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Driss Benhima, P-DG de Royal Air Maroc : « RAM assiste à une mutation historique en devenant une compagnie panafricaine »

Driss Benhima, PDG de RAM

Driss Benhima, PDG de Royal Air MAroc

 

RAM, qui tient à soigner son image et développer son identité africaine, est en train de déployer une nouvelle stratégie dans le ciel africain.

Son P-DG, Driss Benhima, explique.

 

 

AFRIMAG: outre la biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art) et le festival du marché africain des arts du spectacle d’Abidjan (MASA), Royal Air Maroc (RAM), qui n’a jusque-là soutenu que des manifestations organisées au Maroc, a signé un nouveau partenariat avec le FESPACO (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou). Comment expliquez-vous ce soutien de ram à ces événements culturels majeurs ?

Driss Benhima : Nous sommes profondément convaincus que la culture est un vecteur important pour le développement du continent africain. C’est pourquoi, nous n’hésitons pas à soutenir des manifestations qui contribuent à promouvoir les activités culturelles en Afrique. En tant que compagnie naturellement africaine, nous sommes fiers de supporter les plus grands événements culturels et artistiques d’Afrique tels le Fespaco, le MASA et la Biennale de Dakar.

La conclusion de ce genre de partenariats s’inscrit dans les efforts que ne cesse de déployer Royal Air Maroc pour défendre et valoriser l’image du continent africain à travers le monde par l’accompagnement de ces grandes manifestations à l’échelle internationale. Elle s’inscrit surtout dans la lignée de l’engagement profond de Royal Air Maroc dans son contexte historique et continental tout en confirmant son statut de compagnie africaine de référence. Il ne faut pas oublier que Royal Air Maroc est heureuse d’associer son image aux valeurs universelles véhiculées par ces manifestations prestigieuses, notamment les valeurs de paix, de fraternité, de tolérance et d’ouverture.

Pourquoi avez-vous opté de soutenir la culture plutôt qu’un autre domaine quand on sait qu’en Afrique, il y a d’autres urgences ?

Grâce à sa connaissance de son milieu africain, étant donné qu’elle est présente dans le continent depuis plus d’un demi-siècle, Royal Air Maroc est impliquée dans le développement accéléré que connaît l’Afrique. C’est pourquoi notre conviction est que la culture est un vecteur important pour le développement du continent africain. Il n’y a pas d’acte créatif sans imaginaire fort, comme il n’y a pas d’imaginaire fort sans une identité culturelle décomplexée, sûre d’elle-même et active. C’est pour cela que la construction de cette identité africaine de Tanger au Cap passe inéluctablement par la mise en valeur de la culture africaine. La conclusion de ce genre de conventions permet ainsi de renforcer la contribution de Royal Air Maroc dans cette construction de l’identité africaine. Au-delà de notre importante contribution au niveau économique eu égard au rôle que nous jouons en tant qu’acteur africain majeur du transport aérien dans la consolidation des relations économiques, diplomatiques et sociales, nous sommes convaincus de l’importance cruciale de la culture à renforcer le développement du continent africain. C’est pourquoi la culture ne doit pas figurer comme un accessoire mais plutôt comme une urgence autant que le développement économique, social, éducatif… Et c’est pour cette raison que la culture est érigée en priorité dans la politique de Royal Air Maroc en Afrique.

RAM s’ancre de plus en plus en Afrique en multipliant les dessertes sur le continent. est-ce à dire que votre compagnie qui misait en priorité sur l’Europe est en train d’amorcer un nouveau virage?

Royal Air Maroc est présente en Afrique depuis sa création, c’est-à-dire depuis 1957 lorsqu’elle a lancé les vols réguliers avec le Sénégal qui figuraient parmi les premières liaisons internationales de la compagnie. Depuis, nous sommes passés à 30 destinations africaines desservies. Casablanca est devenu une plateforme de correspondances incontournable entre l’Afrique et le reste du monde et le premier hub aérien africain pour les flux de transport entre le continent et l’Europe. En tant que compagnie aérienne, notre stratégie converge parfaitement avec la politique de rayonnement continental adoptée et poursuivie par le Royaume et réaffirmée avec constance par S.M Le Roi Mohammed VI que Dieu L’assiste. Ces orientations répondent au besoin et à la volonté de croissance et d’ouverture des classes moyennes africaines qui feront la croissance mondiale de demain et dans laquelle le Maroc est profondément impliqué en tant qu’acteur économique pionnier conformément à son engagement à inscrire son développement à travers une vision continentale, la plus authentique qui soit au regard de notre histoire, une vision renouvelée et renforcée par Sa Majesté le Roi. Il est évident donc que Royal Air Maroc vit actuellement un tournant dans son histoire. Elle assiste à une mutation historique en devenant une compagnie africaine au service du développement de notre continent. Et c’est pour cela qu’elle est aujourd’hui le premier transporteur aérien de l’Afrique de l’Ouest et la deuxième Compagnie par le chiffre d’affaires d’Afrique.

Elle relie 30 destinations africaines avec 45 autres hors de l’Afrique et quand un Africain quitte le continent, le deuxième aéroport par lequel il transite est Casablanca (après Paris), qui est donc le premier en Afrique. Il y a donc 47% des passagers de la compagnie qui ne s’arrêtent pas à Casablanca, ils continuent au-delà du Royaume. Près de la moitié donc de la clientèle n’est pas concernée par ce qui se déroule au Maroc et n’en connait que l’aéroport Mohammed V.

Les passagers d’Afrique subsaharienne représentent 47 % du nombre total des passagers de RAM alors qu’ils étaient que 5 % en 2004. Comment expliquez-vous ce résultat ?

Ce résultat est le fruit de plusieurs années de travail et de persévérance de toutes les équipes de la compagnie qui se sont mobilisées pour permettre à Royal Air Maroc d’offrir à travers l’aéroport Mohammed V de Casablanca (deuxième hub au monde pour le trafic entre l’Europe et l’Afrique), 1.000 vols par semaine et plus de 200 possibilités de connectivité par jour de l’Afrique vers le reste du monde, avec des temps de connexion optimums, la moitié des vols en continuation ayant une durée de transit de moins de 3 heures.

La compétitivité de nos routes qui sont plus courtes que celles des concurrents y est pour quelque chose également. Mais il y a surtout les grands efforts qui ont été déployés pour l’amélioration des services au profit des passagers notamment les passagers en transit. Je rappelle que la compagnie a déployé d’importants investissements pour renforcer les infrastructures d’accueil pour les clients en connexion. Dans ce cadre, la compagnie a procédé à la rénovation de la salle de transit T3 à l’aéroport Mohammed V de Casablanca qui s’étend sur une superficie de 900 m2. Elle a également procédé au renouvellement des cabines de sa flotte. Sans oublier les efforts déployés pour l’amélioration du taux de ponctualité qui est aujourd’hui de 84%. Il y a aussi le fait que Royal Air Maroc n’a jamais failli à ses engagements à assurer le trafic et les dessertes aériennes en Afrique au profit de sa clientèle même lors des périodes les plus délicates à l’image des liaisons aériennes au Mali qui se sont maintenues malgré les tensions qu’a connues dernièrement cette région.

Dak’Art Driss Benhima FESPACO Royal Air Maroc

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