Après des années d’incertitudes sur son montage financier, le projet Tiris franchit une étape décisive. Aura Energy révèle l’implication potentielle d’institutions américaines dans le financement de ce qui pourrait devenir la première mine d’uranium de Mauritanie, un projet stratégique dans un contexte mondial de regain d’intérêt pour le nucléaire.
Aura Energy commence à dévoiler les contours du financement de son projet Tiris.
Un prêt américain majeur en discussion
Mardi 2 juin, la société australienne a annoncé être en négociations avec l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC) pour l’obtention d’un prêt pouvant atteindre 170 millions de dollars.
Cette annonce apporte un éclairage inédit sur les démarches engagées depuis plusieurs années par la compagnie, qui évoquait jusqu’ici le soutien potentiel d’une « banque de développement occidentale » sans en révéler l’identité. La DFC apparaît désormais comme un acteur central de l’architecture financière envisagée pour le projet.
Parallèlement, Aura Energy indique qu’un second partenaire américain pourrait rejoindre l’opération. Présenté comme un fonds d’investissement basé aux États-Unis, cet acteur a déjà soumis une proposition non contraignante en vue d’une participation au financement. Son identité n’a toutefois pas été dévoilée.
Un investisseur stratégique également dans la course
La compagnie australienne a également signé un protocole d’accord avec un « investisseur stratégique potentiel » portant sur une éventuelle prise de participation dans le projet Tiris.
Là encore, Aura Energy reste discrète sur l’identité du partenaire concerné ainsi que sur le montant de l’investissement envisagé. Ces discussions constituent néanmoins une avancée importante pour la société, qui ambitionne de lancer les travaux de construction de la mine avant la fin de l’année 2026.
Une mine appelée à transformer le paysage minier mauritanien
Estimé à 230 millions de dollars, le projet Tiris prévoit une production moyenne de 2 millions de livres d’uranium par an, avec un potentiel d’extension pouvant atteindre 3,5 millions de livres annuelles.
Une étude de faisabilité définitive (DFS), attendue en septembre prochain, doit permettre de préciser les paramètres techniques et économiques du projet. Cette étape sera déterminante avant la prise de décision finale d’investissement.
« Nous nous réjouissons de pouvoir informer régulièrement nos actionnaires sur l’avancement du projet, en vue de la publication de l’étude de faisabilité bancable en septembre 2026 et de la décision finale d’investissement d’ici la fin de l’année », a déclaré Phil Mitchell, président exécutif d’Aura Energy.
L’uranium redevient stratégique pour Washington
L’évolution du projet Tiris est suivie de près aux États-Unis. Dans un contexte de relance du nucléaire civil, Washington a récemment réintégré l’uranium à sa liste nationale des minéraux critiques.
Cette décision traduit la volonté américaine de sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement pour un minerai essentiel au fonctionnement des réacteurs nucléaires, renforçant ainsi l’intérêt stratégique de projets comme Tiris.
Un enjeu de diversification pour la Mauritanie
Pour la Mauritanie, la concrétisation du projet représenterait une avancée majeure dans la diversification de son industrie extractive, encore largement dominée par le fer et l’or.
Selon les dispositions de la convention minière signée en 2023, l’État mauritanien pourrait détenir jusqu’à 20 % du capital de la future mine, lui permettant de bénéficier directement des retombées économiques d’un secteur appelé à prendre une importance croissante sur la scène énergétique mondiale.





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