Le Président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué vendredi le soutien des Etats-Unis à la création de deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU pour des pays africains, mais estimé que leur refuser un droit de veto en ferait des « citoyens de seconde zone »
Dans le cadre d’une réforme hypothétique de cet organe clé des Nations unies, les Etats-Unis ont annoncé jeudi 12 septembre leur soutien à la création de deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU pour des pays africains, mais sans droit de veto.
Sans le droit de veto pour les Africains le rôle de l’ONU sera amoindri
Alors que le Conseil est largement paralysé, les Africains qui réclament depuis longtemps deux membres permanents veulent qu’ils soient sur un pied d’égalité.
Le fait qu’un continent d’1,3 milliard de personnes ne soit pas représenté au Conseil de sécurité amoindrit le rôle de l’ONU, a estimé le président sud-africain lors d’un point de presse.
Et refuser à l’Afrique le droit de veto « signifie que nous devenons encore une fois des citoyens de seconde zone », a lancé le numéro 1 sud-africain.
« Nous demandons et exigeons de participer sérieusement au Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il martelé. « Il n’est pas possible que l’Afrique ait une participation de seconde zone au Conseil de sécurité de l’ONU », a ajouté Cyril Ramaphosa.
Un Conseil de sécurité, legs d’une autre époque
Le Conseil de sécurité compte 15 membres : cinq permanents (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie) qui détiennent un droit de veto et dix élus pour deux ans qui représentent les différentes régions géographiques, dont trois pour l’Afrique.
Si la plupart des Etats membres de l’ONU reconnaissent l’injustice de la représentation au Conseil de sécurité largement héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale, la question de sa réforme est un véritable serpent de mer à l’aboutissement plus qu’incertain compte tenu des vues diverses sur la future composition et l’avenir du droit de veto.
Cette réforme nécessiterait l’adoption puis la ratification par deux-tiers des 193 Etats membres, dont les cinq membres permanents du Conseil.
Un des points les plus délicats est l’avenir du droit de veto des membres permanents.
Lors d’une conférence de presse jeudi, l’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-Greenfield a clairement indiqué que les Etats-Unis ne soutenaient pas l’extension du droit de veto pour de nouveaux membres, ni son abolition pour les membres actuels.
Avec AFP







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