Né en 1965 à Gando, Francis Kéré devient le premier Africain à recevoir le «nobel» de l’architecture.
Parmi ses réalisations phares, figure l’école primaire de Gando, le village burkinabè où il est né
NEW YORK : Pionnier des constructions durables au service des populations, comme l’école de son village natal au Burkina Faso, l’architecte Francis Kéré a reçu mardi le prix Pritzker, devenant le premier Africain à recevoir la plus haute distinction de la profession.
« Je suis totalement convaincu que tout le monde mérite la qualité, que vous soyez riche ou pauvre. C’est là toute mon idée: comment créer du confort même pour les pauvres », a réagi l’architecte auprès de l’AFP, dans ses bureaux à Berlin où il partage sa vie avec son pays natal.
Né en 1965 à Gando, village à l’époque sans école du Burkina Faso qui l’a inspiré toute sa carrière, Francis Kéré devient le premier Africain à recevoir le « nobel » de l’architecture, un prix remis chaque année depuis 1979 et qui a déjà couronné les plus grands noms de cet art, comme Frank Gehry, Tadao Ando, Renzo Piano, Zaha Hadid ou Jean Nouvel.
« Nous avons beaucoup de jeunes qui cherchent des opportunités, et voir l’un d’entre eux gagner le prix Pritzker peut être une grande ouverture et une grande inspiration pour devenir architecte », a-t-il poursuivi.
Ecole primaire
« Dans la douleur actuelle de la crise sécuritaire, notre pays doit se rappeler qu’il est aussi la nation d’hommes exceptionnels comme Francis Kéré », a affirmé Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, économiste et président de l’organisation burkinabè Free Afrik, alors que le pays est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements jihadistes.
Francis Kéré est connu pour son implication dans des projets utiles à la population, comme des écoles, des établissements de santé ou des espaces publics, dans plusieurs pays africains, comme le Burkina Faso, le Bénin, le Mali, le Togo, le Kenya et le Mozambique.
« Grâce à son engagement pour la justice sociale et à l’utilisation intelligente de matériaux locaux pour s’adapter et répondre au climat naturel, il travaille dans des pays marginalisés, où les contraintes et les difficultés sont nombreuses et où l’architecture et les infrastructures sont absentes », ont salué les organisateurs du prix Pritzker, remis par la fondation Hyatt, dans un communiqué.
L’architecte, qui possède également la nationalité allemande, s’est aussi vu commander des pavillons et installations en Europe et aux Etats-Unis. En 2004, il avait déjà reçu le prix Aga Khan d’architecture.
Parmi ses réalisations phares, figure l’école primaire de Gando, le village burkinabè où il est né.
Le jury du prix Pritzker y voit les « bases de son idéologie: bâtir une source avec et pour une communauté afin de répondre à un besoin essentiel et de corriger les inégalités sociales ».
Mémorial à Sankara
« Une bonne architecture au Burkina Faso, c’est une salle de classe où l’on peut s’asseoir, avoir une lumière filtrée qui pénètre comme on veut l’utiliser, sur le tableau noir ou sur un bureau », explique l’architecte.
L’école est conçue pour résister à la chaleur et à des ressources limitées. Son succès a conduit à son extension, à la construction de logements pour les enseignants et à une nouvelle bibliothèque. Avec toujours la même ligne directrice, des bâtiments sobres aux tons chauds, sable ou ocre, qui s’insèrent dans le paysage et où la lumière est cruciale.
Parmi d’autres réalisations, figure la rénovation du parc National du Mali à Bamako, ou plus récemment un campus pour un réseau de start-up au Kenya.
D’autres sites emblématiques sont toujours en projet selon le site internet de Kéré Architecture, tels un mémorial pour le révolutionnaire et ancien homme d’Etat burkinabè Thomas Sankara ou une nouvelle Assemblée nationale à Ouagadougou, après l’incendie de 2014 lors de la révolte populaire qui a chassé du pouvoir l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré.
L’année dernière, le prix Pritzker avait été décerné aux Français Jean-Philippe Vassal et Anne Lacaton, apôtres d’une architecture dédiée au bien-être du plus grand nombre, combinant espaces généreux avec budgets modestes et techniques écologiques.
Avec AFP
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Burkina Faso





