En quelques heures, l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a déjà engrangé près de 1 476 milliards de nairas. Un démarrage spectaculaire qui place l’opération sur la trajectoire d’un record africain, alors même que la souscription ne s’achèvera que le 13 octobre.
Le coup d’envoi n’a pas tardé à produire ses effets. À la mi-journée du 14 septembre, quelques heures seulement après l’ouverture de l’offre sur la Nigerian Exchange (NGX), les souscriptions à l’IPO de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals atteignaient déjà 1 476,17 milliards de nairas.
Selon les données actualisées de la Bourse nigériane, 402 634 transactions avaient été enregistrées pour un montant cumulé de 1 476 171 994 112 nairas. De quoi donner immédiatement du relief à une opération suivie de près par les marchés africains.
À ce stade, la demande représente environ 68,6 % du montant maximal de 2 152,5 milliards de nairas susceptible d’être mobilisé si l’offre est entièrement souscrite. Le chiffre est spectaculaire, mais il faudra attendre la clôture de l’opération, le 13 octobre, pour mesurer véritablement l’appétit du marché.
4,1 milliards d’actions mises sur le marché
L’offre porte sur 4,1 milliards d’actions, proposées au prix de 525 nairas l’unité. Si l’intégralité des titres est souscrite, Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals pourrait ainsi lever environ 1,63 milliard de dollars.
L’opération est ouverte jusqu’au 13 octobre 2026, avant une première cotation attendue en novembre sur la Nigerian Exchange. Particularité destinée à élargir la base des investisseurs : l’accès au capital est possible à partir de 10 actions, soit un ticket d’entrée de 5 250 nairas.
Les titres proposés au public correspondent à environ 3 % du capital. Pour séduire le plus grand nombre, le dispositif de souscription s’appuie sur un maillage particulièrement large : 20 banques, 17 fintechs, deux opérateurs de services mobiles ainsi que la plateforme NGX Invest.
Autrement dit, derrière la spectaculaire mécanique financière se joue aussi une opération de démocratisation de l’actionnariat autour de l’un des actifs industriels les plus emblématiques du Nigeria.
Le véritable pari : doubler la capacité de raffinage
Mais l’enjeu de l’IPO dépasse largement les milliards de nairas qui affluent vers le carnet d’ordres. Les fonds doivent notamment contribuer au financement du vaste programme d’expansion de la raffinerie.
L’installation, dont la capacité est actuellement estimée à environ 700 000 barils par jour, doit progressivement doubler sa production pour atteindre 1,4 million de barils par jour à l’horizon 2029.
Un changement d’échelle qui nécessite des moyens considérables. Le programme d’investissement du groupe est évalué à 14,3 milliards de dollars et englobe plusieurs projets industriels dans les hydrocarbures.
À elle seule, l’IPO ne peut donc pas financer cette transformation. Les 1,63 milliard de dollars attendus représentent environ 11 % de l’enveloppe globale. L’opération doit plutôt être lue comme l’un des leviers d’un plan industriel beaucoup plus vaste.
Une valorisation qui donne le vertige
C’est peut-être ici que se situe le véritable sujet de cette IPO. Au prix de 525 nairas par action, la raffinerie est valorisée à environ 63 000 milliards de nairas, soit près de 48 milliards de dollars au taux de change retenu par Reuters.
Un niveau de valorisation qui donne toute sa portée à l’opération. Car si seulement 4,1 milliards de titres sont proposés au public, Dangote conserve l’essentiel du capital : 87 % après l’IPO.
Le groupe ouvre donc une petite fenêtre sur son capital sans céder les commandes de l’outil industriel. Une configuration qui permet à la fois de lever des fonds, d’élargir l’actionnariat et de conserver le contrôle stratégique de la raffinerie.
Le pari des 350 milliards de dollars
Aliko Dangote voit, lui, beaucoup plus loin. Le milliardaire nigérian a indiqué que son groupe pourrait atteindre une valorisation de 350 milliards de dollars d’ici à 2030.
Cette ambition repose notamment sur la montée en puissance des capacités de raffinage et sur le développement d’activités intégrées dans les hydrocarbures et la pétrochimie.
Attention toutefois à ne pas mélanger les chiffres. Les 350 milliards de dollars correspondent à un objectif de valorisation du groupe à long terme, et non à la valeur de la seule raffinerie telle qu’elle ressort de l’IPO actuelle.
Le record africain en ligne de mire
Reste l’essentiel : l’appétit du marché. Avec près de 1 476 milliards de nairas récoltés en quelques heures, l’opération démarre sur des bases particulièrement solides.
Il faudra désormais voir si cette dynamique se maintient jusqu’au 13 octobre. Si l’offre est intégralement souscrite dans les conditions annoncées, l’IPO de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals pourrait entrer dans l’histoire comme la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique.
Pour Dangote, le message est clair : la raffinerie n’est plus seulement un gigantesque pari industriel. Elle devient aussi un actif financier capable de mobiliser, à lui seul, une partie significative de l’épargne des marchés africains.





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