Face au déficit persistant de financement du commerce en Afrique, Mauritius Commercial Bank (MCB) passe à l’offensive. Le groupe bancaire mauricien a annoncé une enveloppe de 1 milliard de dollars destinée à soutenir les échanges commerciaux sur le continent et à accompagner la montée en puissance de l’intégration économique africaine.
Mauritius Commercial Bank (MCB) renforce son engagement en faveur du commerce africain. Le groupe bancaire et financier mauricien a annoncé, le 28 mai, la mobilisation d’une enveloppe de 1 milliard de dollars destinée au financement des activités commerciales à travers le continent.
Ce programme, qui s’étalera sur quatre ans, couvrira aussi bien des facilités de crédit que des instruments de Trade Finance non financés. Il inclut notamment la confirmation de lettres de crédit, l’émission de garanties bancaires ainsi que d’autres mécanismes destinés à sécuriser et fluidifier les transactions commerciales entre les entreprises africaines.
À travers cette initiative, MCB entend faciliter l’accès au financement pour les opérateurs économiques engagés dans les échanges régionaux et internationaux, tout en contribuant au renforcement des chaînes de valeur africaines.
Le pari du commerce intra-africain
Pour le groupe mauricien, l’avenir de la croissance africaine passe en grande partie par le développement des échanges entre les pays du continent. Selon Thierry Hebraud, directeur général de MCB Group, cette enveloppe témoigne de la volonté de l’institution d’accompagner les entreprises africaines dans leurs besoins de financement et de soutenir les mécanismes favorisant l’intégration économique régionale.
Cette stratégie s’appuie également sur la présence internationale du groupe. À fin décembre 2025, MCB disposait de filiales bancaires aux Seychelles, à Madagascar, à La Réunion et aux Maldives. Le groupe est également représenté au Nigeria, au Kenya, en Afrique du Sud, aux Émirats arabes unis et en France à travers des bureaux de représentation, lui permettant d’accompagner les flux commerciaux entre plusieurs marchés.
Une dynamique continentale en pleine accélération
L’annonce intervient alors que le commerce intra-africain gagne progressivement du terrain dans les portefeuilles des établissements financiers.
Selon le rapport 2025 de la Banque africaine de développement (BAD) consacré au financement du commerce, publié le 28 mai 2026, les échanges intra-africains ont représenté 34 % du commerce total financé par les banques entre 2020 et 2024. Une progression spectaculaire de 89 % par rapport à la période 2011-2019.
Cette évolution reflète l’impact croissant des initiatives visant à renforcer les échanges régionaux, notamment dans le sillage de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Un déficit de financement toujours préoccupant
Malgré cette dynamique positive, le financement du commerce demeure l’un des principaux défis du continent.
La BAD estime que la demande non satisfaite de financement du commerce en Afrique se situait entre 74 et 92 milliards de dollars en 2024. À lui seul, le déficit évalué à 74 milliards de dollars représentait 5,4 % de la valeur totale des échanges de marchandises du continent.
Lors de la présentation du rapport, Anthony Simpasa, directeur du département de la politique macroéconomique, des prévisions et de la recherche de la BAD, a souligné que les interventions des banques multilatérales de développement, des gouvernements, des agences de crédit à l’exportation et des banques internationales avaient permis de réduire d’environ 10 % la demande non satisfaite entre 2019 et 2024. Sans ces mécanismes de soutien, le déficit annuel aurait dépassé les 100 milliards de dollars sur la période.
Les banques commerciales sous pression
Le rapport met également en lumière le recul du rôle des banques commerciales dans le financement du commerce africain. Entre 2020 et 2024, elles ont financé en moyenne seulement 23 % du commerce total du continent, contre 40 % au cours de la période 2011-2019.
Cette baisse s’explique notamment par les difficultés croissantes d’accès aux devises étrangères. Selon l’étude, 36 % des banques africaines considèrent désormais le manque de liquidités en devises comme le principal frein au développement de leurs activités de financement du commerce.
Dans ce contexte, l’initiative de MCB apparaît comme une réponse concrète à un besoin critique du marché, tout en confirmant l’intérêt croissant des institutions financières africaines pour le financement des échanges intra-africains, devenu un levier stratégique de transformation économique du continent.





Maurice



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