Menaces sur la souveraineté industrielle dans la filière des engrais azotés, incitations à réduire la climatisation, développement de nouvelles offres alternatives de transport à la demande ; le centenaire de Lufthansa en 2026 représente dans le contexte actuel une aventure aussi passionnante qu’inédite pour favoriser l’émergence de nouveaux parcours en faveur du transport décarboné. En somme, en reliant tous les territoires, les voyageurs et les talents nomades, et créant du « commun ». Donner souffle à une telle ambition implique de privilégier le covoiturage, les transports en commun ou le vélo pour les trajets courts auprès des aéroports tant européens qu’au-delà des frontières de l’UE.
Il y a cent ans, en avril 1926, un avion Luft Hansa décollait pour la première fois. Et si le centenaire 2026 de Lufthansa lançait une idée de départ de désigner chaque année « une ville européenne de la mobilité décarbonée », dans les pas de Marguerite Chanvril, pionnière de la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) des entreprises. Ce processus pourrait inaugurer une longue série de ce que l’on appellerait, à partir de la prochaine décennie, les «capitales européennes du transport décarboné », vitrines d’éco-airports ou green airports régionaux européens.
Au lendemain d’une longue crise sanitaire qui a éprouvé le secteur du transport aérien, et au moment même où la guerre en Ukraine nous conduit à être solidaires d’un pays en lutte pour ses libertés et son indépendance, nous, citoyens européens, nomades et créateurs, devons faire le choix d’affirmer l’importance et la force de l’Europe du futur, de la mobilité décarbonée et de l’innovation transfrontalière comme facteurs de paix et de dialogue, pour rapprocher les personnes et les territoires.
Cent ans depuis la fondation de la Luft Hansa – bien plus que de simples étapes techniques, ce sont des histoires de courage et de crises, de bouleversements et de nouveaux départs, d’innovation et de passion. Cent ans d’histoire vivante : des pionniers de l’aviation de la Luft Hansa en 1926 à la compagnie aérienne internationale de premier plan qu’elle est aujourd’hui. Depuis des générations, la grue symbolise la promesse de nouveaux départs, de liens et d’avenir. En 2026, cet anniversaire riche en événements, en récits et en émotions est aussi porteur de nouvelles réflexions pour inventer les prochains chapitres de notre histoire européenne décarbonée, en s’appuyant sur les travaux sur la Maison Ecologique de l’innovateur franco-allemand, Pierre Eugène Lognoné (1930-2022), ancien élève de l’Institut Goethe sur les rives du lac de Constance.
D’autant que le contexte actuel nous pousse à privilégier le covoiturage, les transports en commun ou le vélo pour les trajets courts domicile-aéroport. L’Europe doit affronter les effets combinés de plusieurs facteurs de compétitivité défavorables : la hausse durable du prix du gaz naturel depuis la guerre en Ukraine, matière première essentielle à la production d’ammoniac, les tensions géopolitiques internationales, notamment au Moyen-Orient avec les risques liés au conflit impliquant l’Iran, ainsi que le coût du carbone dans le cadre du Green Deal européen, estimé à environ 100 euros par tonne pour les industriels concernés.
En Allemagne particulièrement, le bilan énergétique est sévère, à cause de la forte dépendance à l’égard des importations d’énergie, mais en baisse (les importations nettes représentaient 61 % de la consommation d’énergie primaire en 2023), ce qui se traduit par des prix de l’électricité très élevés. L’Allemagne affiche les prix de l’électricité les plus élevés d’Europe pour les ménages (second semestre 2024) et les troisièmes prix de l’électricité les plus élevés pour l’industrie.
Cette situation intervient aussi dans un contexte de forte fragilisation de la filière française des engrais azotés, alors que la production nationale ne couvrirait qu’environ 30 % des besoins du pays, le reste étant importé depuis l’Union européenne et des pays tiers, notamment la Russie, l’Égypte ou la Chine.
Le pays conserve tout de même une base industrielle solide (20 % de la valeur ajoutée brute, 23 % de l’emploi total en 2024). Sans oublier, un accent mis sur la recherche et le développement, par exemple dans les domaines de la biotechnologie et des machines. Un faible chômage structurel ; un système d’apprentissage bien développé ; un nombre élevé de PME exportatrices familiales (Mittelstand).
Il reste donc à inventer de nouveaux usages, de nouveaux parcours. Le covoiturage pour les trajets domicile-aéroport peut constituer un vrai laboratoire dans ce domaine, avec l’expertise notamment de FlyPool, porteur d’un nouvel écosystème de convergence aéroportuaire.
Envie de covoiturer pour rentrer à l’aéroport ?





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