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Brexit-Afrique : Décryptage avec Josephine Gauld, ambassadrice de Grande-Bretagne en Côte d’Ivoire

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Le stock d’investissement britannique en Afrique s’élevait à 38 milliards de livres Sterling en 2018, soit une hausse de 13.8% par rapport à l’année précédente. Sans tambour ni trompette, la Grande-Bretagne figure donc parmi les plus gros partenaires du continent.

Au lendemain du sommet Royaume-uni-Afrique sur l’investissement, Josephine Gauld, ambassadrice de Grande-Bretagne en Côte d’ivoire s’est confiée à AFRIMAG.

tinmar 970

 

AFRIMAG : Quel bilan faites-vous du dernier sommet de Londres entre la Grande Bretagne et l’Afrique ? Pouvez-vous nous en dire davantage sur les accords conclus et avec quels pays ?

Josephine Gauld, Ambassadrice de Grande-Bretagne en Côte d'Ivoire

Josephine Gauld, Ambassadrice de Grande-Bretagne en Côte d’Ivoire

Josephine Gauld : Le bilan du dernier sommet Royaume-Uni-Afrique est globalement positif. Nous avons pu conclure en tout 27 accords d’une valeur de plus de 6.5 milliards de livres sterling. Mais au-delà des chiffres, il est important pour nous de nouer une relation durable avec les pays du continent. Plusieurs accords signés lors du sommet sont déjà entrés dans leur phase concrète. Nous observons de près l’évolution de ces «deals ».

Que répondez-vous à ceux qui affirment que ce sommet qui survient au lendemain du Brexit est plein d’opportunisme ?

Il faut rappeler que le Brexit a été reporté une fois. Il aurait dû entrer dans sa phase concrète depuis l’année dernière. Le timing entre les deux événements est donc le fait du hasard. Par ailleurs, il est important que nous entretenions des rapports avec tous les pays. La diversité de nos partenaires et de nos échanges avec l’Extérieur est une longue tradition du Royaume- Uni.

Plusieurs partenaires internationaux occupent confortablement le terrain africain et ont une avance nette par rapport à vous (Chine, États-Unis, UE…), comment pensez-vous rattraper votre retard ?

Nous entretenons des rapports avec l’Afrique depuis fort longtemps en particulier avec les pays africains du Commonwealth. Notre objectif est donc de renforcer nos acquis et d’entendre nos relations aux autres pays du continent notamment ceux des pays francophones. Par ailleurs, le nouveau contexte dicté par la mise en place de la ZLEC offre un champ d’opportunités immenses pour nos relations bilatérales avec le continent. L’offre que nous proposons aux pays africains est tout aussi large notamment pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes. Il appartient aux États africains de mieux clarifier leurs besoins afin que nos relations soient à la hauteur de ce qu’elles devraient être.

Concrètement, qu’est-ce que Londres compte apporter de nouveau à l’Afrique ? Quelle orientation prendrait ce partenariat ?

Nous avons l’avantage comparatif de notre secteur financier. Les dirigeants de notre place boursière, la City, étaient d’ailleurs présents lors du sommet afin d’exposer leurs offres de financements aux projets africains.

Il en est de même pour le groupe CDC, l’institution britannique chargée du financement des projets de développement. Ces projets concernent notamment le secteur des énergies renouvelables, les technologies, le financement des startups notamment celles de la fintech. Nous prévoyons également un portefeuille dédié aux financements des infrastructures. Nous pouvons donner comme exemple parmi tant d’autres la construction d’une centrale électrique d’une valeur de 80 millions de livres sterling en Côte d’ivoire par l’entreprise britannique Aggreko ou encore la construction du plus grand parc éolien d’Afrique de l’ouest par l’entreprise britannique Lekela au Sénégal.

Dans les domaines de la formation dans ses universités, Londres compte ouvrir davantage ses portes aux étudiants africains. Mais à quelles conditions ?

Nous offrons chaque année plusieurs bourses en faveur des jeunes africains à travers notre programme Chevening. Cette bourse s’adresse aux jeunes titulaires d’un niveau licence et d’une ou deux années d’expérience professionnelle au moins. Toutes les universités britanniques sont parties prenantes à ce programme. Par ailleurs, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé il y’a quelques mois l’extension de la durée des visas étudiants. Cela permettra à ceux-ci de prolonger leur séjour de deux ans sur le sol britannique afin d’y travailler. Cela permettra aux jeunes africains d’acquérir une expérience professionnelle à l’international. Toute chose qui facilitera davantage leur insertion professionnelle une fois de retour dans leurs pays respectifs.

Quels sont les secteurs dans lesquels la Grande Bretagne compte axer ses investissements en Afrique? Comment compte-t-elle soutenir la croissance de l’Afrique ?

Les énergies renouvelables et tous les secteurs connexes (finance verte, green bonds…) sont des niches sur lesquels nous comptons particulièrement axer notre partenariat avec l’Afrique à travers notre secteur financier. Nous abritons cette année la COP26 à Glasgow en Ecosse et c’est l’occasion pour nous proposer notre savoir-faire en matière d’énergies renouvelables et de développement durable. Nous pensons que ces questions cruciales doivent aller au-delà des effets d’annonce. C’est pourquoi nous accordons une grande importance à l’agriculture et à la lutte contre la désertification notamment. Dans le cas de la Côte d’ivoire, il s’agira de soutenir la filière cacao de sorte à la rendre durable et plus productive.

En dehors des pays africains membres du Commonwealth, la Grande Bretagne est peu présente économiquement et culturellement dans les autres pays africains. Comment comptez-vous monter en grade dans ces pays?

Bien que nos relations soient plus vieilles et plus denses avec les États africains membres du Commonwealth, elle est vielle et très fructueuse avec les pays francophones notamment la Côte d’ivoire et le Sénégal. Par ailleurs, nous avons récemment ouvert des ambassades au Niger et en Mauritanie.

Le Rwanda accueillera le prochain sommet du Commonwealth. Pourquoi le choix de ce pays ?

Il est de tradition dans notre communauté que l’organisation de notre sommet se fasse de façon tournante. Chaque État membre intéressé présente alors sa candidature et ses atouts. C’est le Rwanda qui a été retenu à l’issue d’un vote.

Un partenariat gagnant-gagnant, pour vous c’est quoi ?

Un partenariat gagnant-gagnant suppose pour nous un partenariat équitable. Il est important pour nous que chacune des parties tire partie de sa relation avec l’autre. C’est la condition sine qua none pour des relations durables.
Nous sommes engagés dans un partenariat durable avec l’Afrique.

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