Le samedi 11 février 2023, une partie des contrôleurs aériens, membres du syndicat UNSA, affectés à la plateforme d’Orly ont cessé le travail sans préavis. Pour complaire au sacrosaint principe de précaution, la DGAC, l’organisme d’état qui gère entre autres le contrôle aérien a imposé aux compagnies aériennes l’annulation de 50% de leur trafic soit 47 vols : 25 à l’arrivée et 22 au départ. Le tout a impacté tout de même 70.000 clients dont 37.000 à l’arrivée et 40.000 au départ.

Pudiquement la DGAC a fait passer l’information en qualifiant cet arrêt de travail de « mouvement social ». Il faut appeler un chat, un chat. Ce « mouvement social » n’est pas autre chose qu’une grève sauvage. Car, il semble bien que les contrôleurs grévistes n’avaient pas prévenu leur employeur, comme cela doit être la règle depuis la loi Diard qui oblige les grévistes à se déclarer au moins 48 heures auparavant afin que le service public minimum puisse être organisé. Au moment où j’écris ces lignes, on ne connaît pas le nombre de contrôleurs actifs dans ce « mouvement social », je suppose néanmoins qu’il devait être assez faible car il n’a pas touché les autres plateformes françaises y compris Roissy.
J’ai bien compris que le seul but des grévistes était de manifester contre la réforme des retraites et qu’ils l’ont fait par solidarité avec les autres manifestants. Voilà qui est pour le moins étonnant car pour autant que je sache, ils ne sont pas concernés par cette réforme. Les contrôleurs bénéficient d’un statut tout à fait spécial qui les oblige à partir en retraite à 59 ans avec un niveau de pension largement au-dessus de la moyenne des fonctionnaires et des conditions beaucoup plus favorables. Par conséquent je conclus que les passagers ont été sciemment ciblés par des extrémistes dont on se demande bien si on peut leur faire confiance pour gérer l’espace aérien.
Alors qui va être responsable des dégâts causés ? Car il faut bien, tout de même que les passagers mais également les compagnies aériennes soient indemnisées pour les inconvénients, le mot est faible, qu’ils ont subi. Je pense bien sûr aux pauvres clients dont beaucoup ont perdu leurs vacances, car il est probable qu’ils ne seront pas remboursés des prestations terrestres ou maritimes par les assurances, lesquelles trouveront dans cet arrêt sauvage de l’activité une bonne raison pour se défausser. Mais je pense aussi à la galère que les agents au sol des compagnies aériennes ont dû subir pendant tout cet après-midi alors qu’ils devaient faire face à la colère des passagers sans avoir de solution à leur proposer.
Je ne doute pas que les organisations représentatives du transport aérien, la FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation Marchande) le SCARA (Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes) et le BAR France (Board of Airlines Representatives) déposent plainte auprès des autorités compétentes, sans doute le Tribunal Administratif, mais que peuvent faire les passagers ? Certains d’entre eux ont sans doute la possibilité d’utiliser les services d’un avocat et je ne doute pas qu’ils le feront, mais la plupart n’auront que leurs yeux pour pleurer. Les compagnies aériennes ne rembourseront pas sauf pour les billets achetés au plein tarif, mais ils ne sont pas nombreux et les hôteliers ou les croisiéristes ne pourront au mieux que reporter leurs prestations et encore à des moments où les espaces ne sont pas remplis.
Il ne faudrait pas que ces comportements malsains, je parle des grévistes, bien entendu, restent impunis. Leur métier est prestigieux, il est largement reconnu et récompensé par les Pouvoirs Publics, il doit en échange être occupé par des personnes responsables qui à tout le moins réfléchissent à la portée de leurs actions et qui sont prêtes à subir les conséquences de leurs actions. Au fond, les indemnisations devraient être supportées par l’UNSA. Il est clair également que la DGAC doit montrer qu’elle sait se faire obéir par ses salariés, comme ce doit être le cas dans chaque entreprise. On paie, en fait, le laxisme dont cette administration a fait preuve dans la gestion de son personnel depuis des années. Le service qu’elle doit rendre et pour laquelle elle est d’ailleurs payée par les compagnies aériennes, doit être effectif et non aléatoire. Depuis le début de l’année il y a eu déjà 3 perturbations dans le service avec à la clef l’annulation d’au moins 20 % des vols chaque fois. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?
Les 4.300 contrôleurs français sont des privilégiés. Ils ont obtenu d’innombrables avantages en utilisant l’arme de la grève. On comprend pourquoi ils s’opposent à la mise en place du projet SESAR (Single European Sky ATM Research) qui consiste à unifier le contrôle aérien européen. Il ferait gagner 8 minutes de temps de vol en moyenne. Les extrémistes écologiques peuvent leur dire merci.

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Un commentaire
Il y avait un préavis. C’est un jeu qu’a voulu jouer la direction.