Le décret attendu est enfin paru. Le 19 mars 2026, le Bulletin officiel publie le texte n° 2-25-100 qui rend pleinement opérationnelle la loi 82-21 sur l’autoproduction. Et déjà, les acteurs du secteur préparent l’après. À Casablanca, la jeune entreprise Electric Mobility Solutions (EMS) propose une offre rare : réunir en une seule prestation le photovoltaïque en autoconsommation, le stockage par batteries et les bornes de recharge pour véhicules électriques.

Un cadre réglementaire qui débloque le marché
Le secteur a longtemps avancé à vue. La loi 82-21 posait le principe, mais il manquait le cadre procédural : régimes applicables selon la taille des installations, conditions de raccordement, exigences techniques. Le décret distingue trois régimes selon la puissance. Les installations inférieures à 11 kW relèvent d’une simple déclaration, ce qui ouvre largement l’autoconsommation photovoltaïque aux ménages.
Pour les entreprises marocaines, l’enjeu est d’abord économique. Le Conseil de la concurrence estimait que l’essor de l’autoconsommation, associé à une meilleure régulation du marché, pourrait ramener le prix moyen du kilowattheure de 0,9 à 0,6 dirham. Chaque kilowattheure produit sur site est un kilowattheure qui n’est plus acheté au tarif du réseau.
Une seule entreprise pour les trois métiers
La particularité d’EMS tient à son périmètre. Là où le marché marocain sépare traditionnellement l’installateur solaire, le fournisseur de batteries et l’opérateur de bornes, EMS traite les trois comme un seul système : étude, fourniture, installation et mise en service sont assurées par la même équipe, partout au Maroc.
Production solaire : centrales en autoconsommation, en toiture, en ombrière de parking ou au sol, du logement individuel au site industriel. Stockage par batteries : batteries résidentielles et conteneurs BESS, qui rendent disponible le soir l’énergie produite dans la journée, écrêtent la pointe et sécurisent l’alimentation. Recharge électrique : bornes AC et DC alimentées en priorité par la production solaire du site, avec supervision et pilotage à distance.
« Une borne de recharge branchée sur le réseau ne fait que déplacer la facture. Branchée sur une installation solaire et une batterie, elle la supprime pour l’essentiel. C’est cette continuité, du panneau au véhicule, qui change l’équation financière d’un projet », explique Abdellah El Mouadden, Fondateur & Gérant d’EMS.
Une gamme de 7 kW à 3,5 MW
Partenaire de Sungrow, l’un des premiers fabricants mondiaux d’onduleurs et de systèmes de stockage, EMS déploie une gamme continue : borne murale AC de 7 à 22 kW pour le résidentiel, borne DC de 30 kW, unités compactes de 120 à 180 kW puis de 240 à 480 kW, systèmes satellites de 360 et 480 kW, jusqu’aux stations haute puissance de 1 à 3,5 MW, avec le stockage associé. Le même interlocuteur peut ainsi équiper une villa et une station-service sur autoroute.
Le maillon manquant de la mobilité électrique
Le marché du véhicule électrique progresse plus vite que son infrastructure. Plus de 2 400 voitures 100 % électriques ont été immatriculées au premier semestre 2025, alors que le pays ne compte, selon les estimations des professionnels, qu’un peu plus de 600 bornes publiques, concentrées à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Agadir. La majorité de ces équipements plafonne à 22 kW, les bornes rapides restent rares et les ultra-rapides quasi absentes : une situation difficilement compatible avec l’échéance du Mondial 2030.
C’est précisément là qu’EMS positionne son offre. Associer la borne à une production locale et à une batterie tampon permet d’installer de la puissance sans attendre un renforcement lourd du réseau de distribution, un argument décisif pour les stations-service, les parkings et les concessions automobiles.
Huit familles de clients, une même logique
Le raisonnement est identique d’un segment à l’autre, seul le point d’équilibre change. L’industriel cherche l’écrêtage de pointe et une baisse durable du coût du kWh sur de gros volumes. Le commerce et le tertiaire produisent exactement pendant leurs heures d’ouverture. Les parkings font travailler deux fois le mètre carré : l’ombrière produit, la place se loue. Les hôtels font de la recharge un critère de réservation. Les gestionnaires de flottes programment la recharge de nuit au meilleur tarif. Les concessions livrent des véhicules chargés. Et le particulier retrouve une facture allégée et une voiture rechargée à la maison.
Trente ans d’automobile derrière le projet
EMS est née de la rencontre de deux trajectoires. Son fondateur, Abdellah El Mouadden, a passé plus de trente ans dans l’industrie automobile marocaine, notamment au sein d’Auto Hall, où il a dirigé la distribution de plusieurs marques et conduit le sourcing de véhicules. Cette connaissance des réseaux de distribution, des concessions et des flottes explique l’orientation de l’entreprise : EMS ne vend pas seulement de l’équipement énergétique, elle équipe les acteurs qui feront rouler les véhicules électriques marocains.
L’entreprise propose un audit de site et une étude technique gratuits et sans engagement : relevé de la consommation, dimensionnement du champ photovoltaïque et du stockage, définition des points de recharge et chiffrage du retour sur investissement. Les installations réalisées s’amortissent en trois à quatre ans, pour une durée de production supérieure à quinze ans.


![Éclairage | Les investissements étrangers au Maroc et le cadre de garantie des transferts : le dispositif de la convertibilité à terme – Partie III [Par Hassan Ouatik, expert-comptable, OEC Paris] Dans cette troisième partie, nous présentons les modalités pratiques de transfert des produits de cession ou de liquidation des investissements étrangers au Maroc dont le financement en devise n'a pu être justifié conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. Nous rappelons que la garantie de transfert est légalement et automatiquement acquise aux investissements étrangers dont le financement : • est effectué réellement en devise et dont le justificatif est présenté à la banque lors de la réalisation du transfert (revenus ou produits de cession de l'investissement) ; • est effectué en dirhams convertibles (à l'origine) ou d'après le mécanisme de la convertibilité à terme.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Or-320x180.jpg)


Maroc
![Éclairage | Les investissements étrangers au Maroc et le cadre de garantie des transferts : le dispositif de la convertibilité à terme – Partie III [Par Hassan Ouatik, expert-comptable, OEC Paris] Dans cette troisième partie, nous présentons les modalités pratiques de transfert des produits de cession ou de liquidation des investissements étrangers au Maroc dont le financement en devise n'a pu être justifié conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. Nous rappelons que la garantie de transfert est légalement et automatiquement acquise aux investissements étrangers dont le financement : • est effectué réellement en devise et dont le justificatif est présenté à la banque lors de la réalisation du transfert (revenus ou produits de cession de l'investissement) ; • est effectué en dirhams convertibles (à l'origine) ou d'après le mécanisme de la convertibilité à terme.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Or-450x253.jpg)
![Édito | Aviation : les futurs majors aériens [Par Jean-Louis Baroux] Et pourtant, qu'on le veuille ou non, le transport aérien continue à croître. Il n'est qu'à songer aux quelque 20 000 appareils actuellement en commande, en rappelant que la valeur moyenne d'un avion moderne est de 100 millions de dollars. Les chiffres sont vertigineux, et l'on voit mal comment ils pourraient être supportés uniquement par les pays qui ont jusqu'à présent fait la prospérité de ce secteur.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Inde-Chine--450x230.jpg)

![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--450x209.jpg)

