De nombreux auteurs étrangers, dont le Prix Nobel de littérature Han Kang, refusent de continuer à publier chez Grasset.
« Nous refusons que notre travail soit utilisé au service de fins politiques que nous ne partageons pas », ont notamment écrit ces écrivains dans un texte qui doit être publié dans plusieurs médias à l’étranger.
La majorité des auteurs étrangers publiés chez Grasset ont annoncé lundi 11 mai, dans un texte commun, qu’ils ne soumettront pas leurs prochains livres à la maison d’édition, à la suite du limogeage de son PDG Olivier Nora. « En tant qu’auteurs publiés sur la liste internationale des Éditions Grasset, nous exprimons notre vive inquiétude quant à l’avenir de cette maison, à son intégrité éditoriale, et aux équipes qui la font vivre », indiquent ces auteurs dans ce texte, dont l’AFP a pris connaissance.
« Nous refusons que notre travail soit utilisé au service de fins politiques que nous ne partageons pas. L’extrême droite agit au-delà des frontières ; elle doit être combattue au-delà des frontières. Dans ces conditions, nous ne soumettrons pas nos prochaines œuvres aux Éditions Grasset », ajoutent-ils.
« Les conditions de l’indépendance éditoriale » sont « compromises »
Ce texte, qui doit être publié dans plusieurs médias à l’étranger, est notamment signé par les écrivains Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024, Ali Smith, Jón Kalman Stefánsson, Colm Tóibín ou Sandro Veronesi.
Ces écrivains prennent la même décision que quelque 200 auteurs français qui ont annoncé à la mi-avril leur refus de publier de nouveaux livres chez Grasset pour dénoncer le. « licenciement » d’Olivier Nora, dont ils tiennent pour responsable Vincent Bolloré, l’homme d’affaires qui a dans son giron Hachette, maison mère de Grasset.
« Le renvoi d’Olivier Nora pour ses choix éditoriaux laisse entendre qu’aucun éditeur chez Grasset, ni au sein de Hachette, n’est désormais à l’abri, que les éditeurs peuvent être congédiés à tout moment sans continuité ni protection, et que les conditions de l’indépendance éditoriale ont été fondamentalement compromises », estiment les auteurs étrangers. « Ce fut un honneur d’être traduits en français et publiés par une équipe aussi dévouée et de si haut niveau », soulignent-ils.
Le nouveau livre de Boualem Sansal en librairie le 2 juin
Vincent Bolloré a dénoncé, dans une tribune publiée par le JDD le 19 avril, le « vacarme »d’une « petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous », et assuré que Grasset »continuera » en dépit du départ de nombreux écrivains. La maison d’édition doit publier le 2 juin le nouveau livre de Boualem Sansal, La légende, sur sa détention en Algérie.
La mobilisation des auteurs mécontents doit se poursuivre mercredi lors d’une réunion à huis clos dans un théâtre parisien, où ils discuteront des prochaines actions à mener, notamment pour protéger leurs droits, avec des responsables du monde de l’édition et des avocats.
Avec AFP





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