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Élections américaines : le choix de l’Afrique

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Les élections américaines font toujours l’évènement. Pour des considérations de politique internationale et d’enjeux géostratégiques à court et moyen termes. Mais celles de 2020 étaient une confrontation entre deux Amériques pour le choix du modèle de gouvernance interne, incarné avec véhémence par Trump, mais aussi des rapports avec le reste du monde.

La Chine attendait avec impatience la chute de Trump dont l’America first a nui considérablement à ses échanges commerciaux et mis en danger certains supports de son économie. Idem pour l’Europe qui a engagé la guerre des GAFAM sans s’assurer au préalable de sa capacité à tenir tête à la première puissance mondiale. La Russie de Poutine nageait à contre-courant, elle qu’on accuse d’avoir provoqué, en 2016, la défaite d’Hilary Clinton. Et qui aurait cherché, pour commodité stratégique, de refaire le même coup pour Joe Biden, cherchant à convertir son statut d’ancien Vice-président en celui de nouveau chef de l’Exécutif.

Dans cette «guerre» entre puissances, l’Afrique affiche, elle aussi, ses choix en fonction non seulement de ce qu’elle a comme valeur économique sûre, étant l’un des marchés émergents pour les pays industrialisés, mais des  liens de filiation avec les Noirs américains, ou Afro-Américains, qui constituent la deuxième minorité des États-Unis avec 14,67% (47,41 millions) de la population totale en 2017.

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Les manifestations de désaveu de la politique africaine de Donald Trump durant son mandat trouvent leur raison dans les actes de provocation de ce républicain atypique. On se rappelle de «l’insulte» au plus grand symbole de l’Afrique, Nelson Mandela, déclarant qu’il «n’est pas un vrai leader», selon l’ancien avocat de Trump, Michael Cohen ! En janvier 2018, il a traité les Etats africains de «shit country », traduisez par pays de merde, lors d’une réunion sur l’immigration dans le bureau ovale.

Le ton «trumpien» de ce rapport au monde a été donné dès l’élection de 2016, quand le successeur d’Obama avait décidé de définir les grands principes de sa politique étrangère : nationalisme, unilatéralisme, militarisme, protectionnisme et développement des relations bilatérales sur la base d’affinités idéologiques. Exit donc l’Afrique où Donald Trump ne s’est jamais rendu, même si les Etats-Unis y ont accru leur présence militaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Sur le plan commercial, l’administration Trump, fidèle à la nouvelle ligne d’une diplomatie transactionnelle et d’un positionnement anti-libre-échange, a engagé plusieurs révisions de la loi commerciale de l’ère Clinton, l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), remettant en cause l’accès libre au marché américain de produits africains.

Face à de tels dénis, l’Afrique fonde de nouvelles espérances sur l’arrivée à la Maison Blanche d’un Joe Biden qui pourrait recréer les conditions d’un repositionnement stratégique qui n’a pas, comme seuls principes, les humeurs d’un président homme d’affaires.

Joe Biden aura alors l’opportunité d’affiner l’approche d’un Barack Obama qui, malgré ses origines kenyanes, n’avait pas fait mieux que les autres avec une politique africaine marquée par un curieux mélange d’immobilisme et de changement. C’est le pire pour l’Afrique. Le meilleur est de le voir continuer dans l’optique des politiques africaines qui ont durablement marqué le continent, que cela soit avec le démocrate Clinton et son AGOA (African Growth and Opportunity Act) ou à le républicain Georges W. Bush et son President’s Emergency Plan for AIDS Relief, plus connu sous l’abréviation PEPFAR.

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