Le comité des détenteurs des euro-obligations de l’Ethiopie a annoncé, lundi 1er juin, que certains de ses membres envisagent de saisir la justice pour faire valoir leurs droits après le blocage des négociations sur les conditions financières de la restructuration d’un eurobond de 1 milliard de dollars, sur lequel Addis-Abeba avait fait défaut en décembre 2023. «Compte tenu de l’absence de résultats tangibles issus des récentes discussions, des membres du comité de détenteurs d’euro-obligations ont l’intention d’engager des actions en justice devant les tribunaux anglais afin de protéger et de faire valoir leurs droits au titre des obligations internationales à échéance 2024 », a souligné ce groupe de créanciers privés dans son communiqué.
Cette montée de fièvre survient après un nouveau round de négociations durant lequel le gouvernement éthiopien a présenté une nouvelle offre sur les conditions de la restructuration, qui a été aussitôt rejetée par les détenteurs des euro-obligations. « La proposition révisée n’offre pas de solution de restructuration consensuelle viable », a souligné le comité, tout en indiquant qu’il reste « ouvert à l’examen de solutions alternatives.»
L’Ethiopie avait conclu en janvier 2026 un accord de principe avec ses créanciers privés sur les principales conditions financières de la restructuration de son unique eurobond. L’accord a été cependant rejeté par le comité des créanciers officiels du pays au motif qu’il « ne satisfait pas pleinement aux exigences du principe de comparabilité de traitement de la dette », une règle appliquée par le Club de Paris et le G20, et qui oblige un pays débiteur à ne pas accepter de ses autres créanciers (privés ou bilatéraux non-membres) des conditions d’allègement moins favorables que celles accordées par ses créanciers publics. En gros, c’est la transposition en finance, de la clause de la Nation la plus favorisée édictée par les règles de l’OMC.
Cela a contraint Addis-Abeba à rouvrir les négociations avec les détenteurs de ses euro-obligations depuis février dernier, pour tenter d’obtenir des conditions similaires auprès de tous ses créanciers.
L’Ethiopie avait demandé dès début 2021 une large restructuration de sa dette extérieure au titre du Cadre commun du G20, bien avant de faire défaut sur son unique eurobond en décembre 2023. Ce n’est qu’en juillet de l’année dernière qu’Addis-Abeba a conclu un accord final avec ses créanciers du Club de Paris sur la restructuration de 8,4 milliards de dollars de dette.
En juillet 2024, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé la dette extérieure éthiopienne à 28,9 milliards de dollars dont plus de la moitié est détenue par des institutions financières multilatérales telles que le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Sur les 12,4 milliards de dollars dus à des créanciers officiels, Pékin concentre 7,4 milliards de dollars et l’Arabie saoudite un peu plus de 1 milliard.





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