L’agence de notation financière américaine Moody’s a abaissé, samedi 29 mai, la perspective de la note souveraine du Mali de « stable » à « négative », tout en confirmant sa note d’émetteur à long terme en devises locale et étrangère à Caa2, une catégorie d’emprunteurs à très haut risque, à deux crans du défaut de paiement.
Concrètement, la décision de l’agence de notation va se traduire par une hausse de la prime de risque adossée aux émissions du Trésor malien et aux établissements publics. Cette révision à la baisse des perspectives du risque souverain du Mali est sans surprise. Elle reflète les inquiétudes de l’agence face à « la dégradation de l’environnement sécuritaire et aux conséquences potentielles sur la stabilité de l’État et sa capacité à honorer ses engagements auprès des créanciers ».
Pour Moody’s, l’offensive terroriste constitue désormais un risque majeur pour la solvabilité du pays. L’agence souligne notamment les attaques coordonnées menées en avril dernier à travers plusieurs régions du pays par des groupes séparatistes touaregs et des organisations terroristes.
Malgré un tableau sécuritaire fragile, Moody’s a choisi pour l’instant de maintenir la note souveraine du Mali à Caa2. Ses analystes mettent en avant la « résilience de l’économie malienne », qui a enregistré une croissance de 5,6 % en 2025. Cette performance a été portée par le dynamisme du secteur primaire et des services, malgré le recul de la production aurifère lié aux tensions entre l’État et plusieurs opérateurs miniers ainsi que les perturbations dans l’alimentation électrique. L’agence anticipe une croissance proche de 5 % par an au cours des trois prochaines années, soutenue par la hausse attendue de la production minière et la mise en œuvre du programme de développement gouvernemental. Cette trajectoire demeure toutefois conditionnée à l’évolution du contexte sécuritaire, tempère Moody’s, qui salue également la gestion relativement prudente des finances publiques. Malgré l’augmentation des dépenses de sécurité et de défense, qui ont représenté 4,9 % du PIB en 2025, le déficit budgétaire a été contenu à 2,3 % du PIB entre 2023 et 2025. La dette publique reste par ailleurs jugée modérée, à 41,8 % du PIB, un niveau inférieur à celui observé dans plusieurs économies de la sous-région.











