expériences. Voici revenir en force les promotions tarifaires qui ne correspondent à aucune réalité économique sans que pour autant personne ne s’avise d’alerter les autorités de la concurrence et des prix et sans que les responsables de la DGCCRF (La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes), ni d’ailleurs ceux de la DGAC s’auto saisissent de la question. Et on laisse tranquillement publier des offres qui sont soit de la vente à perte, soit de la publicité mensongère. Dans les deux cas, elles tombent sous le coup…
Pour en arriver en 2023, le transport aérien a dû affronter d’immenses défis depuis sa vraie création après la deuxième guerre mondiale. La sécurité d’abord. Il fallait disposer d’appareils suffisamment fiables pour traverser les océans et se poser dans des conditions météorologiques dégradées en toute sécurité. Cela n’a pas été sans mal. Faut-il rappeler les déboires des premiers avions à réaction, les atterrissages ratés, les angoisses qu’ont dû traverser les passagers et les équipages lorsque les appareils perdaient progressivement l’usage de leurs moteurs pendant la traversée de l’Atlantique ? Mais tout cela est maintenant derrière nous et deux moteurs seulement suffisent…
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