Monaco - APG World Connect 2026
De retour à Monaco après une escapade sévillane, le World Connect fête sa 17ème édition du 4 au 6 novembre 2026. Sa présidente, Sandrine de Saint Sauveur, revient sur l’élaboration d’un programme «fluide et international», évoque les turbulences du secteur aérien -du prix du carburant aux tensions géopolitiques- et défend l’idée d’un forum où la diversité culturelle apaise les tensions. Entretien.
«Le World Connect est une parenthèse où l’on parle ouvertement, où l’on apprend»
AFRIMAG : Le World Connect revient à Monaco après l’édition 2025 à Séville. Pourquoi ce retour à Monaco était-il important pour vous ?

Sandrine de Saint Sauveur : Monaco est un peu le retour «à la maison». C’est une destination internationale qui fait rêver et qui dispose d’établissements hôteliers de très haute gamme. Le Fairmont a été complètement rénové et nous sommes donc ravis d’y revenir après quelques années d’absence. Une autre raison est bien sûr l’accessibilité : l’aéroport de Nice Côte d’Azur est une plateforme aéroportuaire de premier plan qui dessert le monde entier, sans compter le transfert en hélicoptère entre Nice et Monaco qui offre une expérience unique.
AFRIMAG : Plus de 400 décideurs, dont une centaine de dirigeants de compagnies aériennes, sont attendus cette année. Comment avez-vous construit le programme de cette 17ème édition ?
Sandrine de Saint Sauveur : La construction du programme commence en février et nous adaptons en fonction des feux de l’actualité et de la disponibilité des intervenants potentiels. C’est un travail de réflexion en équipe, en continu, sur plusieurs mois, car la construction d’un programme fluide, international et de haut vol est loin d’être chose facile !
AFRIMAG : «Navigating change, unlocking growth» est le thème de cette édition. Quels sont, selon vous, les grands défis auxquels l’industrie aérienne doit aujourd’hui s’adapter ?
Sandrine de Saint Sauveur : Il y en a plusieurs. Je dirais un possible ralentissement de la demande alors que l’offre reste à l’étal : les incertitudes géopolitiques ont clairement affecté une partie du trafic entre l’Asie et l’Europe, par exemple. Et puis bien sûr le prix du carburant. Les plus grosses compagnies sont partiellement couvertes, mais cela ne suffira pas et il y aura forcément une répercussion sur le prix des billets. Et quant aux compagnies de moindre taille, avec des tensions de trésorerie, ces dernières ne sont pas couvertes et là, cela risque de devenir sanglant.
AFRIMAG : Le World Connect réunit compagnies aériennes, distributeurs, agences de voyages et acteurs technologiques. Quelle valeur ajoutée cette diversité apporte-t-elle aux échanges ?
Sandrine de Saint Sauveur : Dans cette époque d’intolérance et de tensions, je crois qu’il est essentiel de se parler. Le respect des cultures, d’autrui et le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que soi est primordial. N’oublions pas que pour exister en tant qu’être humain, nous devons avoir la conscience de l’altérité. Eh bien le World Connect est une parenthèse où tous les participants contribuent à l’apaisement des tensions, car c’est un lieu où l’on parle ouvertement, où l’on apprend. Réunir plus de 80 nationalités de décideurs est une vraie richesse intellectuelle et sociétale.
AFRIMAG : Après 17 éditions, comment souhaitez-vous faire évoluer le World Connect pour qu’il reste un rendez-vous incontournable du transport aérien international ?
Sandrine de Saint Sauveur : Je crois aux fondamentaux : un accueil classe et chaleureux, dans un endroit de haut vol, avec des intervenants qui viennent de tous les continents et nous captivent, et une audience multiculturelle qui est captivée ! Notre évolution dépendra essentiellement de ce qui se passe dans le monde, car une seule chose est certaine, c’est l’incertitude, et nous devons vivre avec.











