Tim Cook fait ses adieux à la direction d’Apple ce lundi 1er septembre. John Ternus, directeur de l’ingénierie matérielle du groupe, lui succède à la direction générale et devient le huitième PDG de l’histoire de la firme de Cupertino. Apple avait annoncé ce changement dès avril : quatre mois de transition, rien d’inhabituel pour une passation de pouvoir de cette ampleur.

Quinze ans, puis une transition en douceur
Cook avait succédé à Steve Jobs en août 2011, quelques semaines avant la mort du fondateur, à une époque où beaucoup peinaient encore à dissocier l’entreprise de l’homme qui l’avait créée. Quinze ans plus tard, il laisse une société valorisée près de 4 000 milliards de dollars, l’un des mandats les plus longs à la tête d’Apple. Dans sa lettre aux actionnaires, il l’avait annoncé clairement : « Au cours des prochains mois, je me consacrerai à de nouvelles fonctions, quittant mon poste de PDG en septembre pour devenir président exécutif d’Apple. »
Car Cook ne quitte pas vraiment la scène.
Comme président exécutif, il se consacrera à une mission précise : rencontrer les décideurs politiques et gérer les relations d’Apple avec la Maison Blanche et Pékin. Un chantier devenu incontournable, entre droits de douane, procédures antitrust des deux côtés de l’Atlantique et une chaîne d’approvisionnement qui repose encore largement sur la Chine.
Ternus n’est pas un homme d’opérations. C’est précisément le point crucial
Cook s’était forgé sa réputation dans la gestion des opérations et de la chaîne d’approvisionnement. Ternus, lui, est l’exact inverse : un ingénieur entré chez Apple en 2001, passé presque toute sa carrière dans les équipes produits et matériels, avant de prendre la direction de l’ingénierie matérielle en 2021.
Cook le décrit comme un « ingénieur et un penseur brillant. » Dans sa propre déclaration, Ternus a tenu à rappeler ses racines : « Ayant passé la quasi-totalité de ma carrière chez Apple, j’ai eu la chance de travailler sous la direction de Steve Jobs et d’avoir Tim Cook comme mentor. » Selon certaines sources, il estimait depuis un certain temps qu’Apple avait besoin d’une refonte de son design. Au-delà d’un simple changement de directeur général, c’est un pari que fait le groupe : celui qui conçoit les produits pèserait plus, pour son avenir, que celui qui gère les opérations qui en découlent.
Ce que Ternus hérite réellement
Force est de reconnaître que Ternus n’a jamais dirigé d’entreprise cotée, ni piloté une activité de services de la taille de celle d’Apple. Son expérience des autorités de régulation est limitée, un terrain où Cook s’était au contraire construit une solide expertise en plus de quinze ans.
Et le moment choisi n’a rien de confortable. Apple tente toujours de combler son retard face à Google, OpenAI et Anthropic dans l’intelligence artificielle ; le groupe est dans le viseur des autorités antitrust à Washington comme à Bruxelles ; et il s’apprête à lancer son premier iPhone pliable.
Aucun de ces dossiers ne s’interrompt pour une passation de pouvoir. Le même jour, Apple annonce par ailleurs la nomination d’Arthur Levinson, son président non exécutif depuis quinze ans, au poste d’administrateur indépendant principal. Une façon de verrouiller la continuité autour de Ternus, le temps qu’il prenne ses marques.
Apple n’a connu que huit PDG dans son histoire. Ternus est le dernier en date, et le produit reste au cœur de ce que l’entreprise attend de lui.





Etats-Unis
![Tribune | Après l’accès à l’IA : le vrai chantier africain sera l’organisation [Par Ayoub El Machatt, auteur de L’Hybride] L'accès à l'intelligence artificielle se banalise. Pour quelques dizaines d'euros par mois, un collaborateur dispose aujourd'hui de capacités qui auraient exigé des budgets considérables il y a peu. Les modèles progressent, les interfaces se simplifient, et les usages se diffusent dans les équipes bien plus vite que les décisions prises par leur entreprise.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Afrique-et-IA-450x257.png)




